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Au delà du vote démocratique  - Travailler ensemble de n’importe où ?


En prenant un échantillon d’eau dans une rivière, on pourrait, à l’aide d’un microscope, observer des centaines de petits organismes vivants dont plusieurs seraient formés d’une seule cellule et portant le nom générique d’organisme unicellulaire.

Imaginons maintenant qu’une telle cellule se dédouble à répétition et engendre plusieurs milliers de rejetons et que ceux-ci s’organisent, tous ensemble, dans le but de former un super organisme. Ce dernier ne pourrait pas être une simple collection de milliards de jumeaux identiques mais une organisation formée de regroupements de cellules spécialisées afin de répondre aux différents et nouveaux besoins d’un superorganisme complexe. Des groupes distincts de cellules devront s’occuper, par exemple, de l’approvisionnement en oxygène, en nutriments et d’autres, de leur distribution.

Ainsi l’organe responsable de la respiration devra fournir de l’oxygène à tout l’organisme et non pas subvenir uniquement à ses propres besoins. C’est pourquoi un superorganisme complexe ne peut exister sans les services d’un contrôleur central apte à évaluer et à gérer les besoins de tout l’organisme (microécosystème). Notons ici que dans une telle organisation, chaque cellule spécialisée ne peut plus suffire à ses propres besoins et sa survie dépend de celle de l’organisme en entier.

Le superorganisme le plus sophistiqué qui nous soit connu est l’être humain. Son principal contrôleur se nomme le système nerveux. Il gère et actualise l’activité de 50-100 mille milliards d’unicellulaires, chaque cellule étant un organisme vivant. Sa complexité relève d’une infrastructure en parallèle. Ce type d’organisation est ici fondé sur les interneurones (neurone multipolaire). Ainsi, toutes activités neurologiques influencent l’ensemble du système à des degrés variables et selon une hiérarchie variable (ex. neuroplasticité). C’est un système interrelié, donc intelligent*.

Cette intelligence innée est au cœur du développement distinct de la philosophie et de la science chiropratique. Nos pairs avaient découvert cette interrelation. De fait, la détection et la correction d’anomalies de la biomécanique vertébrale se répercutaient fréquemment sur le fonctionnement d’organe distant de la lésion traitée. Si cette bonification pouvait sembler initialement miraculeuse et fortuite, elle est aujourd’hui parfaitement compréhensible. D’ailleurs, on peut suggérer que si une normalisation fonctionnelle peut ainsi être provoquée, elle sera probablement supérieure et mieux intégrée que l’action aveugle d’un agent chimique étranger.

Un superorganisme peut mourir avant la mort de ces cellules. Au moment de l’arrêt du cœur ou de l’activité cérébral, la plupart des cellules de l’organisme sont toujours vivantes c’est pourquoi d’ailleurs que certains prétendent être revenus après une interruption temporaire de l’activité cérébrale. Ceci dit, une cellule morte n’est jamais, jusqu’à ce jour, redevenue vivante. La vie d’un superorganisme complexe ne se définit pas de la même façon que celle d’un organisme unicellulaire. Elle se définit nécessairement, du moins en partie, par la présence active d’une intelligence innée.

*Intelligence vient du latin intellegere, dont le préfixe inter (entre), et le radical legere (lier) suggèrent essentiellement l’aptitude à relier des éléments qui sans elle resteraient séparés.

Dr Richard Morency, chiropraticien



Vers une cognition globale, des super-organismes,communautés, organisations.

 

Quatre formes d’état  distinguent les super organismes émergeants :

  • Le premier super-organisme serait neuro programmé. Comme notre cerveau collectif conditionné par notre culture et éducation.
  • La seconde, serait plus autonome. L’un des processus les plus typiques signant ce genre de comportement est la rétroaction, ou feedback, par lequel un système (méta-individu) est capable de moduler ses entrées pour garder un fonctionnement optimal. Nous devrions observer une multiplication des phénomènes de rétroaction.
  • La troisième, à l’autonomie s’ajoute l’intelligence collective. Cette intelligence en viendra à transcender le mode de pensée humain individuel. Ce qui émerge en ce moment.
  • La quatrième, émergera le superorganisme conscient. L’apparition d’une conscience de soi en réseau d’individus. Le Réseau se manifestera par la génération d’une représentation de lui-même : autrement dit, le réseau développera sa propre cartographie mentale, sa propre représentation et perception collective de la réalité– en temps réel, incluant, bien sûr, une représentation de ladite représentation…on inclut dans le système global des éléments déjà conscients : autrement dit, les êtres humains eux-mêmes.

Après avoir expérimenté différentes méthodes dans le but d’augmenter la conscience individuelle et collective en créant une connexion favorisant l’intelligence collective, une réflexion s’impose sur la modélisation expérimentale de la cognition collective émergeante de super-organismes composés d’un assemblage communautaire de cerveaux humains.  Tout en excluant  volontairement l’aspect systémique dans cet article, l’influence de la culture et les champs sociaux qui ont forcément une très grande influence sur la psyché groupale afin de nous concentrer davantage sur les liens entre individus favorisant des états de conscience et d’intelligence supérieures.

Lorsqu’une émergence collective surgit du néant, une sensation accompagne le groupe comme la suspension du jugement, la légèreté, la profondeur,  une forme d’incompréhensibilité du vécu accompagné de sensation de vide très réel.  La psyché groupale ainsi constituée à partir d’une intention profonde, et dans un espace de cognition d’ensemble, pose la question de l’existence d’un cerveau collectif composé d’un assemblage de cerveaux reptiliens, limbiques et néo cortex (réseau de cerveaux). En effet, dès que le bruit du mental s’estompe suivant un processus défini de  mise en lien collectif et de communication  d’informations entre individu suivant une direction prédéterminée, un état de conscience globale émerge à partir d’une sensation de vide de cognition. Une sorte de pensée a-symbolique et a-culturelle presque inconsciente et pourtant émergente de l’invisible apparaît. Un peu comme si lesschémas mentaux de tous, les croyances collectives s’associaient pour voir plus grand, entendre plus loin, être et faire quelque chose de plus vaste dans un tout plus étenduque soi à la manière d’une super-psyché d’un super organisme avec son propre système nerveux central collectif.

Les sensations collectives ressenties distinctement et individuellement surgissent dans une ambiance très spécifique de ralentissement de la cognition et de silence profond, créant un espace de conscience collective nouveau  à partir d’une sorte de vide fertile. Des méta-individus avec une intelligence et une posture particulière échangeant desinformations limitées et profondes sont capables de mettre en commun des ressources pour accomplir un objectif au-delà des capacités individuelles. De ses ressources supérieures nées un système auto-organisé, sans structure ni leadership, à l’instar des vols d’oiseaux ou des bancs de poissons.

Imaginons une multitude de groupes d’individus composée de 5 personnes (réseaux) souhaitant mettre en commun leur réflexion suivant un processus d’émergence  plus élevé en complexité, nous verrions les groupes s’auto-organiser en structure de commandement  et d’organisation. C’est ainsi que nait un méta-individu ; un individu collectif né de la fusion de ses composants (autres méta-individus), possédant sa propre conscience et son propre système nerveux en lien avec un organe supérieur.

Suivant le mode d’échange égotique ou de conscience de soi, le système identifiera au sein de ces superorganismes des forces antagonistes assurant la cohésion interne (lesgardiens de la conformité), le renouvellement (les générateurs de complexité), l’optimisation de l’affectation des ressources, etc. Ces forces peuvent être exercées par des individus, tels que les chefs, leaders ou leurs serviteurs, consciemment ou inconsciemment. Mais elles peuvent aussi résulter d’un mode et d’une dynamique propre aux échanges de messages entre individus, que ce soit au sein des bancs de poissons, des vols d’oiseaux ou des sociétés humaines. Il disposera notamment, comme le système cognitif, d’agents d’introspection (des hommes en charge de cette fonction) qui l’analyseront en permanence de l’intérieur et produiront des images du groupe mobilisant les agents sensoriels et moteurs (d’autres méta-individus) en relation avec le monde extérieur. Par ailleurs, le concept de superorganisme, nous l’avons vu, aura l’intérêt d’obliger les agents du groupe à le considérer comme un tout, au lieu de disperser leur attention sur les individus qui le constitue.

Le super organisme se trouvera au niveau des capacités d’auto-représentation collective et de génération d’états de conscience partagés (psyché collective). Les groupes humain au contraire auront un très grand nombre d’agents d’introspection indispensables à la prise de conscience de soi dans son environnement et un système nerveux central pour supporterune conscience de soi globale.. Il pourra également mémoriser, globaliser et transmettre ses états de conscience avec une très grande puissance, dans le temps et dans l’espace.


L’être humain, le méta-individu – et aussi les groupes d’êtres humains – sont en chemin vers ce stade d’évolution de la cognition collective au travers de l’éveil à l’intelligence collective.





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