Category: Facilitation



Avant la rencontre : se mettre en résonance et cohérence avec l’intention positive en devenir à partir d’une question très profonde et inspirante collectivement. Le choix questionnant de cette intention est fondamentale pour chacun.

6 principes pour éveiller l’intention communeacteur clés

  1. avoir constitué un groupe noyau  (mise en place de la cognition collective et acteurs de changement, etc..)
  2. avoir pris conscience où le groupe en est actuellement (quelle ressource possible, quels obstacles lever, quelles stratégies éventuelles, quels outils utiliser, etc…)
  3. avoir initié un questionnement réflexif positif au sujet de l’intention initiale et vérifier la demande en profondeur (initier une attente positive et énergiser, se gonfler de réussites et de valeurs incarnées, amender l’intention initiale, etc..)
  4. avoir pratiqué quelques exercices individuels de connexion au groupe afin de se préparer au collectif dans sa profondeur (préparer les signaux faibles inconscients de réussite, bienveillance, empathie, volonté, envie de co-créer, etc..)
  5. avoir laissé venir vers soi ce que m’apporte le futur (percevoir par sa propre sensation profonde le nouveau et champ des possibles, etc..)
  6. avoir senti le niveau d’engagement et de passion (sentir l’envie en vérifiant le fort niveau d’échanges, la production de connaissances et le travail avant la rencontre, etc..)

8 façons de tenir compte des acteurs clés.

  1. Avoir vraiment l’intention de servir l’évolution du tout.
  2. Ouvrir son esprit sans aucun jugement et faire confiance à l’intelligence émotionnelle et relationnelle en vous reliant aux autres et à l’intention commune puis écouter en accueillant le tout.
  3. Reliez son esprit aux autres et établissez un lien au plus haut potentiel de tous en chacun et au groupe.
  4. Invitez des « parrains » et « décideurs clés » ayant une forte intention personnelle pour explorer la mise en œuvre de l’idée.
  5. Inclure des passionnés au sein du groupe noyau (des personnes qui donneraient leur âme pour que cela marche).
  6. Incluez des personnes n’ayant pas voix au chapitre, étudiants, chercheurs, experts, clients, les futurs participants.
  7. Incluez des professionnels du changement pour construire une équipe et une infrastructure d’accompagnement (coachs, consultants).
  8. Formalisez le lieu, la date et le contexte pour rassembler une constellation qui va co-inspirer le chemin à prendre et l’opportunité à saisir


Tous ces rôles et fonctions  se retrouvent plus ou moins dans les démarches d’intelligence collective. Suivant les outils technologiques utilisés et les méthodes d’émergence ses rôles peuvent s’effacer pour faire place à un niveau de conscience plus élevé. Il s’en suit un état de bienveillance et d’empathie accru qu’il devient plus difficile de détecter ces rôles. Mais à bien y regarder dans une posture de méta-communication, ces rôles  émergent avec beaucoup moins de force mais reste fondamentalement le même. Ce qui change c’est le langage et le dialogue entre les participants.

Six rôles peuvent être attribués à un ou plusieurs participant (libre traduction du nom des rôles définis par D. Ferriter):

  • Le Défricheur : Le participant cherche 20 ressources (nombre maximum) en relation avec la thématique du travail.
  • Le Contrôleur de Qualité : Le participant identifie les resosurces les plus intéressantes, parmi celles qui ont été collectées à l’étape précédente.
  • Le Connecteur : Le participant élargit le sujet des thèmes connexes, le met en contexte.
  • Le Médiateur : Le participant identifie les biais et partis-pris dans les ressources sélectionnées. Il élimine les ressources gratuitement polémiques, ou équilibre les « pour » et les « contre ».
  • L’Anthropologue: Le participant cherche dans les groupes du site de socialbookmarking utilisé, les ressources et commentaires sur les ressources utiles à son propre travail. C’est donc ce participant qui exploite le plus largement les fonctions d’évaluation et les fonctions sociales proposées par le site.
  • L’Équipe de Nettoyage : l’élève veille à la bonne indexation des ressources sur le site; il vérifier les tags (mots-clés) associés aux ressources collectées, de manière à les rendre exploitables par d’autres.

Ces rôles sont tous focalisés sur l’exploitation des ressources en ligne.

  • L’Initiateur : Le participant choisit une ressource qui permettra d’amorcer la discussion. Il souligne (grâce aux fonctions de surlignage proposées par certains sites) quelques points clés qui donneront lieu à débat.
  • Le Provocateur : Le participant pose volontairement les questions qui fâchent, soulève les points que les autres n’osent pas mentionner, pour enrichir le débat.
  • Le Conciliateur : Le participant identifie les points communs entre les parties prenantes à la discussion, rapproche les visions, apaise el débat. Il s’agit donc d’un rôle opposé au précédent, qui apaise et garantit une bonne ambiance dans le travail collectif.
  • L’Avocat du Diable : Le participant  s’assure que tous les points ont été soulevés. Il prend systématiquement le contre-pied de l’auteur d’une ressource, pour éviter de lui faire une confiance aveugle.
  • Le Récolteur: Après avoir suivi toutes les discussions, c’est lui qui synthétisera les idées et mettra en valeur les éléments de connaissance ajoutés lors de la discussion. il intervient à la fin de la discussion, mais doit l’avoir suivie entièrement pour être capable d’en faire ressortir les éléments essentiels.

Mercredi 3 février 2010 17:39 

« Comment construire et animer une communauté en ligne ? » 
Telle est la question qui m’est posée de façon récurrente depuis bientôt six mois par la plupart des entreprises pour lesquelles j’interviens.

Voici un résumé des conseils que je tente de leur transmettre lorsqu’elles m’en donne l’occasion. J’espère qu’il vous sera utile et que vous y ajouterez en commentaire vos propres conseils.

1. Objectif : Affichez l’objectif de la communauté

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Photo Creative Commons Luc Legay

Comment mobiliser les membres et futurs membres sans un objectif clairement affiché et partagé par tous ?

L’adoption de votre objectif sera d’autant plus contagieux que vous arriverez à le transformer en cri de ralliement. Slogan, mantra ou dicton gravé dans le marbre, toutes les communautés à succès ont le leur. Aussi, fixez-vous un énoncé d’objectif simple qui pourra se résumer en une phrase courte. Puis affichez systématiquement cette promesse avec le nom de la communauté.

2. Motivation : Offrez un vrai motif de participation à vos membres

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Photo Creative Commons Peter Shanks

Quels avantages concrets un membre obtiendra-t-il en adhérant à votre communauté ?

Parfois, afficher sa propre présence aux côtés d’autres membres, plus prestigieux ou simplement reconnus, suffit à motiver une adhésion. Mais aussi : retrouver ses pairs, recevoir des invitations personnelles pour participer à des événements. Afficher le badge de la communauté sur son profil ou sur son blog. Porter un tee-shirt aux couleurs du groupe. Partager ses idées ou poser des questions. Parler au nom de la communauté. Obtenir des réductions sur vos produits ou services. Les motivations sont aussi diverses et variées que les communautés elles-mêmes.

3. Animation : Le community manager doit servir l’intérêt de la communauté et non l’inverse

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Photo Creative Commons : CottonIJoe

Le rôle du community manager est celui de guide, de référent, d’arbitre ou de facilitateur.

La communauté ne doit pas servir de faire valoir au gestionnaire de la communauté, ni servir ses propres intérêts. Si tel était le cas, changez de community manager au plus vite. Ce sont toujours les contenus produits par la communauté que l’animateur devra valoriser et non les siens.

4. Ambassadeurs : Donnez à vos membres les moyens de devenir réellement vos ambassadeurs

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Photo : Foursquare

Proposez à vos membres un kit de recrutement de nouveaux membres.

Donnez-leur accès aux outils qui leur permettront de transmettre vos messages et de motiver à leur tour de nouveaux membres : méthodologie, badges, tee-shirts, wiki, FàQ, règles de fonctionnement, etc.

  • Exemple : La communauté Barcamp.

5. Identité : Soignez la présentation du profil des membres

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Photo Creative Commons Wackystuff – Jeffrey Errick

La communauté est le lieu de la connaissance des autres avant de pouvoir devenir éventuellement celui de la reconnaissance.

Ne rendez aucun champ de profil obligatoire à l’inscription mais donnez plus de visibilité à ceux qui ont un profil complet. Simplifiez et automatisez si possible l’ajout des contacts dans le profil à partir d’un carnet d’adresse existant (via des API Google, Twitter, Facebook…). Reliez toujours vers le profil de leurs auteurs les commentaires, les notations et les contenus produits par ces derniers.

  • Exemple : les profils de TechToc TV (le profil s’affiche au survol de la souris)

6. Activité : Ayez de quoi occuper les membres de la communauté et sachez valorisez les plus actifs

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Photo Creative Commons : Pascal Perriot

La reconnaissance de l’individu par le groupe est la principale motivation de participation à une communauté.

Aussi, donnez-leur l’occasion d’être actifs en leur permettant par exemple d’ajouter des favoris, de noter des articles, de republier facilement leurs liens préférés. Puis mettez en avant les membres les plus actifs de votre communauté. En prévoyant par exemple d’afficher sur le profil de l’utilisateur : nombre de productions, nombre de commentaires, membre depuis, nombre de contacts, nombre de vues du profil… Affichez régulièrement à la une du site : les membres les plus actifs, les plus commentés, les plus productifs, etc.

7. Feedback : Ecoutez, écoutez et écoutez encore votre communauté

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Photo Creative Commons : Anderson Mancini

Certains membres de votre communauté en savent plus que vous sur le sujet.

Et quelques-uns connaissent mieux que vous les besoins des autres membres. Alors écoutez-les encore et encore avant de passer à l’action. Votre plate-forme doit afficher au moins un dispositif de feedback (retour) qui permettra aux membres de proposer leurs avis, souhaits, idées, ou expérience de bugs… tout en ayant accès aux feedbacks déjà soumis. Un des rôles les plus stratégiques du community manager est de communiquer aux membres toutes les actions engagées à la suite des souhaits exprimés par la communauté.

8. Règles : Affichez les règles de fonctionnement de la communauté

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Photo Creative Commons : Sean Dreilinger

Charte éditoriale, charte éthique et déontologique, règles de bonne conduite, conditions d’adhésion au groupe, conditions d’utilisation des données personnelles, conditions d’utilisation des contenus produits par les membres…

Autant de règles qui doivent être précisées et rendues accessibles. Attention ! si vous souhaitez que les règles de la communauté soient lues, ne faites pas rédiger ces pages par un service juridique. Ces règles doivent-être courtes, simples et sans ambiguïté. Quelques points doivent suffire.

Le détail des règles peut être proposé en lien dans d’autres pages. Si les membres de la communauté ne sont pas capables d’énoncer de mémoire ces règles aux futurs membres, c’est qu’elles sont certainement trop complexes pour être applicables. C’est aussi au Community manager de rappeler en permanence les règles de la communauté aux participants.

9. Vraie vie : Favorisez les connexions dans la vraie vie

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Photo Creative Commons : Jeremy Blanchard

Une communauté vivante est une communauté qui partage des moments dans la vie réelle.

Proposez régulièrement à vos membres des moments de rencontres physiques qui favoriseront la cohésion du groupe. Incitez aussi vos membres à prendre des initiatives et à organiser eux-mêmes des rencontres avec d’autres membres en mettant à leur disposition les outils nécessaires (agenda partagé, page « créer un événement », etc.).

10. Croissance : Commencez petit mais prévoyez grand

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Photo Creative Commons : Brian Auer

Votre petite communauté est promise au développement si son modèle est reproductible à l’identique dans une grande communauté.

Une communauté fonctionne comme un organisme vivant. Si la croissance de la communauté nécessite des ressources (en temps, en coût, en énergie…) qui croissent plus vite que la communauté elle-même, alors le modèle est condamné. C’est pourquoi votre modèle de fonctionnement doit intégrer, dès sa conception, son modèle de développement.

  • Exemple : En passant de 40 contributeurs en 2001 à 700 000 en 2009, le modèle de fonctionnement de Wikipedia est un modèleextensible.

A lire aussi :

Remerciements : François Duport (Formavia) pour ses suggestions éclairées.


AOÛT 22 2011 POSTÉ DANS LES CATÉGORIES : FACILITATEURFACILITATION0

Quelles sont les différences entre un animateur de réunion et un facilitateur ? Idéalement aucune. Le facilitateur est un animateur de réunion et le garant que celle-ci soit pleinement satisfaisante pour chacun des participants.

Pour arriver à cette fin, le facilitateur doit assumer plusieurs responsabilités, dont en voici un aperçu non exhaustif.

En amont de la réunion :

  • Clarifier la finalité et l’objectif de la réunion.
  • S’assurer que l’objectif à atteindre a du sens pour les participants visés et est motivant.
  • Collecter toute l’information nécessaire pour bien comprendre le contexte et la motivation de cette rencontre.
  • Déceler les freins possibles à l’atteinte de l’objectif. De cours entretiens préparatoires avec quelques participants cible s’avèrent le plus efficace.
  • S’assurer que les bons participants sont invités : ils sont tous nécessaire pour atteindre l’objectif
  • Construire les étapes de la rencontre et les outils de facilitation pour les franchir avec succès.
  • Communiquer l’agenda de la rencontre aux participants (bien en amont pour leur laisser le temps de s’y préparer).

Pendant la réunion

  • Rappeler l’agenda et l’objectif de la rencontre
  • Construire et faire respecter un climat favorable à la bonne tenue de la rencontre.
  • Stimuler le groupe : questionner et reformuler souvent
  • Utiliser des outils de facilitation qui permettent à la créativité de chacun de s’exprimer
  • Ecouter ce qui est dit et percevoir ce qui n’est pas dit et mériterait de l’être
  • Faire des synthèses régulières d’avancement
  • Créer les conditions pour que chacun s’implique dans le processus et ne reste en position d’observateur
  • Prendre en note (ou faire prendre en note) les points marquants de l’échange
  • S’assurer de l’adhésion de tous aux décisions prises
  • Rester neutre sur le contenu
  • Valider avec l’ensemble des participants le résultat obtenu
  • Valider les étapes du suivi

En aval de la réunion

  • Assurer le maintien et le bon déroulement des étapes du suivi décidées
  • Penser et agir dans l’intention de rendre le groupe autonome

Certaines de ces responsabilités sont peu habituelles et difficiles à assurer lorsque nous sommes dans le feu de l’action et immergé dans le contenu. Pourtant, l’expérience montre que ces compétences acquises font gagner du temps et le plus souvent contribuent à développer la confiance entre les partenaires, le ciment de l’efficacité collaborative.


SEPT 9 2011 POSTÉ DANS LES CATÉGORIES : FACILITATIONFORUM OUVERTTHÉORIE2

Souvent on me demande si je ne suis pas fatigué à la fin de mes animations. La réponse semblant étonnante pour certains est non. Bien au contraire, je me sens le plus souvent en pleine forme complètement doper par le groupe, sa dynamique et son élan. Sans doute vous aussi avez-vous observé cela.

Comment expliquer cet afflux d’énergie après un travail de concentration intense ? Et comment expliquer aussi, pourquoi parfois l’énergie n’est-elle pas là ?

Le modèle de Caroline Durand sur la dynamique de l’intelligence collective en émergence donne une réponse tout à fait pertinente à ces questions.

Caroline a mené de nombreux entretiens pour capter le vécu individuel et collectif d’un atelier de création sur le thème du changement émergent et de l’intelligence collective (incluant notamment un Forum Ouvert). Et en s’appuyant sur les théories existantes d’Otto Scharmer (Théorie U), de David Bohm (le Dialogue) et de Pierre Lévy et George Por (intelligence collective), elle a formulé les étapes qui conduisent un groupe à ce stade d’énergie rayonnante.

Tout commence par l’intention source (la raison d’être de la rencontre), qui créée l’ouverture et conduit à un certain état de présence de chacune des parties impliquées. Ainsi naît un véritable dialogue, source de collaboration, qui entretenu tend à relier en profondeur les participants. Ce sont ces liens tissés qui alimentent en énergie le groupe.

La vidéo explicative ci-dessous :

le dialogue

http://vimeo.com/27834429

La complexité dans nos organisations

http://vimeo.com/27785186
Ces étapes m’ont paru absolument manifestes et indissociables. Imaginez un instant faciliter une réunion alors même que l’intention de la rencontre ne serait pas totalement claire. Imaginez faciliter un brainstorming sans laisser les participants pouvoir préalablement se présenter ou échanger entre eux. La réussite serait bien improbable. En outre, même si le franchissement de ces étapes peut être rapide, il n’en demeure pas moins qu’elles sont toutes utiles pour un résultat optimum ; l’enchaînement observé me semble là encore très pertinent.

Enfin, dernière remarque, une fois arrivé en haut de la spirale, il serait dangereux de vouloir reposer sur ses lauriers, car le soufflet peut retomber tout aussi vite qu’il est monté ; il s’agit d’entretenir la dynamique en continu. Tout un savoir faire en perspective …

Attendons maintenant la publication des travaux de notre cousine québécoise pour mieux comprendre les conditions de réussite du passage de chacune de ces étapes et mieux cerner les moyens d’entretenir la dynamique.

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