Category: Démocratie augmentée
Au delà du vote démocratique - Travailler ensemble de n’importe où ?
Les 4 leviers pour renforcer notre capacité à fonctionner à partir de notre propre source intérieure.
Devenir fondamentalement libre et en capacité de créer collectivement n’apparait que lorsque le moi authentique se révèle lors de l’entrée dans le champ de la présence. C’est la caractéristique essentielle pour une absence de manipulation et de pratiques manipulatoires. Il existe deux moi l’un authentique en sommeil au fond de soi et l’autre moi actuel accessible aux champs sociaux. Toutes ces pratiques consistent à réduire l’espace entre ces deux moi et laisser émerger notre moi authentique.
1 Choisir une pratique : (voir protocole sur Google sites)
Il n’existe pas de recette standard comme des pratiques normées. A chacun de découvrir par lui-même ce qui lui convient ou pas. Toutes pratiques personnalisées semblent l’apanage des personnes avancées dans le monde du développement de l’intelligence collective et de l’émergence de la conscience avancée. La plupart de ces personnes se lèvent tôt le matin et pratiquent dans le calme de nuit en silence pendant un certain temps pour se relier à une source profonde de leur être. Ce moment est un moment avec soi-même, avec sa propre créativité et sa propre inspiration. D’autres méditent ou contemplent ou font toutes ces formes d’accès à soi. La pratique se continue dans la journée et le soir selon le désir de connexion.
2 Créer un cercle de présence :
Créez un groupe de soutien mutuel comme un GEMIC (voir protocoles Google sites) pour la poursuite des questionnements intimes de chacun et d’échanges et partages des difficultés. Le principe est la création d’un espace rythmé aux dates qu’il convient pour tous pour expérimenter, pratiquer, accueillir la connaissance (audio café IC ou en présentiel si les contraintes géographiques le permettent). Plusieurs groupe peuvent coexister suivant des thématiques et sont co-réguler collectivement de façon autonome.
3 Développer les pratiques de croissance collective
Pratiquer des temps de silence ou de dialogue inspirant qui donne accès aux sources les plus profondes de la conscience et de l’attention collectives dans la vie quotidienne. Ces pratiques de présence collective sont utilisées comme des portes d’entrée vers la source profonde de la créativité et de la sagesse collectives.
4 Faites ce que vous aimez et aimez ce que vous faites.
Quel est mon travail la maintenant ? Ce que je fais doit être réellement important et je rétroagis sur l’essentiel de mon travail (voir protocole 10/50 sur Google sites). Créer une différence positive en rétroaction sur l’essentiel de ce vous faites vraiment et cela en lien avec votre intention.
Un des aspects de ce travail porte sur la place du politique dans cette société de l’information et critique l’utopie de l’avènement d’une « cyberdémocratie ». Le présent article applique aux derniers ouvrages de Pierre Lévy une analyse fondée sur les travaux d’Habermas sur « l’espace public » et « la technique et la science comme idéologie » publiés dans les années 1960. Notre conclusion est que, dans cette notion de cyberdémocratie, réapparaît le projet d’une réduction du politique à l’économique, discernable dès les premiers écrits des économistes libéraux de la fin du XVIIIe siècle.
Via Scoop.it – Démocratie participative
La montée de la consommation collaborative et de l’économie du partage, les facteurs économiques, les motivations sociales, le nouveau paradigme qui s’annonce. Sans que nous nous en rendions forcément compte, nous nous mettrions donc à moins posséder, à privilégier l’usage et à partager davantage. Dans un contexte de crise économique durable et de défiance vis-à-vis des grandes entreprises, ces expériences d’échange et de partage réussies interrogent nos comportements traditionnels de consommation. « Nous nous dirigeons vers une économie où l’accès aux biens s’impose sur leur possession
Via consocollaborative.com
Via Scoop.it – Démocratie participative
article intéressant et apportant des éléments pour la mise en place de démarches : Concertation : les Français disent «oui, mais…»MoniteurLe premier «baromètre de la concertation» (1) dresse un état des lieux inédit sur la démocratie participative.
Via www.lemoniteur.fr
Démarches participatives et réponse de l’État français
4La dynamique de l’après guerre a permis à l’État français de multiplier les grands travaux d’équipement et d’infrastructure lourde sur tout le territoire. Jusque dans les années 1970, les institutions, investies d’une mission publique, ont ainsi eu tendance à développer des projets tout azimut, sans nécessairement avoir à justifier de leur utilité et imposant leur décision à la manière d’un rouleau compresseur (Henry, 1987). Cette gestion publique autoritaire n’a pas tardé à se heurter aux protestations citoyennes qui s’élevèrent contre ces chantiers d’autoroutes, de barrages, de lignes ferroviaires, etc. C’est la contestation de ces grands projets d’aménagement qui marque les premiers signes d’une demande d’expression de la part du grand public (Simard, 2003). Les citoyens expriment une volonté de participer aux prises de décision touchant directement le cadre de vie quotidien.
5Mais comment intégrer le débat public aux processus de prises de décision ? Pour résoudre les blocages et les conflits en matière d’environnement, les porteurs de projets ont souvent eu recours à la médiation. La médiation permet d’intégrer le débat public en se plaçant à un niveau de participation différent, résolument orientée vers la décision (Dziedzicki, 2003). Le besoin de recourir à de telles démarches remet directement en question les processus de décision traditionnellement dirigistes et appelle à réfléchir à de nouvelles formes de fonctionnement politique. Néanmoins, au-delà des mots, entre médiation et négociation, quelle est la marge réelle de participation des différents acteurs ?
6Le principe de la participation a été fortement soutenu au cours de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement de 1992. Par la suite, il a été renforcé lors de la Conférence de Rio puis, repris dans le cadre européen avec la Convention d’Aarhus de 1998. Face à cette évolution du fonctionnement de la prise de décision, une pléthore de terminologies plus ou moins apparentée a émergé. Nous retrouvons donc aujourd’hui dans les textes des termes tels que participation locale, concertation, gouvernance, etc. On peut toutefois essayer de les définir et de les classer.
- 3 Loi relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement (…)
7En France, deux domaines d’applications différents ont servi d’assise à la mise en œuvre de cette idée de démocratie participative. Tout d’abord, dans le domaine de l’aménagement du territoire, l’État propose des outils permettant aux citoyens de donner leur avis sur les projets les concernant. En 1983, la loi dite Bouchardeau3, témoigne d’une avancée dans l’information et la consultation des citoyens grâce à la généralisation de l’enquête publique. Cette avancée législative est successivement reprise et complétée par les lois du 2 février 1995, relative au renforcement de la protection de l’environnement, dite loi Barnier, et du 27 janvier 2002, relative à la démocratie de proximité. Conformément à la déclaration de Rio de juin 1992 (Hoeffel, 2002), le principe de participation y est défini comme un droit d’accès du public aux informations relatives à l’environnement, mais aussi et surtout comme une association à l’élaboration des décisions ayant une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire (article 132, loi n°2002-276).
8Figure 1. Définition et classement des différentes terminologies (selon Dziedzicki, 2003 et Alban, 2004a)
Figure 2. Exemple théorique d’une cellule de concertation type (selon Alban, 2004a)
Une méthode d’application de l’Humanisme Méthodologique
par Roger Nifle
La concertation démocratique, une méthode :
de gouvernance des projets et politiques publiques
d’appropriation citoyenne des affaires communes
de développement de l’intelligence collective
Quelques définitions en préambule
1) La concertation démocratique
C’est le choix de la concertation pour le service du bien commun et ainsi pour toutes les affairespubliques.
2) Définition de la concertation
C’est un engagement “de concert” dans un même but, ce qui en détermine les conditions.
3) Le principe démocratique
Consiste à prendre appui sur l’autorité des représentants élus de la communauté pour assumer le Sens du bien commun et favoriser toute participation utile à la concertation.
4) La méthode de la concertation
Elle part d’un noyau qui donne sa densité au processus pour ensuite s’étendre jusqu’au plus large niveau possible mais aussi utile de participation.
5) Le processus de concertation
Il doit être conçu en fonction de la culture et des usages de la communauté concernée et convenu avec les parties prenantes.
6) La concertation portera toujours
sur le partage des connaissances et de la définition des problèmes et enjeux de départ,
sur le partage des solutions et leur mode de réalisation,
sur l’évaluation des situation,
sur la préparation des décisions à chaque stade (la décision ne relève pas de la concertationmais peut s’y appuyer).
7) La concertation démocratique est une méthode de gouvernance
Chacun doit y assumer un rôle es qualité au service du bien commun dans le Sens qui lui est assigné par l’autorité élue, après consultation si elle le juge utile.
8) Les pratiques de concertation sont des pratiques professionnelles et elle incluent :
la conception, l’organisation et la conduite des processus collectifs
l’animation de sessions de concertation
la préparation pédagogique des animateurs et des participants pour l’évaluation et la créativité.
9) La concertation démocratique est une méthode d’élaboration des politiques publiques et des projets territoriaux et d’appropriation des affaires communes.
Les concours techniques sont au service de la concertation et non pas l’inverse. Le choix desméthodes et des concours utiles font parties de la concertation.
10) La concertation démocratique repose sur une éthique de la considération.
Sans complaisance pour autant, elle fait passer la considération des personnes et des communautés humaines avant tout raisonnement formel abstrait ou technique.
ACTUALITÉ DE LA CONCERTATION DÉMOCRATIQUE
La concertation, tout d’abord, est un leitmotiv dans les vœux et les recommandations pour l’élaboration des projets et politiques publiques et la participation citoyenne aux affaires collectives.
Cependant la réalité est toute autre et ce pour plusieurs raisons :
1) La motivation de certains acteurs n’est guère favorable à la subordination du “technique” au politique (au sens large de ce qui concerne le gouvernement de la cité).
2) Des habitudes tutélaires ont du mal à se mettre au service du bien commun et se réfugient derrière un “intérêt général” souvent bien particulier.
3) Des confusions idéologiques et tactiques mélangent concertation, débat, consultation, négociation, communication, information jetant le trouble sur des pratiques aux enjeux réels suspects.
4) La concertation est considérée comme un accessoire au déroulement des procédures technico administratives et non pas l’inverse.
5) Les processus de concertation réclament des compétences et des connaissances concernant des phénomènes humains individuels et collectifs insoupçonnées des acteurs qui conduisent les projets.
6) L’émergence d’un sens des responsabilités communautaires favorable à la concertation et, à l’inverse, de diverses tentatives d’emprises, idéologiques ou de défense de prérogatives, ce qui crée des tensions aggravées avec une disqualification systématique du politique.
7) Des expériences naïves et mal conduites disqualifient la concertation et en viennent à privilégier les simulacres.
La concertation démocratique n’est pas un expédient ni une pratique accessoire. Elle est à la fois la méthode même d’élaboration des projets et politiques publiques et aussi la méthoded’appropriation collective des affaires publiques.
Cependant il ne faut pas se tromper sur les mots.
La méthode de concertation démocratique pour l’élaboration de projets et politiques publiques ne consiste pas à faire participer tout le monde mais à faire travailler ensemble ceux qui ont une part à prendre à l’élaboration des politiques et des projets.
Elle est démocratique dans la mesure où elle prend en considération la communauté dans sa participation à la poursuite du bien commun et les rôles et l’autorité démocratique comme représentifs du Sens du bien commun. La communauté n’est pas une assemblée de consommateurs à satisfaire ni une population indigène à contrôler.
La méthode de concertation démocratique est aussi celle qui permet la plus large participation des acteurs et des citoyens aux affaires publiques qui les concernent, c’est-à-dire pour travailler de concert aux buts communs et non pas à débattre d’opinions ou d’intérêts particuliers ce qui est un autre exercice à ne pas confondre.
Dans les deux cas, souvent complémentaires, la participation suppose un engagement dans le Sens du bien commun et un travail organisé en direction de buts établis (ou à établir).
Il ne s’agit pas d’un spontanéisme verbal cher à certains mais de la mobilisation de compétences individuelles et collectives au service de la communauté. De ce fait la formation de ces compétences et la mesure des apports possibles doivent être pris en considération pour l’organisation de la concertation.
Cela veut dire que l’efficacité collective de la concertation doit éviter certaines situations qui vouent à l’échec l’effort collectif. Elle doit aussi prendre la mesure de la part contributive de chacun pour éviter une organisation incohérente. Elle doit aider au développement des compétences de participation à la concertation : capacité de travail en commun, capacité d’analyse, capacité de créativité et pour cela être animée par des professionnels ou des relais formés à cet effet.
La compétence attendue pour la participation à la concertation n’est pas une compétence technique spécialisée mais une compétence liée aux buts communautaires visés. Lorsqu’ils sont perdus de vue d’ailleurs les compétences techniques deviennent vaines ou aliénantes.
Nous avons entendu dire que la concertation était une perte de temps, une compromission par rapport à l’intérêt général, un leurre quant à la capacité des publics de comprendre les problèmes.
Outre l’hypothèse de mauvaise foi on est en face de l’illusion technocratique qui élimine les affaires humaines pour faciliter son magistère.
L’intelligence collective, concept aujourd’hui émergent, n’est pas un vain mot mais elle porte sur des affaires qui concernent le bien commun, le devenir de la communauté et non l’application de règles ou modèles abstraits investis d’une autorité sacrée et indiscutable.
La concertation est un gain de temps par rapport aux buts communautaires évitant des débordements techniques artificieux (études remplissant les placards).
La concertation n’est pas une compromission par rapport à l’intérêt général mais l’inverse. La loi, la science, la technique sont faites pour servir l’homme et pas l’asservir. Il faut retourner à ce principe loin des compromissions “idéologiques” ou opportunistes.
La concertation n’est pas un leurre par rapport à la capacité collective d’appropriation des affaires communes dès lors qu’on n’en organise pas le simulacre ou l’échec et que l’on prend en compte le travail pédagogique et la progressivité nécessaire.
LES DOMAINES DE LA CONCERTATION
Elaboration de projets et politiques locales
L’élaboration d’un projet territorial
L’élaboration de plans de prévention des risques
L’élaboration de plans communaux de mise en sécurité
L’élaboration de projets d’aménagement
L’élaboration de projets d’environnement
L’élaboration de projets d’urbanisme
L’élaboration de politiques sociales
L’élaboration de politique de la ville
L’élaboration de projets d’équipement
L’élaboration de projets d’animation communautaire.
Appropriation collective des affaires communes
Évaluation des politiques publiques et des réalisations
Participation à l’amélioration des conditions de vie collective.
Participation à des initiatives de développement
Préparation de décisions communautaires majeures
Exploration et évaluation de situations et de problèmes collectifs
Exploration et évaluation d’hypothèses de solutions, d’innovations publiques ou de scénarios de prospective.
Participation à la détermination et à la confrontation d’un positionnement et d’une identité collective.
Contribution à la mise en valeur et l’attractivité d’un territoire.
Ajustement et développement de dispositifs de concertation démocratique.
Anticipation et régulation de situation de crise.
MÉTHODOLOGIE GÉNÉRALE DE CONCERTATION DÉMOCRATIQUE
Elle fait appel à la connaissance des phénomènes humains et à la conduite des processus collectifs concernés. C’est là que les apports conceptuels et méthodologiques de l’Humanisme Méthodologique sont décisifs.
Les maîtres mots sont Sens et conSensus concepts clés de son anthropologie fondamentale et de l’ingénierie des cohérences humaines. Sa transdisciplinarité lui permet de saisir les situations et les acteurs dans leur réel et non pas une abstraction réductrice.
Si les processus pilotés sont humains leur objet reste de l’ordre des affaires humaines à traiter avec les apports techniques utiles. Les nombreux domaines mobilisés touchent aux phénomènes territoriaux, au management, aux processus collectif et au pilotage du changement, notamment pédagogique.
C’est la sous-estimation de ces conditions qui rendent jusqu’ici les pratiques de concertation rares ou quasi miraculeuses (dès que l’on a éliminé les leurres et les simulacres).
Elements types d’une démarche de concertation démocratique :
1) Déterminer la communauté territoriale concernée par le projet, la politique publique ou l’appropriation active. Si elle n’existe pas encore, elle est à constituer. Une “analyse de cohérence culturelle” du territoire permettra d’en appréhender les fondements et d’engager des actions “identificatoires” indispensables.
2) Définir l’autorité politique démocratique ou la constituer en concertation avec les élus du territoire. Définir le mode d’incarnation de cette autorité (délégué, collège d’élus, groupe ou représentant).
3) Définir les acteurs qui ont part à la décision publique ou dont le rôle est majeur dans l’opération en question.
4) Réunir une première session de concertation pour éclairer la raison d’être de l’opération, son objet, ses buts en relation avec le Sens du bien commun. Un travail d’évaluation complémentaire peut être souhaité pour y parvenir.
5) Une fois le problème posé en évaluer les caractéristiques locales à partir des connaissances des uns et des autres. Définir les connaissances complémentaires nécessaires.
6) Après le partage du problème et l’évaluation de la situation formuler les orientations en référence au Sens du bien commun (une analyse de cohérence culturelle peut être utile dans le cas d’enjeux essentiels).
7) Élaborer un processus d’élaboration et ou d’appropriation en fonction des orientations de la culture et des usages et mettre en place le dispositif de conduite et l’organisation du processus.
8) Piloter le processus de concertation élargie selon des règles d’élargissement et de participation progressives.
9) Faire le point aux moments clés avec l’intervention de l’autorité de décision.
10) Traiter en parallèle les questions d’appropriation publique par les voies d’animation et de communication pertinentes au moment voulu.
LA CONCERTATION DÉMOCRATIQUE, SOLLICITATION ET DÉVELOPPEMENT DE L’INTELLIGENCE COLLECTIVE.
Conditions de réussite
L’émergence de la considération pour les communautés humaines et le Sens du bien commun pour les rassembler va avec celle de la notion d’intelligence collective. Si celle-ci est amplifiée par le phénomène Internet qui révèle des processus communautaires souvent oubliés, elle retentit sur tout ce qui concerne la gouvernance, la concertation et l’appropriation par les citoyens des affaires communes. Même si l’on parle de démocratie participative ce n’est que par naïveté ou malignité qu’on l’oppose à la démocratie représentative elle même fondée dans une démocratie élective.
L’intelligence collective est une notion complexe et en première approche on pourra dire “tout se passe comme si” se développait et s’exerçait une intelligence collective.
Une longue expérience de pratiques participatives montre qu’effectivement des groupes et des populations semble faire preuve d’une “intelligence collective” étonnante et que celle-ci peut émerger et se développer grâce à des pratiques de concertation démocratique et donc d’appropriation active (par opposition à passive).
L’expérience montre, et il ne faut pas le négliger, des situations de stupidité collective et aussi des niveaux d’intelligence collective très variés. A ce titre nous devons souligner combien la technocratie ou les attitudes excessivement tutélaires contribuent à une dégradation de l’intelligence collective dont elles se justifient en retour. La disqualification constante des politiques dans ce pays renvoie à celle des communautés humaines territoriales dont ils sont les représentants élus.
L’intelligence collective se caractérise par différents traits :
la capacité collective de se référer au Sens du bien commun dans toute affaire même intuitivement,
la capacité de se focaliser sur une question sans perdre de vue son contexte qui est la vie collective sur le territoire et l’environnement extérieur,
la capacité de se référer à un but et de s’y tenir,
la capacité ainsi d’adopter une échelle de valeur commune pour situer et évaluer les choses.
Bien sûr, une conscience collective et une identité partagée en font partie à des degrés divers.
Enfin le discernement, la créativité et aussi le respect des rôles et de l’autorité démocratique en sont les expressions majeures.
L’intelligence collective n’est pas une intelligence technicienne fondée sur un savoir spécialisé. Elle est cependant capable d’en évaluer l’utilité et la pertinence des apports sans s’y aliéner. Elle relève plus dans ses sommets d’une intelligence symbolique, un partage d’esprit au-delà des choses elles-mêmes. Si elle est simple intuition exercée sur l’expérience partagée, elle est en mesure de progresser et de concourir aux enjeux de la concertation démocratique.
L’intelligence collective ne procède pas de la juxtaposition de contributions uniformes. Au contraire elle se nourrie de la variété à condition qu’elle soit organisée en conséquence. De ce fait il est évidemment important de considérer les rôles d’animation, d’encadrement, de relais, la distribution des rôles aussi tant au niveau des personnes que des groupes de concertation.
L’intelligence collective peut être le fait d’un excellent animateur et d’un groupe de personnes plus modestes dans leur appréhension des choses. Cela crée les conditions d’une évolution et d’une contribution de plus en plus riche.
A l’inverse la présence d’une expertise technique trop focalisée sur ses propres références conduit souvent à une perte d’intelligence collective.
Il y a en fait des conditions favorisantes et défavorisantes de l’intelligence collective dans un processus de concertation démocratique, tant au niveau d’un petit groupe que d’un ensemble de groupes réunissant une population importante. Taille du groupe, composition, préparation, conduite, suivi sont à ce titre des facteurs essentiels.
En outre c’est la dimension pédagogique qui est importante, celle d’une “macro pédagogie” visant une grande population au travers du processus de concertation démocratique. Le souci de cet apprentissage doit être permanent et il n’est pas séparé de l’exercice même de la concertation.
Dans la pratique de la concertation démocratique le plus délicat est la préparation des conditions de mobilisation d’une “intelligence collective”. La méthode de centration est pour cela décisive au niveau d’un groupe de concertation et au niveau d’un dispositif entier.
Il importe pour que puisse commencer une concertation véritable que soit ajustés les points suivants :
1) Quel est l’objet de la concertation et son contexte.
Le contexte ici doit être la communauté, en l’occurrence territoriale. Il ne doit ni rester le champ de proximité de l’expérience quotidienne, ni se poser comme universel (science, technique, intérêt général). Dans ce dernier cas le travail n’est pas appropriable et la dimension démocratique disparaît, (identification à la communauté et son bien commun).
Dans le premier cas, c’est aussi le bien commun qui disparaît au profit des visées particulières aussi légitimes soient-elles.
Il importe donc que la communauté de référence pour laquelle ou au nom de laquelle laconcertation démocratique est engagée soit bien précisée, c’est-à-dire aussi qu’ils s’agit bien de son projet, de sa politique publique, de son appropriation de tel ou tel enjeu ou situation.
2) Quel est le Sens de la concertation démocratique et donc de son enjeu pour la communauté.
Il s’agit du Sens du bien commun. Normalement il est cautionné par l’autorité politique de référence. En effet si chacun peut légitimement s’engager dans la poursuite du bien commun, nul ne peut se targuer de l’autorité démocratique s’il n’a été élu pour cela.
Évidemment cela pose des problèmes. Défaillance de l’autorité démocratique (politique). Impostures des prétentions à substituer au Sens du bien commun de la communauté soit ces intérêts particuliers, soit un supposé intérêt général et même planétaire. Cela détruit toute possibilité d’appropriation communautaire et donc de concertation démocratique.
Lorsque les enjeux sont importants ou la situation difficile, une étude de cohérence culturelle de la communauté mettant en évidence ses valeurs propres et le Sens du bien commun sera nécessaire. Sera ainsi éclairé le Sens du projet et celui même de la démarche de concertationdémocratique.
Noter ici l’importance du fait que le Sens du bien commun de la communauté est aussi l’axe de cohérence et le support de toute évaluation en ce qui concerne l’ensemble des affaires communes. Ainsi plusieurs opérations de concertation concourent au même Sens du bien commun ce qui est indispensable.
De ce fait aussi différentes opérations de concertation démocratique contribueront à développer une intelligence collective s’exprimant au travers d’un dispositif dont la trame peut devenir permanente bien que nécessairement évolutive.
Ainsi le lien entre gouvernance de la cité et de la communauté territoriale et pratique deconcertation spécialisée sur un objet spécifique se rejoignent.
3) En troisième lieu c’est le but de l’opération qui doit être précisé.
Si la concertation consiste à l’engagement “de concert” vers un même but on comprend son caractère indispensable bien que souvent négligé.
Le but n’est pas indépendant de l’objet et du Sens de l’opération, au contraire il en est une traduction projetée dans l’avenir.
La formulation du but a deux effets :
Préfigurer ce que l’on cherche au stade où l’on en est. Cette préfiguration peut se décomposer en buts intermédiaires éventuellement répartis entre groupes mais elle peut aussi évoluer en fonction du développement de l’intelligence collective de la situation et des enjeux. C’est un des bénéfices même de la concertation démocratique que de faire mûrir la compréhension des problèmes et des situations.
L’autre effet est de permettre une organisation de la concertation pour progresser vers le but et répartir éventuellement le travail entre plusieurs groupes. C’est un véritable management de laconcertation qui est alors indispensable intégrant une évaluation permanente que la fixation des buts, mêmes provisoires rend seule possible.
Ces conditions préalables à la concertation démocratique et au développement d’une intelligence collective des affaires communes doivent être complétées par quelques indications.
La concertation démocratique est un processus humain à conduire et non une procédure à suivre. Un processus stratégique doit être conçu en fonction des trois déterminants précédents selon l’état de la situation. Il faut faire preuve de créativité et aussi de capacité d’organisation pour cela.
Un processus de concertation démocratique développe l’intelligence collective en l’exerçant et ainsi se renforce lui-même c’est-à-dire renforce l’appropriation active par la communauté de ses propres affaires.
Cependant c’est un processus fragile dans ses débuts et il peut être en butte à toutes les déstabilisations :
Objet et contexte référés à d‘autres champs que celui de la communauté,
Sens du bien commun remplacé par des prétentions d’intérêt particulier, d’intérêt supérieur ou intérêt général,
Buts déstabilisés, détournés, falsifiés (buts formels à la place de buts réels par exemple).
La conduite de la concertation démocratique se trouve en butte aux dérives provoquées par ceux qui s’y opposent. On en a vu certaines sources mais le fait que la concertation véritable soit si rare dans les faits dans notre pays laisse entrevoir deux choses.
Le peu de culture de la concertation, l’importance de cet apprentissage de l’intelligence collective et la fragilité inhérente aux débuts.
La multiplicité des acteurs opposés au fond d’eux mêmes à un tel processus. Conceptions machiavellienne du politique, technocraties souvent solidaires, volontés tutélaires ou hégémoniques. Il ne faut pas en négliger les forces et les capacités de nuisance. C’est la détermination et la force de l’appropriation collective qui permettent de changer cette situation.
Cela veut dire que, outre un bon niveau de compétence professionnelle, ceux qui conduisent les processus de concertation démocratique doivent être dotés d’une ferme détermination de leur positionnement qui suppose une expérience et une maturité personnelle et professionnelle certaine.
Ils en seront récompensé par les merveilles d’intelligence collective que la concertationdémocratique est capable de produire.
Nous recommandons vivement au lecteur qui veut approfondir de se référer aux textes qui figurent dans la rubrique : Territoires. Voir aussi la rubrique Entreprises et projets et la rubriqueIngénierie humaine
Il y a aussi dans les autres rubriques des textes utiles pour le développement de l’intelligence et des compétences dans ce domaine. (Utilisez le moteur de recherche interne ou le sommaire général pour cela).
par Lucie Machemin
L’objectif, pour tous, est une prise de décision, nourrie des discussions, sur un projet que la population pourra s’approprier. Il s’agit donc pour les collectivités d’organiser des débats constructifs et instructifs. Pour cela, elles ne peuvent faire l’économie d’une communication efficace.
Les faiblesses de la concertation, constatées aujourd’hui, se retrouvent comme autant de lacunes de communication avant, pendant et après la concertation.
[avant]
Plusieurs attentes coexistent, émanant des différents acteurs intervenant dans la prise de décision : dirigeants, experts, citoyens usagers. Une communication précise permet d’éviter une trop grande distorsion entre les objectifs et les besoins. Pour les élus, un besoin de légitimation et d’adhésion à un projet de grande envergure. Pour les experts une explication et une vulgarisation des aspects techniques. Pour les citoyens, un besoin de proximité et d’appropriation des changements conséquents à venir.
[pendant]
Dans la gestion des débats, certains écueils peuvent être évités comme le manque de représentativité dans les assemblées, par une circulation préalable plus fluide de l’information, dans un registre et un langage appropriés. Une information incomplète nuit à l’objectivité, à la confrontation, à la compréhension et à l’émergence d’un consensus.
[après]
Une faiblesse est constatée sur le retour d’information vers les citoyens usagers de la part des élus locaux quant aux discussions. La communication sert beaucoup également à une survalorisation de la concertation publique. Celle-ci est mise en avant par les élus comme un objet de légitimation sacré de leur action, par le biais des presses municipales. Le “projet citoyen”, “l’action commune citoyenne” sont autant de concepts utilisés dans le retour communicationnel des élus afin de susciter l’adhésion de la population, mais ne correspondent pas toujours à la réalité.
Le retour d’information se doit d’être basé sur une expertise précise de la concertation locale. Un souhait exprimé également au sein des rencontres sur la concertation locale, est celui d’un échange d’expériences dans la mise en oeuvre de la concertation. C’est ce qui est proposé à tous les acteurs publics sur le site Démocratie participative et débat public : Pratiques et connaissances. Ce site contient une présentation précise de la méthodologie et des concepts relatifs à la concertation, ainsi qu’un lieux d’échanges d’expériences.
La communication doit être un vecteur du renouvellement des méthodes de concertation, de créativité et de démocratie participative. Pour des informations supplémentaires, l’Association Française des Conseils en Affaires Publiques a mené en 2002 une conférence sur le thème “Débat publique et concertation: illusion démocratique”. Un compte rendu de cette rencontre est disponible sur le site de l’association.
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Faire participerCe chapitre se propose d’expliciter la méthode sur les logiques descendantes (procédures) et les logiques constructivistes et ascendantes (processus) par les approches cognitives «cerveau gauche/cerveau droit ». La démarche d’ATP « Acteurs et Territoires en Prospective » de mobilisation des habitants par l’écoute qualitative et prospective individuelle restituée oralement et collectivement, et la création d’un lieu de parole élus / habitants (autochtones et nouveaux arrivants) sur les « enjeux » du territoire. |
Le territoire pertinent : celui de la mobilisation des habitants
Notre motivation de départ étant la participation des habitants (au côté des élus et des experts institutionnels), nous avons volontairement positionné notre action à l’échelle géographique pertinente pour la mobilisation des acteurs : le bassin de vie, la communauté de communes ; et non à l’échelle pertinente pour la « concertation des projets » que sont maintenant l’échelle des Pays. En effet l’expérience nous apprend que les « territoires pertinents pour mobiliser » et les « territoires pertinents pour se concerter sur des projets finalisés » ne se chevauchant pas, ils se succèdent chronologiquement dans une logique de la construction d’une intelligence collective.
Rééquilibrer les démarches descendantes (savoir, pouvoir, agir) par des démarches ascendantes (désirs, confiance, sens)
En résumé notre démarche se veut participer du slogan bien connu :
- Passer d’une intercommunalité de guichets à une « intercommunalité de “projet” »
- Passer d’une logique de savoirs (de qui ?), pouvoir, agir censée répondre aux besoins ( logique Top down ou culture de la procédure) à une logique de désirs que l’on ose formuler pour le futur afin de construire de la confiance partagée et du sens de manière ascendante (culture de processus de type up down, le chemin s’ouvre en marchant).
Ce pari sur l’intelligence collective non limitée aux élus et aux experts, notamment pour ouvrir les conseils de développement des Pays à des habitants non désignés arbitrairement par les élus, nous a conduit à inventer par jeux d’essais et d’erreurs, au fil du temps, une méthode à ce jour évaluée par des étudiants de l’enseignement supérieur.
Un schéma permet à la fois d’économiser du discours et de faire comprendre le sens de notre démarche. Ce schéma permet d’enrichir la chronologie classique : Diagnostic-Enjeux-Stratégie-Axes opératoire pour l’action bien connue des praticiens du développement local.
Nous l’empruntons aux travaux qui mettent en évidence les modes de cognition propres à chacun de nos quatre lobes du cerveau limbique et du cortex. Comme le dit le californien Ned Hermann à partir d’un travail de recherche sur 6000 personnes de différentes provenances : «Toute activité cérébrale est totale, mais le poids des composantes cérébrales utilisées par chacun varie, ce qui guide des préférences, des choix de démarche, des attitudes ».
Après tout, si nous délimitons un territoire par une clôture ou une frontière définissant un « dedans et un dehors » afin de construire un «être collectif nouveau » doué d’une nouvelle identité et de nouvelles propriétés, pourquoi ne pas s’appuyer aussi sur les propriétés des quatre lobes du cerveau qui déterminent notre pensée et notre agir !
Ne projetons-nous pas sur le réel la manière dont nous pensons ?
La démarche diagnostic, enjeu, stratégie, réalisation à la lumière des quatre cerveaux.
Le diagnostic et les enjeux : une affaire d’experts
A la lecture de ce schéma, dix ans de pratique m’ont montré combien les élus des territoires ruraux sont enclins à confier la partie droite du cerveau : « écoute, diagnostic et enjeux à des cabinets d’étude ou à des experts dont ils maîtrisent les écrits (études de complaisance ou études intelligentes qui, par souci de rapidité et de coût à la journée de cabinet, limitent la phase d’écoute qualitative à quelques personnes ressources identifiées). Mais rares sont les démarches qui permettent une réappropriation par les acteurs de cette phase pourtant décisive “diagnostic et enjeux”, élaborée en dehors d’eux. Combien d’études-diagnostics accumulées, restées sans effet dans les tiroirs, rarement lues, très vite oubliées, puis recommencées ! Le meilleur des cas est celui où le chargé d’étude devient par la suite animateur du territoire… cas bien rare !
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La participation limitée à la réponse aux questions formulées loin des habitants. Le plus souvent, la « participation » se limite à la partie gauche du cerveau, celle sur le « Comment faire ? » où les élus invitent les acteurs de tout bord à trouver des réponses aux questions qu’ils ont préalablement catégorisées et formulées en amont. La participation devient une opération de sensibilisation et de communication : «Voilà les questions pertinentes… je vous demande de trouver les réponses ». |
Qui n’a pas déjà entendu cela ? On entend rarement « Voilà les questions de l’ordre des Enjeux internes et externes au territoire (cortex droit), sont-elles bien posées ? Y en a-t-il d’autres ? Comment les inclure dans notre stratégie (cortex gauche)? »
Prendre le temps de distinguer ce qui est de l’ordre des Enjeux (du sens) avec ses scénarios prospectifs (cortex droit) et ce qui est de l’ordre des stratégies (le cortex gauche pour lequel nos élites techniciennes ont été sélectionnées) est une question importante pour la démocratie. Si les neurosciences nous apprennent que notre néocortex (le mental et l’abstraction) a séparé en deux parties (non fusionnelles, mais dialoguant ensemble) les opérations cognitives se reportant au pourquoi (le sens) et au comment, il doit y avoir une raison !
Un fondement de la démocratie n’est-il pas dans l’Histoire la séparation du pouvoir spirituel (divinités de la connaissance qui éclairent les esprits, incarnées dans notre monde par les chercheurs ou intellectuels ; plutôt de l’ordre du cortex droit) et du pouvoir temporel (divinités de la puissance incarnées dans notre monde par les managers, aménageurs : plutôt de l’ordre du cortex gauche…) ? Soit un nécessaire dialogue entre le pourquoi et le comment, entre le cortex droit et le cortex gauche, à défaut duquel les dérives manipulatoires (pensée totalitaire et totalisante) ou inquisitions sont bien proches.
La société civile (moyennant des conditions de méthode, de temps, et d’autoformation) doit-elle être pour autant écartée de ce dialogue élus-techniciens, en invoquant son ignorance à débattre des Enjeux (du sens) ?
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Il n’est nullement ici question de critiquer les experts ou consultants qui restent nécessaires et s’adaptent aux exigences du financeur en négociant, comme il le peuvent, des participations élargies. Mais l’objet du débat est de voir comment reproportionner les logiques programmatiques de type descendantes, qui sont de l’ordre du cerveau gauche, somme toute nécessaires, avec un travail de type constructiviste et ascendant de l’ordre du cerveau droit, impliquant un public plus large que les élus et les experts. |
Soit comment impliquer des personnes de la société civile dans la formulation des « catégories conceptuelles » qui permettent l’expression des atouts, freins, opportunités, contraintes ressentis sur un territoire : on est alors dans le passage de l’expression du vécu concret et sensible (cerveau limbique) à des concepts (ou catégories) leur donnant sens (cortex droit).
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En résumé, si les mots démocratie et participation sont dans toutes les bouches, s’agit-il de les réduire ou de les limiter à la logique de l’action (cerveau gauche) à travers des procédures ? Ou peut-on, de manière réaliste, faire participer les habitants aux questions du sens (Pourquoi, Pour quoi, Pour qui ?) concernées par le cerveau droit ? Le débat théorique étant ainsi posé sur la démocratie appliquée aux projets de territoires, venons-en à la démarche ATP, issue de jeux d’essais et d’erreurs sur plusieurs années. Aucune démarche n’est idéale en soi, elles présentent toutes des avantages et des inconvénients. |
La démarche ATP
Cette démarche consiste à un travail d’écoute non directive active de 70 habitants représentatifs par site écouté puis à une restitution publique permettant d’initier un lieu de parole de prospective-action passant convention avec les élus.
Toujours en amont de notre démarche : un groupe d’accueil et de pilotage constitué pour moitié d’élus et pour l’autre de non élus, chargé d’identifier un échantillon d’enquête représentatif. Cette utilisation d’un Tiers neutre et non partisan que constitue un stage de formation sur site de quinze stagiaires extérieurs pour écouter et restituer, est toujours vivement appréciée par les habitants.
Rares sont les entretiens (d’une à deux heures) décevant par leur contenu. Les entretiens se font sur l’écoute des histoires de vie et sur le vécu de chacun sur son territoire d’appartenance (souvent multiple).
L’expérience montre combien ce temps d’écoute en amont (du concret et du sensible sur notre schéma) par des tiers non partisans, sert à la maturation de la pensée, prépare à « oser la parole collective ». La plupart des démarches connues, par logique d’efficience, oublient cette fonction de préparation à la parole collective. C’est donc toujours les mêmes qui causent, tandis que les autres écoutent !
Nous faisons le constat aussi qu’une telle démarche mobilise le dialogue entre nouveaux arrivants et autochtones, condition pour que de nouveaux regards et de nouvelles représentations interpellent la réalité du territoire en milieu rural. Innover, n’est-ce pas souvent investir un nouveau regard qui fait apparaître de la valeur là où on avait perdu l’habitude d’en voir ? Les nouveaux sont utiles pour cela.
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Mais le mode de financement même modeste d’une telle approche d’écoute (que ne pourrait pas se permettre un bureau d’étude avec son prix de journée) pose un problème qui n’est pas sans lien avec la peur des élus d’ouvrir la parole à un public plus large que ceux qu’ils connaissent déjà. La relation savoir (d’experts), pouvoir, agir est la « tendance culturelle lourde ». Elle s’oppose à la démarche ascendante toujours redoutée : désir, confiance, sens qui prend plus de temps et qui ne peut occulter les questions du sens : Pourquoi ? Pour qui ? Pour quoi ? |
Pour résumer et faire caricature, la culture de l’efficience rationnelle (cortex gauche) l’emporte toujours sur l’efficacité raisonnable qui sait faire le meilleur compromis avec toutes les parties du cerveau. II arrive même, pour l’avoir à plusieurs reprises observé, que l’efficience rationnelle se réduise à celle de la stratégie de l’acteur politique le plus fort pour la conserver, sans guère de considérations pour les contraintes du réel et l’évolution sociologique du territoire.
Les freins à une coconstruction participative complète mobilisant le cerveau droit et le cerveau gauche
- Le désir des élus d’obtenir des résultats rapides que la logique de « réponse à des procédures toutes prêtes » permet d’obtenir sans trop de difficulté avec de bonnes complicités administratives au sein de l’Etat ; qu’il y ait de l’argent, par exemple, sur une procédure « Pays d’art et d’histoire », apparaissent alors partout des « Pays d’art et d’histoire ».
- La confusion, dans la tête des élus, entre l’autorité et le pouvoir qui leur font préférer la chronologie réductrice (cortex gauche) : savoir, pouvoir, agir, pour répondre à des « besoins » (quelquefois présupposés) plus qu’à des désirs. Derrière la formulation des besoins, se cachent les non-dits des désirs !
- La formation des agents de développement issus de l’université : des agents, érudits certes, devenus « techniciens de procédure » ou de dossiers, mais plus rarement des animateurs à l’écoute attentive du territoire. Cette fonction d’animation procède d’autres savoir-faire et savoir-être, de l’initiation plus que de la formation. Tendance confirmée au cours de ces quinze dernières années, ces nouveaux agents de développement se retrouvent condamnés à rechercher des porteurs de projet rentrant dans leur procédures ! D’une manière générale, grand nombre de diplômes ne sont-ils pas essentiellement des processus de sélection de cortex gauches ?
- Les délais imposés par les procédures européennes et l’administration qui ignorent les rythmes locaux, même quand elles revendiquent vouloir privilégier la participation des acteurs.
- D’une manière générale la peur de tout processus du vivant (démarche des quatre cerveaux) où « le chemin s’ouvre en marchant », adapté aux rythmes de reconnaissance des acteurs locaux, qui ferait apparaître de nouveaux contre pouvoirs.
L’enjeu démocratique
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Pourtant, l’éloignement du citoyen de base des centres de décision, par la naissance des Pays et des Comités d’agglomération, qui conditionne en grande partie son mode de vie de demain, ajouté, ces quinze dernières années, à l’éloignement des citoyens du monde de la politique (absentéisme aux élections), ne devraient-il pas nous faire revisiter dans ses fondements la manière dont les nouvelles identités territoriales se construisent ? D’une manière plus générale et prospective, la demande sociale d’un individu qui se vit de plus en plus comme un sujet « acteur et auteur », vient renforcer cette demande de participation aux processus de décision territoriaux qui influent sur la qualité de vie. |
L’évolution du système productif semble conforter cette exigence de plus de processus démocratique participatif : n’observe-t-on pas un glissement de la notion d’individu productif (société industrielle) à celle de la production d’individu (société post-industrielle), où l’humain devient l’objet même de la production dans les domaines où il ne pourra pas être remplacé par les ordinateurs et les robots (éducation, santé, loisirs actifs, culture, environnement, artisanat et agriculture de proximité…) ?
Ce glissement d’une économie du bien vers une économie du lien, ne nous conduit-il pas à concevoir une « économie de la reconnaissance » où la dimension territoriale prend toute sa place ?
![]() François Plassard |
François Plassard est l’auteur de « La vie rurale : enjeu écologique et de société » (Ed. Yves Michel, 2003). Agroéconomiste, ancien agent de développement territorial et membre du comité consultatif de l’économie solidaire, il est l’initiateur de la démarche éco-hameau qui a reçu le prix national de l’innovation Balise 2003 (France initiative) sur le thème du développement durable. |
http://www.vivreurope.org/papyrus.php?menu=371
L’égrégore est une forme-pensée ou champ énergétique construit par un groupe de personne ayant la même intentionnalité, par exemple : groupe de philatélistes, club sportif, syndicat, église, parti politique… ou tout simplement ensemble de personnes pouvant être disséminées sur la planète mais, vivant les mêmes émotions : amour, haine, colère, compassion…
Un ensemble de personnes qui se focalisent sur un même objet, avec une certaine intensité, déploient une énergie mentale, affective, passionnelle, spirituelle… qu’ils mettent en commun. Cette activité concentrée sur un objet en particulier génère une forme pensée ou, champ énergétique composé d’énergie mentale, d’émotionnelle, d’énergie spirituelle.
L’égrégore est une énergie structurée par l’objet sur lequel elle se finalise, et remplie de toutes les émotions que les participants mettent en commun.
Interaction entre les membres du groupe et l’égrégore
L’égrégore condense, rassemble ce que chaque membre y apporte. Et chaque membre, du coup, reçoit de l’égrégore dans lequel il entre, plus que ce qu’il a apporté. Il y a donc interaction entre les membres du groupe et l’égrégore.
Ce sont les membres rassemblés qui constituent l’égrégore, mais cet égrégore va adombrer les membres. Les membres sont donc sous l’ombre, ou a l’ombre de l’égrégore, qui est comme un nuage au-dessus d’eux. Et il y a bien interaction au sens où le membre nourrit l’égrégore, mais l’égrégore agit sur le membre.
Si nous rejoignons par la pensée un égrégore d’amour, nous recevrons en retour de l’amour. Alors que s’il s’agit de colère, il en sera tout autre et, nous recevrons en retour… de la colère !
L’égrégore est constitué par les personnes qui en sont le facteur déclenchant. La puissance de l’égrégore va s’amplifier en fonction du nombre de participants, mais également en fonction de l’intensité de la recherche, de la focalisation de ses membres sur l’objet et, de leur implication existentielle ou passionnelle. En s’impliquant passionnément dans l’objet d’un égrégore, les membres font un apport important d’énergie à l’égrégore.
L’égrégore est une entité vivante
L’égrégore est un concept vitalisé, réelle entité, qui pour être viable, doit être alimenté régulièrement par les membres du groupe se maintenant tous dans la même énergie vibratoire.
C’est pour cela, que les dirigeants de groupes à l’origine d’égrégores, organisent des meetings, des cultes, des rassemblements… Également, afin d’augmenter le pouvoir de l’égrégore, certains ont recours à des rituels qui peuvent consister en des formules, des symboles, des prières, des invocations, des visualisations d’images concrétisatrices, des courants mentaux, des chaînes d’union, brûler de l’encens…
Chaque membre du groupe devient une « cellule » de l’égrégore. Il vit sur le plan physique par l’intermédiaire des êtres humains membres du groupe, et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.
La vie matérielle de l’égrégore est assurée par le nombre des membres d’un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d’antipathie du monde…
Forme donnée à l’égrégore
Afin de donner à l’égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens. Nous aurons donc le sceau-de-salomon, l’étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, les symboles du Reiki, etc.
Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l’être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représentations de l’égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.
L’égrégore peut devenir une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l’éliminer rapidement, il faut avoir recours à l’incinération de tout ce qui la concerne.
Attachement à l’égrégore
Il est également très difficile de se détacher d’un égrégore. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l’origine de l’attachement. Ainsi, s’il y a eu une cérémonie d’initiation, lors de la liaison avec l’égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement. Dans la religion catholique, le baptême est annulé par l’excommunication.
Cependant, les réactions de l’égrégore à l’égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour la personne concernée. La meilleure façon de se protéger est d’adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps… Mais surtout de bien choisir le groupe auquel on adhère, intentionnellement ou non… Les conséquences peuvent être très différentes suivant le groupe.
En tant qu’humain “moyen” ou non initié, la seule chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler : sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc., on le nourrit.
Aspects psychiques et énergétiques de l’égrégore
L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.
La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créées un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.
Un égrégore est une “boule” d’énergie visualisable dans l’astral qui a été créé la plupart du temps par un groupe d’individus humain. Cette énergie, avec laquelle il est possible d’interagir, possède un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégore de toutes sortes (Égrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islamiste, égrégore sectaire, égrégore satanique, égrégore politique, égrégore syndical, égrégore de guérison, etc.).
Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».
Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite, la structurer.
La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective, de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.
Orientation d’un égrégore
Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre, la paix ne sont rien d’autre que des images égrégoriques.
L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décisions, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.
En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.
Pour donner deux exemples :
Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.
Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme : spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle.
La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…
Naissance de l’égrégore
L’égrégore est activé par une seule personne à la base et l’idée créatrice fait peut générer l’adhésion d’un nombre important de personnes, lesquelles vont donner vie à l’égrégore.
Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un projet, d’un rituel qui pourrait être chamanique par exemple. Mais il peut tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un événement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable tel que les attentats du 11 septembre 2001…
Aspects constructifs de l’égrégore
En Amérique et en Europe, on a expérimenté des “groupes de prières” dans les hôpitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteints de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevées, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le “groupe de prières”, par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son propre égrégore que l’on pourrait appeler “énergie de guérison”, et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !
Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudé, “sur la même longueur d’onde aurique”, votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existent une ou plusieurs “brebis galeuse”, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos “troupes” sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base “malsain”, sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurait été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.
L’efficacité d’un égrégore repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par-delà le temps.
Nourriture et mort de l’égrégore…
La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ». La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend.
En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégore se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes les institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.
Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.
par : Jean-Paul Thouny
Un article ancien mais toujours d’actualité.
Ou comment les outils numériques sont des vecteurs vertueux de démocratie participative.
Le numérique pose d’abord le principe du réseau. L’image est celle des mailles d’une toile ou plutôt d’un filet comme le filet de pêche, de ces filets qui nourrissent ! Les premiers réseaux sont d’abord humains. Ils constituent la trame des réseaux numériques. Ces filets qui relient les hommes dans des lieux où leur intérêt est partagé, leurs objectifs proches, leur désir de réussite semblable,..Et la «Toile» -l’Internet- permet de croiser, de confronter, de superposer plusieurs couches de ces filets/réseaux.On a cru que la machine à voter permettrait de lutter contre l’abstention et d’améliorer la participation des citoyens aux débats politiques mais bien sûr la machine n’a rien fait d’autre que faciliter le travail des agents et fiabiliser le dépouillement (ce qui est beaucoup) mais la participation continue de s’effondrer. Pratiquer la démocratie à l’ère d’internet implique des changements méthodologiques radicaux pour les responsables politiques dans leur façon de gouverner, mais aussi pour les administrations dans leur manière de s’adresser aux citoyens et de les impliquer dans la décision, et dans l’action.
Il faut «inventer la démocratie» comme dit Marcel Gauchet, c’est bien l’ensemble du processus de participation à la vie locale qui fait révolution copernicienne. Les méthodes, les processus sont partagés. Entre agents, entre agents et élus, et non plus dans la relation aux citoyens (qui était descendante, comme la relation client), mais bien dans la relation des citoyens avec ceux qu’ils ont choisis pour assurer la meilleure gestion locale des besoins essentiels.
On passe dans l’ère de la co-construction des idées et de la co-décision des projets, des programmes politiques… S’ajoutent le principe qu’il n’y a pas d’internet hors sol -avec le besoin de l’existence des réseaux d’humains reliés structurant les réseaux numériques.
Deux préalables méthodologiques s’imposent :
- Etablir des règles du jeu, du mode d’emploi, de chartes pour faire ensemble… et sans oublier que les nouveaux dispositifs, les nouvelles méthodes, et plus encore les nouveaux outils, ça s’apprend. Il n’y a pas d’innéité des usages que l’on peut faire de l’outil. Il faut effectuer un double effort : celui d’apprendre la technologie et celui de la pratique pour en retirer un bénéfice.
- Respecter les trois dimensions du temps humain de l’organisation sociale modifiée avec internet : l’instantanéité possible de certains échanges, l’asynchronicité (les gens ne sont pas tous au même rythme) et la mémoire. Et au «trop» de mémoire et non pas trop peu comme certains le pense, il convient d’établir des échelles de valeur pour donner à voir les contenus archivés qui font mémoire.
En parallèle de ce qu’on appelle la «réalité augmentée» -où les outils numériques permettent d’agréger du contenu sur la réalité : de l’information sur les monuments, les affiches, les moyens de transport, on peut se demander en quoi la démocratie peut-être elle aussi «augmentée» par sa dimension numérique… ce que des “dispositifs numériques en réseaux”, de véritables instruments programmés et organisés, à distinguer de simples outils juxtaposés, peuvent aider à relier et à construire.
Voici les trois grands pôles d’évolution de la société locale augmentée :
1. Les mutations dans l’organisation administrative et politique ;
2. La place centrale réinvestie par le citoyen dans l’ensemble des processus et sa conscience d’avoir en main des moyens d’exercer une gestion locale démocratique ;
3. L’évolution des comportements des responsables politiques, ou comment une politique «augmentée» est mieux reliée aux besoins essentiels. http://assmednum.corse.fr/La-Democratie-Augmentee_a39.html
Date : 25/06/2011
Thèmes: Démocratie
Proposé par Florence Durand-Tornare de Villes Internet
Avec la collaboration de Luis Barraud
Ou comment les outils numériques sont des vecteurs vertueux de démocratie participative…
En préambule, rappellons que les instruments numériques sont un composite de plusieurs innovations technologiques, des technologies encore instables, toujours en invention.
Aussi perfectibles et évolutives qu’elles soient, elles permettent déjà d’assister à des innovations comportementales, qu’on peut qualifier d’innovations sociales. Elle permettent bien à ceux qui le veulent de produire du changement.
Le numérique pose d’abord le principe du réseau. L’image est celle des mailles d’une toile ou plutôt d’un filet comme le filet de pêche, de ces filets qui nourrissent ! Les premiers réseaux sont d’abord humains. Ils constituent la trame des réseaux numériques.
Ces filets qui relient les hommes dans des lieux où leur intérêt est partagé, leurs objectifs prochent, leur désir de réussite semblable,..
Et la «Toile» -l’Internet- permet de croiser, de confronter, de superposer plusieurs couches de ces filets/réseaux.
On a cru que la machine à voter permettrait de lutter contre l’abstention et d’améliorer la participation des citoyens aux débats politiques mais bien sûr la machine n’a rien fait d’autre que faciliter le travail des agents et fiabiliser le dépouillement (ce qui est beaucoup) mais la participation continue de s’effondrer. Pratiquer la démocratie à l’ère d’internet implique des changements méthodologiques radicaux pour les responsables politiques dans leur façon de gouverner, mais aussi pour les administration dans leur manière de s’adresser aux citoyens et de les impliquer dans la décision, et dans l’action.
Il faut «inventer la démocratie» comme dit Marcel Gauchet, c’est bien l’ensemble du processus de participation à la vie locale qui fait révolution copernicienne.
Les méthodes, les processus sont partagés.
Entre agents, entre agents et élus, et non plus dans la relation aux citoyens (qui étaient déscendante, comme la relation client), mais bien dans la relation des citoyens avec ceux qu’ils ont choisis pour assurer la meilleure gestion locale des besoins essentiels.
On passe dans l’ère de la co-construction des idées et de la co-décision des projets, des programmes politiques…
S’ajoutent le principe qu’il n’y a pas d’internet hors sol -avec le besoin de l’existence des réseaux d’humains reliés structurant les réseaux numériques.
Pour réaliser la démocratie augmentée sur un territoire deux préalables méthodologiques s’imposent :
- Etablir des règles du jeu, du mode d’emploi, de chartes pour faire ensemble… et sans oublier que les nouveaux dispositifs, les nouvelles méthodes, et plus encore les nouveaux outils, ça s’apprend. Il n’y a pas d’innéité des usages que l’on peut faire de l’outil. Il faut effectuer un double effort : celui d’apprendre la technologie et celui de la pratique pour en retirer un bénéfice.
- Respecter les trois dimensions du temps humain de l’organisation sociale modifiée avec internet : l’instantanéité possible de certains échanges, l’asynchronicité (les gens ne sont pas tous au même rythme) et la mémoire. Et au «trop» de mémoire et non pas trop peu comme certains le pense, il convient d’établir des échelles de valeur pour donner à voir les contenus archivés qui font mémoire.
En parallèle de ce qu’on appelle la «réalité augmentée» -où les outils numériques permettent d’agréger du contenu sur la réalité : de l’information sur les monuments, les affiches, les moyens de transport, on peut se demander en quoi la démocratie peut-être elle aussi «augmentée» par sa dimension numérique… ce que des “dispositifs numériques en réseaux”, de véritables instruments programmés et organisés, à distinguer de simples outils juxtaposés, peuvent aider à relier et à construire.
Voici les trois grands pôles d’évolution de la société locale augmentée :
1. Les mutations dans l’organisation administrative et politique ;
2. La place centrale réinvestie par le citoyen dans l’ensemble des processus et sa conscience d’avoir en main des moyens d’exercer une gestion locale démocratique ;
3. L’évolution des comportements des responsables politiques, ou comment une politique «augmentée» est mieux reliée aux besoins essentiels.
1. Les mutations dans l’organisation administrative et politique.
L’Internet permet une mutation dans l’appréhension du champ politique et de la décision prise du point de vue du citoyen… Il y a une interactivité avec un public qui a désormais la possibilité de produire à de l’information… Les mutations organisationnelles doivent aussi prendre en compte un changement de posture du citoyen induit par la technologie. Le numérique à la capacité «d’augmenter sa visibilité et sa participation dans la société».
Ces changements s’opèrent à plusieurs niveaux :
D’abord, il convient d’identifier l’horizon commun, celui de ceux qui pratiquent un territoire. En ce sens, les outils numériques permettent d’appréhender, de visualiser un territoire de manière globale en y représentant ses acteurs et ses enjeux… D’où une présentation plus facile des grands projets et des petits projets, par des expositions interactives en ligne, des enrichissements par les experts et les usagers eux-mêmes. Cela permet à chacun de pouvoir s’approprier les projets de sa cité…
Il y a donc un réel défi de pouvoir imposer cette dimension «non-marchande» du numérique pour une pratique qui serve les droits fondamentaux de tous. Par exemple, donner un accès simplifié aux droits et aux démarches de base (logement, emploi, service social, citoyenneté…), donner l’accès aux documents administratifs qui appartiennent aux administrés, ouvrir les données publiques à ceux qui les financent.
Au delà de l’administration ; l’avenir des territoires se fonde sur la vision politique du territoire de demain. Lutter pour une politique insérée dans la démocratie et non pas détachée, fracturée, c’est aussi un combat local pour défendre l’avenir des territoires, des villes, des quartiers.
Comme les habitants ont maintenant la possibilité d’accéder à des outils de communication et d’échange radicalement plus performants. L’organisation politique se doit d’appliquer les droits fondamentaux du citoyen à connaître et à participer à ses institutions.
Lutter contre l’abstention par de l’information accessible et ludo-pédagogique sur le sens politique des actions, c’est donner aux citoyens les moyens de co-gérer la relation à la décision et à l’administration.
Aujourd’hui encore «l’offre» politique, y compris lors des processus pourtant nommés «participatifs», relève du «pur» marketing politique en ligne. Alors que par endroit de réels dispositifs de concertation pèsent sur des changements lourds de rénovation urbaine, de transports, de choix énergétique,…. Ces démarches s’inscrivent réellement dans une mutation de la gestion locale, par le renforcement « numérique » des instances de démocratie participative pré-existantes.
2. Se placer en tant que citoyen au centre du processus de décision.
Les requêtes et les doléances perturbent souvent le débat public classique tant les habitants sont dans une position passive de réclamation. La gestion numérique des demandes par sa forme même donne la main à l’habitant qui de son téléphone intelligent, de son « doudou » numérique, va signaler le défaut de fonctionnement d’un éclairage public ou l’encombrant au milieu du trottoir. Une gestion plus efficace du service de proximité, assuré par des agents équipés de moyen de réponse et de traitement modernes, permettra un gain d’effort et d’intelligence qui pourra être reporté sur les changements structurant à apporter à la société locale, les enjeux sanitaire, d’emploi, d’éducation pourront profiter de cette intelligence enfin collective.
Organiser cette « citoyenneté interactive » demande méthode et règles.
Il conviendra de restaurer la confiance par l’affichage du bénéfice qu’à le citoyen à s’impliquer : par la valorisation de ses idées plus que des paroles des élus…
Ceux là pourront prendre en compte cette parole en la « comprenant » au sens éthymologique de « prendre avec ».
Des outils d’intermédiation seront placés pour analyser cette parole citoyenne, en travaillant par exemple avec les cartes heuristiques qui permettent de prendre en compte chaque idée, d’y répondre, de trouver des voies de convergence, et de dire pourquoi « non, on ne fera pas ». La parole des experts techniciens ou juriste qui pose souvent les incontournables de tel ou tel projet sera renforcée par celle de l’expert usager.
Les processus classiques de concertation ne sont trop souvent qu’une recherche du consensus par K.0., par imposition de la décision majoritaire. Alors qu’une présentation organisée du dissensus permet à chacun de respecter l’avis de l’autre en facilitant un “changement d’avis » fondé sur la parole échangée. Nous ne sommes plus dans un débat de comptoir ou de séduction, mais bel et bien dans une démarche maïeutiques, qui assiste chacun dans ses moyens propres à s’exprimer et à partager ses connaissances des pratiques du territoire et de ses usages quotidiens. Ces usages même qui font d’un espace public un lieu de cohésion social et non plus un lieu d’angoisse au contact de l’autre pourtant voisin.
Des élus à l’écoute qui acceptent de faire évoluer leur point de vue et d’en changer, au contact d’arguments tranquillement présenté, voilà une posture exemplaire d’une démocratie assumée.
Ce que l’Internet permet particulièrement ici, dans ce rôle oublié de l’élu, c’est sa capacité retrouvée d’écoute, d’analyse, de réponse et de preuve (depuis le temps athénien, où citoyens électeurs et élus décideurs se comptaient à la main).
Une fois cette relation retrouvée, à ce moment seulement on pourra concevoir une démocratie très représentative qui place le citoyen en prise directe avec l’administration et les services des villes.
Si les citoyens aspirent à faire évoluer leur place dans la société, les responsables politiques doivent aussi intégrer ces mutations et opérer des changements de comportement.
3. Les nouveaux comportements des responsables politiques
Les outils numériques permettent de remettre à plat le débat politique. C’est-à-dire que mêmes les minorités politiciennes doivent aussi partager le processus démocratique. Ainsi, il est nécessaire d’outiller les associations et les forces vives, de former les élus, et de structurer un accès à l’information et aux débats pour les publics les plus éloignés. Le débat est plus riche, plus contradictoire, plus constructif, plus innovant…
Privilégier les échanges entre les habitants et faciliter ainsi la décision signifie aujourd’hui d’assurer l’accès de tous aux usages citoyens de l’internet.
On pourra alors parler de “places publiques numériques” au cœur des quartiers, des villages, des villes et donc du pays … Cette démarche permet d’éviter le populisme en créant du populaire : sans chercher l’audience mais en privilégiant le ralliement aux idées concrètes, productives, par exemple partagées et co-construites sur des réseaux sociaux thématiques dédiés. Les projets vont se alors construire dans la diversité des attentes et mieux répondre aux besoins.
De véritables “séquences démocratiques” peuvent être mises en place par les élus pour le choix d’un projet, sa conduite et son suivi. Véritables interfaces de contact avec les citoyens, elles facilitent la participation en lui permettant de s’opérer au moment choisi où l’individu est disponible, volontaire, et prêt à consacrer un temps à la question collective, y compris à l’aube ou à l’aurore souvent de façon asynchrone. Techniquement, cette approche s’organise par exemple avec le «micro-blogging» ou le débat sur réseau social, ou la publication collective, qui permettent d’utiliser toutes les temporalités, immédiateté ou longueur, et de marquer des temps d’observation active, mais aussi de relever la parole, de la copier, de proposer des informations nouvelles, d’orienter vers des espaces privés d’échange, de présenter des images, des témoignages,des études,..
Ces procédures donnent de la qualité au débat dit « politique » en permettant le calme, la disponibilité, la confiance, … au delà d’une surface envahie par les manipulateurs d’opinions les réseaux comme l’internet permettent de se coordonner, de se concentrer, de s’organiser, et de s’exprimer pour construire ensemble. Ils permettent de s’éloigner de la «sondocratie» et du quantitatif à répétition, qui dictent aujourd’hui les opinions soirs après soirs, en massifiant les points de vue de téléspectateurs distraits. A l’inverse ces outils numériques en réseaux bien organisés et proposer sous le sceaux du sérieux d’un débat public sur un sujet légitime, offrent l’opportunité de construire des opinions par mouvement fluides respectant la subjectivité et l’identité. Ils peuvent, par des règles simples, mais exigeantes, se construire et évoluer de manière qualitative pour aboutir à une véritable intelligence collective relayée par des représentants en compétence de réaliser les projets sous le contrôle bienveillant de leurs electeurs.
Cette vision du changement dans les modes d’administration démocratique des territoires publiques n’est pas utopiste : elle est à saisir, maintenant ! http://www.villes-internet.net/tous-les-articles/lire/?no_cache=1&tx_ttnews%5Btt_news%5D=3064&cHash=03cb180d14557898486b67ff38880128














