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Outil n°07 : Tirer le meilleur parti de vos événements publics

La projection d’un film est plus qu’une simple occasion de faire asseoir du monde devant un écran. De même, une conférence est bien plus qu’une occasion d’écouter les réflexion d’un penseur bien connu sur un suet donné. Ces deux types d’événements sont autant d’occasion d’amener les gens à se parler, à créer des liens sociaux et à étoffer leurs réseaux. On peut même affirmer que ce point est beaucoup plus important que le film lui-même […]. Il est aussi important de prévoir un « temps de digestion », c’est-à-dire du temps pour réfléchir à ce que les gens ont entendu, plutôt que de déverser de l’information sur eux avant de les envoyer se coucher, clignant des yeux et abasourdis. Voici quelques idées pour vos projections ou conférences :

« Réfléchir et écouter »
Généralement, juste avant le film ou la conférence et encore juste après, nous invitons les gens à se tourner vers leur voisin et à parler cinq minutes chacun, puis à écouter l’autre. Avant le film, le thème est « Qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui vous amène ici ? Qu’attendez-vous de cette soirée ? » ; après, il s’agit de partager leurs réflexions sur ce qu’ils ont vu ou/et entendu. Avant le film, c’est un excellent moyen de créer une excitation autour de l’événement. Les gens adorent se rencontrer et sentir dès le départ qu’ils font partie d’un ensemble plus vaste et d’une dynamique en mouvement. Après le film, c’est un bon moyen d’aider les gens à ordonner leurs pensées avant de pouvoir poser des questions et/ou participer à un groupe de discussion. C’est aussi l’occasion de digérer les informations, qui peuvent déstabiliser, voire angoisser certaines personnes.

Le mur des commentaires
C’est un autre outil permettant aux gens de communiquer leurs réflexions sur la soirée et d’exprimer des opinions qu’ils ne se sentaient pas de partager en se levant pour prendre la parole. Sur un mur proche de la sortie, nous fixons – plusieurs feuilles mobiles de réunion collées ensemble, et les gens peuvent y écrire leurs commentaires. Cet outils produit parfois des retours précieux, et c’est un moyens pour les personnes timides de se faire entendre.

Faire la fête !
Faire la fête est une chose que nous autres, austères écologistes, ne savons pas bien faire, mais c’est un élément-clé à intégrer à chaque étape de votre travail. [Cela peut inclure] manger, boire, faire jouer des musiciens, danser. S’il n’est pas possible de clôturer chaque manifestation publique de cette manière, c’est un concept puissant à utiliser chaque fois que possible.

Récolter les adresses électroniques
Ces événements sont des occasions d’enrichir votre base de contacts et de soutiens. Vous pourrez ensuite utiliser les adresses pour envoyer une lettre d’information ou faire connaître les manifestations à venir. À chaque événement, nous plaçons une liste à l’entrée et invitons les gens à laisser leurs adresses électroniques, en insistant sur la confidentialité […] Envoyez toujours les messages en copie cachée (CC).

Les 
post-it
[…] Quand les gens arrivent pour voir le film, nous leur donnons quatre post-it de couleurs différentes :
• rose – une chose que je peux faire
• jaune – une chose que Totnes peut faire
• orange – une chose que le gouvernement peut faire
• vert – une autre idée ou réflexion

En donnant les post-it, ne dîtes pas à quoi ils serviront afin de susciter une certaine attente.

Une suite
Cela marche très bien avec l’exercice des post-it, mais vous pouvez l’adapter à tout outil destiné à récolter les idées. Après la manifestation, saisissez les post-it et envoyez-les à tous les participants à la soirée. C’est très utile pour que les gens gardent les idées en tête et pour qu’ils voient que leurs idées contribuent à une vaste réflexion qui commence à se diffuser dans la population.

Outil n°9 : Organiser des réunions productives

Rapidement, vous constaterez que les réunions se multiplient et que vous devez faire beaucoup de choses dans un temps limité. […]

Tour de table
C’est un élément-clé de toute réunion, te nous l’utilisons de deux manières. En début de réunion, nous faisons le tour de tout ce qui s’est passé dans la commission de chacun depuis la dernière réunion. Chaque personne dispose de 5-10minutes et nous évitons de l’interrompre pour engager une discussion sur ce qu’ils viennent de dire. Chacun est invité à commencer son intervention par « Comment je me sens en ce moment » et à la terminer par ce qu’ils aimeraient mettre à l’ordre du jour.
[…]

Ordre du jour ouvert
Ne préparez pas d’ordre du jour à l’avance. Le danger des ordres du jour déjà prêts est qu’ils donnent l’impression qu’« ils » ont décidé à l’avance de ce qui sera discuté et même de ce qui sera décidé. Il est d’une importance capitale que les gens n’aient pas le sentiment que quelqu’un prenne le groupe en otage. […] Sur une feuille vierge, nous écrivons les sujets et questions que les gens proposent à l’ordre du jour. Une fois la liste terminée, nous l’étudions ensemble et classons chaque sujet dans l’une des trois catégories suivantes : « doit être discuté aujourd’hui », « ce serait mieux d’en discuter aujourd’hui, mais ça peut attendre », « ça peut attendre la prochaine fois ».
Puis nous évaluons le temps qui reste et allouons une durée à chaque sujet retenu et essayons de nous y tenir religieusement. Il faut aussi tenir compte du reste de la réunion pour éviter de se séparer sur un sujet de discorde […].

Réfléchir et écouter (voir Outil n°7)
Dans les réunions aussi, faites brèves pauses quand vous abordez des sujets graves et laissez les gens ordonner leurs pensées avant de s’y attaquer. Une pause est aussi utile quand les paupières commencent à se fermer.

Un début et une fin clairs
Faites commencer la réunion par quelque chose qui en marque l’ouverture, par exemple simplement dire que la réunion est ouverte. A la fin aussi, il est bien de clore formellement la réunion.

Faire la fête !
[…] Une des meilleures façons est de manger ensemble […] Outre calmer sa faim, cela satisfait le besoin d’apprendre à se connaître dans un contexte différent.

Déroulement d’une réunion typique du groupe de pilotage de Transition Totnes

• mot de bienvenue
• tour de table où chaque personne parle pendant cinq minutes sans être interrompue pour expliquer ce qui se passe dans sa commission.
• liste des sujets que les présents voudraient voir à l’ordre du jour.
• étude de la liste et établissement des priorités […].
A la fin, choix de la réunion suivante, puis repas en commun.

Outils n°12 : Organiser un Café-débat

On peut résumer le café-débat en disant qu’il s’agit de « réveiller et mobiliser l’intelligence collective en discutant des questions importantes ». C’est un outil efficace pour étudier des sujets spécifiques. la différence avec les forums ouverts est qu’il est moins chaotique. Il part de l’idée que, pour beaucoup de gens, l’endroit où ont lieu les conversation les plus riches est là où ils se sentent détendus […].
Nous l’utilisons pour réunir des gens pour aborder des questions très précises, plutôt que pour leur laisser définir ces questions comme dans un forum. Il demande plus de préparation qu’un forum, mais cela permet d’approfondir efficacement les questions.

Le World Café, un réseau de praticiens du monde entier, a défini sept principes qui présentent très clairement la démarche :

1) Définissez le contexte
Une des clés de la réussite est de bien préparer le débat. Cela inclut de réfléchir au thème, à la manière d’exprimer la question, aux personnes à inviter, à la date et au lieu, et à ce que vous en attendez.

2) Créez un espace accueillant
Le lieu où se tiendra votre café-débat doit être aussi accueillant que possible […]. Créer cette ambiance commence par l’invitation que vous allez envoyer : elle doit être brillante, audacieuse et sortir du lot des sollicitations que les gens reçoivent quotidiennement ; elle doit aussi inclure le thème du débat. En aménageant la pièce, disposez des tables rondes pouvant accueillir cinq personnes environ, couvrez-les de nappes en papier sur lesquelles seront posés des stylos, des fleurs et une bougie.
Une autre clé du succès est la présence de boissons et d’aliments […].

3) Abordez des questions qui comptent

La question que vous allez choisir nécessite une bonne dose de réflexion, car elle fera réussir ou échouer votre débat. Vous pouvez choisir une question générale qui sera approfondie progressivement, ou plusieurs questions concernant différentes facettes du sujet. La question doit être pertinente pour le groupe, elle doit être clairement posée, stimulante et inviter à poursuivre la réflexion. Elle doit relier les participants aux raisons qui les ont poussés à venir.
Au cours d’un café-débat […] dont le sujet était « envisager comment les collectivités peuvent prospérer après le pic et durant leur descente énergétique », nous avons défini quatre questions dont chacune devait être l’objet d’un temps de discussion :
– « le pic pétrolier est-il une crise ou une opportunité au niveau local ? »
– « Le modèle de la descente énergétique est-il pertinent dans mon cas et dans ma situation ? »
– « Comment communiquer sur les réponses collectives au pic, à l’intérieur et autre différentes collectivités ? »
– « Quels savoir-faire avons-nous besoin d’apprendre, quelle éducation et quelles formations mettre en place en réponse au pic ? »

4) Encourager chacun à contribuer
Toute personne participant à un café-débat fait partie d’un système plus grand, un réseau vivant. L’idée du café-débat est de maximiser le nombre de liens entre les gens, car plus il y a de connexions et plus l’intelligence collective est libérée. Pour cela, une cloche sonne toutes les quinze minutes pour indiquer qu’il est temps de changer de table. En quelques heures, pratiquement toutes les participants ont eu l’occasion de faire connaissance et d’échanger leurs idées.

5) Relier différentes perspectives
On y parvient en mélangeant les gens e plus possible pour créer un réseau dense de connexions. Chaque fois que les gens changent de table, il apportent le fil de leur conversation précédente au nouveau groupe. Au début du café-débat, chaque table choisit un « maître de table » qui reste tout le temps à la même table. Son rôle est de noter sur la nappe en papier les points abordés dans la discussion […].
A chaque changement, le maître de table communique ce qui a déjà été évoqué à sa table, tandis que les arrivant résument brièvement ce qui s’est dit autour des tables d’où ils viennent […].

6) Ecouter ensemble
La qualité d’écoute est cruciale. C’est un art dont la plupart d’entre nous n’ont pas l’habitude, mais tout le monde peut l’apprendre. Ecouter,c’est plus que se tenir tranquille en ouvrant les oreilles :
• Ecouter celui qui parle avec la conviction implicite qu’elle a quelque chose d’important et de sage à dire.
• Ecouter avec la volonté de se laisser influencer.
• Ecouter ce qu’est la personne et admettre que son point de vue, même s’il diverge du vôtre, est tout aussi valable et représente un élément du tableau qu’aucun d’entre nous ne peut voir dans sa totalité.
• Quand vous parlez, soyez clair et succinct et ne monopolisez pas la parole. En écoutant, ne préparez pas la réponse que vous allez faire à ce qui est dit et soyez ouvert à l’autre. Essayez d’entendre ce qui se trouve derrière les mots, ce que cela signifie et identifiez les nouvelles questions qui émergent.

7) Partagez les résultats
À la fin de la séance, les résultats peuvent être partagés de diverses manières. On peut fixer toutes les nappes au mur, faire un tour de table où chaque maître de table résume les principaux points de la discussion à sa table. cela peut-être suivi d’un tour de table plus large où chaque participant pourra exprimer ses réflexions sur la démarche, ce qu’ils en ont retire et quelles question cela a fait surgir. On peut ensuit saisir les notes et les envyer à tout le monde. […].

Outil n°10 : Organiser un forum ouvert

[…] Les forums ouverts sont un outil efficace pour amener de grands groupes de personnes à discuter entre elles sur divers sujets […]. Il y a quatre règles et une loi :

Les quatre règles :
• tous ceux qui viennent sont les bonnes personnes.
• quoi qu’il se passe, c’est la seule chose qui aurait pu se passer.
• quel que soit le moment où il démarre, c’est le bon moment.
• Quand c’est fini, c’est fini.

La Loi des Deux Pieds :
Si, pendant la réunion, des personnes qu’elles n’apprennent rien et n’apportent rien, elles ne doivent pas hésiter à faire usage de leurs pieds pour se rendre dans un endroit plus productif. »

La clé de la réussite est la question – généralement incluse dans le titre de la réunion – qui est soumise à la discussion ce jour-là. Quelques exemples de Totnes :

- Comment nourrir Totnes après l’âge du pétrole bon marché ?
– Comment fournir Totnes en énergie…
– le renouveau économique de Totnes : comment bâtir une économie soutenable, équitable et saine ?

Vous pouvez choisir d’inviter des personnes précises ou de l’ouvrir à tous. La salle doit être suffisamment grande pour que tous les participants puisent s’asseoir en cercle et pour organiser différents ateliers.
[…] Au centre du cercle se trouve une pile de feuilles de papier et de stylos, et au mur est fixé un planning encore vierge, avec les heures sur un axe et les ateliers sur l’autre. Chaque case a la taille d’une feuille de papier. Enoncer les règles du forum en expliquant que la seule obligation pour proposer une question est de l’organiser et de prendre des notes pour ceux qui ne pourront suivre la discussion, d’écrire la question sur une feuille et de coller celle-ci dans une des cases. Puis donnez le signal du départ […].
Il s’ensuite une mêlée de dix minutes pendant lesquelles les gens soumettent leurs questions. S’il y a plus de questions que de cases, regroupez-les par affinité de sujet qui servira de base à un atelier. Une fois votre planning plein, les gens prennent le temps de le lire pour choisir leurs ateliers, puis faites sonner une cloche pour annoncer le début de la première session.
En théorie, le reste de la journée s’organise tout seul. Chaque atelier doit disposer à volonté de papier pour tableau et de feutres. À la fin de chaque session, faites sonner la cloche, rassemblez les feuilles et fixez-les sur un mur, dans un lieu appelé « Place du Marché ». Vous pouvez aussi en saisir le contenu, de préférence au fur et à mesure pour éviter d’être débordé de travail le lendemain.
[…] À la fin du forum, prenez 30-40 minutes pour un tour de table au sujet de la réunion et de la démarche, plutôt que sur les sujets abordés dans la journée […].
Les forums ouverts sont incroyablement faciles à organiser et sont un moyen particulièrement efficace d’approfondir des sujets, attirant tous ceux qu’un sujet donné intéresse. Pour votre premier forum, une personne ayant l’expérience de la démarche peut vous apporter une aide utile, mais une fous que vous en aurez organisé un, vous serez émerveillé par la simplicité de cet outil […].


Les 12 étapes d’un projet de transition

Issues de l’expérience de Totnes (par exemple le cas du développement durable):

il s’agit de lignes générales à adapter à chaque situation. Ce n’est pas une recette de A à Z, mais de A à C : pour démarrer.

1) Fonder un groupe de pilotage et prévoir sa dissolution (à l’étape 5) dès le départ.

But : S’ouvrir à la diversité à l’issue de la phase de sensibilisation, afin que le groupe soit plus représentatif et incluse de nouvelles énergies, de nouveaux points de vue. cela permet aussi de le renforcer et d’éviter l’épuisement des fondateurs ; ce derniers doivent donc être prêts dès le début à passer la main. Rapidement :
• fixer des objectifs et des principes et les écrire.
• se concentrer sur le processus (organisation, pédagogie, dynamique) plutôt que sur le résultat (la réalité défiera toujours nos prévisions).
• impliquer tout le monde
• se faire épauler par des « facilitateurs » ou animateurs expérimentés, voire professionnels.

2) Sensibiliser

• dire la vérité, ne pas l’adoucir
• être positif, proposer un espoir en face
• laisser aux interlocuteurs des temps pur digérer l’information, qui sont aussi des temps de rencontre (voir p.149).
• s’attendre à des manifestations de « stress du pic ».
• demander à un élu de faire partie des personnes qui seront amener à commenter le film (si film il y a).
• idem avec le représentant d’un projet concret et positif.
• les interroger sur comment ils voient les choses (voir p.152).

L’important à ce stade est de commencer à créer les liens et réseaux sur lesquels reposera l’initiative.

3) Poser les fondations

• sensibiliser les groupés . Il ne s’agit pas de refaire ce qu’ils ont déjà fait, mais d’en reconnaître l’importance et de les engager dans le processus. Les impliquer dans les réunions publiques.
commencer à contacter le élus, les conseils.

4) Le grand lancement

Une fois que le travail de sensibilisation et la formation de votre réseau vous paraissent suffisamment avancés, c’est le moment de lancer officiellement l’initiative par un événement public fort. De quoi s’agit-il ?
• ce n’est pas une conférence de plus, mais un point de départ. Il s’agit de célébrer une nouvelle ère, une dynamique collective, de susciter le sentiment de faire partie d’une action en marche.
• A faire quand on sent que l’initiative est mûre, que le sujet commence à être connu et à attirer du monde.
• inviter largement (public, assoc, autres organisations, élus, presse).
• en faire un moment festif, mais sérieux aussi.
• faire un retour aux participants un et suivi (voir p.157).
• contenu large : pic, histoire, culture, art. Présentations des projets et assoc existants via des stands ou autre.
• Ne pas se précipiter pour éviter de faire un four. Il s’agit de frapper fort.

5) Refonder le groupe de pilotage et lancer des commissions thématiques

C’est le moment de refonder le groupe pilote avec de nouveaux entrants ; à ce stade, il devrait y avoir assez de monde pour lancer des commissions par thème (ex : alimentation, énergie, éducation, transports, économie, psychologie du changement, etc.)
• lancer chaque commission par un événement susceptible d’attirer du monde.
• chaque commission a un bureau et, si possible, un représentant dans le groupe de pilotage.
• attirer des personnes nouvelles, notamment des personnes compétentes ou des professionnels, bien sûr aussi les citoyens.
• créer une vision sur le thème concerné.
• former les animateurs du groupe et des commissions.
• quand ils existent, s’appuyer sur les assoc ou projets existants plutôt que créer une commission.

6) Utiliser la technique des « forums ouverts » (open spaces)

Ce sont des réunions sans ordre du jour, ni animateur, ni notes, autour d’un thème générique (ex : alimentation, santé, etc.). Comme dit l’auteur : « en théorie, ça ne devrait pas marcher, et pourtant ça marche. »
Il est utile d’inviter aussi des personnes compétentes ou qui comptent dans le territoire.

7) Créer des réalisations visibles et concrètes

C’est une étape à atteindre assez rapidement afin de montrer que l’initiative n’est pas du bla bla et afin de faire de la prédagogie par l’exemple. S’appuyer sur des réalisations existantes est un plus.
C’est aussi un moyen de souder le groupe et d’entretenir la motivation, de communiquer et de faire parler de la transition.

Il est préférable de ne pas se lancer dans des projets trop ambitieux au départ qui anticiperaient trop fortement sur le plan de descente énergétique (risque d’incohérence à l’arrivée) [cela dépend du type de projet]

8) Initier la grande requalification

L’idée fondamentale est que nos qualifications actuelles ne correspondront plus aux besoins et que nous manquons de celles qui deveindront nécessaire : proposer une requalification est un point majeur d’une l’initiative de transition [mais il y a là aussi un risque d’anticipation erronée sur les besoins].
• quelles compétences acquérir ? Une enquête préalable est nécessaire.
• créer des événements et proposer des formations sur des compétences basiques ou pointues (des idées p.170).

[ c’est un point délicat : on risque d’avancer dans le brouillard. est au groupe de transition d’organiser des formations ?]

9) Créer des liens avec les autorités locales

• Le plus tôt possible
• connaître leurs actions, leurs documents, leurs projets.
• exemple de Totnes, qui a une commission de liaison avec les élus.

10) Honorer les anciens

Les anciens peuvent nous transmettre leur expérience d’un monde avec moins de pétrole. Il ne s’agit pas d’idéaliser le passé ou de revenir en arrière (la réalité a changé depuis, il existe aussi des possibilités nouvelles), mais d’y puiser des idées et de l’optimisme, de constater que vivre avec moins d’énergie n’est pas forcément un mal en soi.

11) Laisser les choses suivre leur cours

La fonction de l’initiative est de catalyser et de faciliter l’émergence d’un monde dont nous ne savons encore rien, sous le signe d’une forte incertitude sur ce qui se passera réellement. Il ne s’agit pas de planifier et de s’enfermer dans un scénario trop précis que la réalité risquerait de démentir rapidement.

12) Elaborer un plan d’action de descente énergétique (voir schéma p.219)

Le seul qui existe est celui de Kinsale, il s’agissait d’un projet pour les étudiants. Aucun des groupes de transition existants n’est encore parvenu à ce stade.

Le but n’est pas d’élaborer une sorte de schéma directeur parallèle, mais un guide et une invitation à l’action, de montrer que la transition est réaliste. Une présentation agréable et conviviale est nécessaire.

Un plan de descente énergétique contient la vision du territoire et décrit les étapes de la transition :

1. un état des lieux de la dépendance énergétique locale, notamment aux carburants fossiles.
2. étudier les schémas directeurs, plans et statistiques locales ; décider s’il sont suffisamment pertinents pour en tenir compte.
3. élaborer la vision : se projeter dans 20 ans, dans une vie avec beaucoup moins d’émissions de CO2 et d’énergie fossile.
4. détailler la vision dans les différentes commissions thématiques.
5. établir un « rétroplanning » : quelles conditions, moyens et étapes pour réaliser la transition. Trie ce qui est réaliste et ce qui ne l’est pas. Etre précis. Pour cela, utiliser les indicateurs de résilience, qui sont :
– l’empreinte écologique du territoire
– ses émissions de CO2
– le % d’aliments produits localement
– l’engagement des collectivités locales
– l’évolution du trafic local
– le % d’entreprises appartenant à des locaux
– la diffusion de la monnaie locale (si elle existe)
– le % d’habitants travaillant localement
– le % de produits essentiels produits localement ou à proximité
– le % de matériaux de construction et d’énergie produits localement
– le % de mécicaments produits à proximité
– etc. (on peut en rajouter)
6. produire et publier des histoire du futur pour diffuser le vision

7. fusionner les rétroplannings des commissions et en assurer la cohérence

8. rédiger un avant-projet contenant l’état des lieux, la vision, les étapes et des histoires, à relire par les commissions, des élus et autres.

9. rédaction finale intégrant les retours de la relecture.

10. Célébrer par une manifestation publique.

Au-delà des 12 étapes
L’étape 12 marque vraiment le début de la transition : c’est maintenant que les choses sérieuses commence.
Aucune group existant n’étant encore parvenu à ce stade, il n’y a pas de retour d’expérience pour en parler.

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