Category: Théorie de la psyché



But : Entrée dans la présence et l’émergence collective, sentir le basculement psychique et s’ouvrir à la cognition collective.

  1. Comment sentir dans son corps l’instant où le tout bascule, ou le collectif s’harmonise et se mets en cohérence ?
  2. Qu’est ce qui empêche la connexion de s’établir et pour quelle raison, l’écoute est un moteur puissant de détection des architectures invisibles qui nous gouvernent ?
  3. Quelle est cette sensation d’enveloppe qui nous protège lors des pratiques, générant ainsi une immense confiance en soi et au soi collectif ?

Ceci ne peut se faire que dans la mesure d’une préparation dont nous avons entrevue les 4 principes de bases sur la capacité à voir l’ensemble ( les-4-principes-pour-developper-la-capacite-a-voir-lensemble.)

1 Lâcher prise et accueillir :éclosion

Ici tout ce qui n’est pas essentiel doit être abandonné. Le principe en est fort simple. A partir d’une intention commune laisser venir l’inattendu, laisser vous surprendre, accueillez le nouveau, l’incompréhensible et laisser diffuser en vous sans jugement. Le moment où vous acceptez de suspendre votre mode opératoire habituel, votre esprit s’ouvre à une autre dimension, c’est à ce moment-là qu’un basculement s’opère. Il y a une sorte de membrane à traverser.

Osez imaginer qu’il n’y a plus rien de l’autre côté que l’essentiel, tout ce qui vous inspire individuellement et collectivement sans aucune projection dans le passé et le futur. Lâcher la pression sociale et professionnelle et laissez-vous porter par le courant ambiant de surprises en surprises.

Amusez-vous, soyez joyeux, profitez de ce moment ouvert sur vous-mêmes.  Ayez le courage de mourir à vous-même et de s’en remettre à la situation telle qu’elle vous apparait.

S’en remettre aux choses consiste à être en ouverture. Lorsqu’une question importante ou intention commence à vous habiter et  à se matérialiser en vous et autour de vous, accordez-vous plus d’attention,  abandonnez-vous à elle et remettez-en à elle en laissant faire.

PS : En général avant le basculement vous vous sentez de plus en plus aligné(e)  comme cohérent(e), tout se clarifie à un haut potentiel d’énergie. Votre esprit se concentre et se détend,  semble comme s’élargit et vous sentez votre pensée connectée à votre profondeur et en même temps au centre de ce qui se déroule devant vous comme quelque chose de relié au tout. Le niveau de confiance au groupe s’agrandit.

2 Un regard systémique

Au fond, la systémique est de mettre ce qui est dehors dedans et ce qui est dedans dehors. Comme si nous commencions à regarder du dehors ce qui se passe en soi en laissant de côté ce qui est superficiel et en ne laissant ce qui est essentiel avec un regard sous un autre angle. Traverser la membrane est de cet ordre-là !

Le fait de cette posture vous fait entrer dans une présence qui semble ne pas être soi et ni les personnes présentes. Ce basculement de champ apparait souvent après un silence collectif profond comme une interruption du continuum temps, c’est très remarquable comme passage ou tout devient différent. Nous nous regardons comme pour la première fois avec interrogation en se demandant ce qui se passe de particulier dans ce silence. De ce point de passage  émerge une créativité collective ou la vélocité de l’esprit collectif s’emballe comme si chaque cerveau était connecté les uns aux autres. Les questions commencent à fuser et se propager à l’ensemble du groupe par une force inconnue qui vient de ma conviction et ma créativité profonde que ce que nous faisons est juste. Je me sens d’un coup plus connecté, plus fluide, agile et plus intelligent. Tout coule de source et se sentant plus moi-même.

3 La connexion au moi authentique

La caractéristique du  passage d’une écoute empathique à l’écoute à partir de sa propre source d’inspiration en lien au flux émergent ambiant nous fait sentir plus grand, plus vivant, plus vivifiant, énergique. La fatigue due à la résistance aux changements  disparait pour laisser place à une connexion aux ressources intimes de chacun, de sa propre intelligence ouverte à l’intelligence situationnelle disponible aux êtres et aux systèmes.

Cette dimension de liberté fait sentir à chacun de nous cette attirance  à une forme nouvelle d’ouverture et de possible, qui donne cette drôle d’impression d’être relié à un autre type de moi plus authentique et essentiel. Ce passage du moi social au moi profond qui nous anime est souvent vécu comme une naissance, un avènement et l’entrée dans la vie d’un nouveau moi plus essentiel et authentique qui nous relie à ce que nous sommes réellement. En fond  nous rentrons chez nous, un endroit que nous avons quitté depuis bien longtemps : notre présence.

4 Création d’un espace inspirant

  1. Comment créer cet espace inspirant, poreux, diffusant et qui nous maintien ensemble ?
  2. Comment sentir ce cercle et ce halot autour de nous  qui donne une note très particulière à la relation au groupe et à l’individu ?
  3. Comment prend forme un nouveau type de relation entre le moi individuel (moi authentique) et le moi collectif (moi social authentique) ?
  4. Comment utiliser et potentialiser la présence et la puissance de certains lieux pour accéder à la dimension authentique du moi individuel ?

La nature peut nous enseigner et nous ouvrir l’accès à des espaces plus profonds.

Apprendre le basculement sur soi pour les autres. Trois conditions permettent la recherche de ce type d’espace physique ou ambiance:

  1. Attitude de témoin inconditionnel ou de non-jugement.
  2. Amour inconditionnel.
  3. Attention au moi essentiel.

Modèle de mise en place d’une cognition collectiveRecevoir

Dès qu’un groupe fonctionne à partir du tout authentique, il se fonde un esprit collectif intuitif  et ouvre des modes de perceptions plus subtils. Lorsque l’on cultive ces modes de perception, l’imagination devient un organe de perception développé et sensible.

S’immerger dans l’expérience  sensorielle, rediriger l’attention et activer ses facultés cognitives profondes et subtiles sont les lois du recevoir. Dès qu’un groupe fonctionne à partir de cet espace, ses membres peuvent percevoir leur relation au système et la façon dont ils produisent collectivement ledit système. Le système cesse d’être une chose extérieure (ce qu’ils nous font) pour devenir intérieur (ce que nous, nous faisons).

Avant d’intervenir, il est souhaitable de s’exercer  à métaphoriser les relations aux autres suivant l’intention initiale ou une question inspirante pour émettre des signaux faibles non conscients d’une grande qualité relationnelle (voir exercice cerveau limbique et cerveau reptilien).

1 – Charger l’esprit d’équipe et l’espace du noyau fort

La première préoccupation est de « charger positivement» l’espace dans lequel nous allons travailler. L’investigation appréciative peut être un outil utile pour aider à créer une ambiance de travail.

  1. Avant la rencontre : Focaliser l’attention sur le sujet de la rencontre.
  2. L’espace physique : se débarrasser du désordre, vider le lieu.
  3. L’espace-temps : créer une ligne du temps énergétique, descendre le U et remonter la courbe naturellement.
  4. L’espace relationnel : créer qq exercices de mise en relation sur les talents et réussites.
  5. Etablir une relation personnelle avec chaque participant avant la réunion (réseaux sociaux, coup de fil).
  6. Clarifier les rôles (qui font quoi, facilitateur, méta coach, gardien du temps, etc..)
  7. Définir le processus. (possibilité d’utiliser le mode de communication en 4 temps reproduire, débat, dialogue, émergence)
  8. Mettre en place les infrastructures (repas, etc..)
  9. L’espace d’intention : entretenir dans le noyau du groupe un objectif clair et qualitatif.

2 S’immerger dans le vécu

Le facilitateur doit empêcher les gens d’entrer dans le mode du débat et du reproduire. Il doit tenter d’emmener le groupe vers une observation neutre et concentrée qui lui permettra de s’ouvrir et de se connecter aux points de vue des uns et des autres.  Cela s’observe quand le groupe commence à poser des questions ouvertes. Cela implique au groupe de s’immerger totalement dans la profondeur et la diversité du champ et d’épouser la présence vivante du phénomène. C’est-à-dire de devenir un avec la question étudiée.

  1. Partage du vécu positif et bilan approfondie de sa vie actuelle.
  2. Ecouter les histoires personnelles.

3 – Rediriger l’attention de soi vers l’autre

Dans ce champ d’attention, l’intention, le corps et l’esprit s’unissent. Le groupe prend conscience que la perception se fait à partir du champ dans sa globalité et non à partir d’un outil de perception séparé. Le facilitateur accompagne la migration de l’attention vers les objets vers le champ où se forment les objets, la « source ». A mesure que l’écoute s’approfondit, nous commençons à prêter attention aux espaces entre chaque point de vue.

  1. Pratiquer l’écoute et le dialogue profonds
  2. Ecouter le silence.

4 – S’ouvrir au sensible et Ouvrir le cœur

Ouvrir le cœur signifie accéder aux couches profondes de notre perception émotionnelle, les activer et accéder à notre faculté à apprécier et à aimer.

Lorsque les histoires personnelles cessent d’interférer, alors les possibilités s’ouvrent davantage. Une fois que l’on franchit ce seuil, il y a une richesse, une capacité d’écoute collective qui inspire l’humilité et la modestie.


Complexité de l’intelligence collective

IC

L’intelligence collective est d’une grande complexité et incertitude dont personnes n’imaginent un instant le comment sa mise en place est possible. C’est une véritable

ingénierie sociale et opératoire de longue haleine dans un but de transformer la psyché groupale et donc la culture d’un groupe, équipe, organisation. Elle part du principe que le changement se fait à partir de la demande autonome et responsable des individus (éthique et déontologie).
Mobiliser l’IC met en place une sorte de contagion dont l’objectif est la transformation totale et durable d’une organisation pour le bien-être de tous. Chaque organisation doit inventer par elle-même sa propre façon de faire et prendre conscience collectivement d’où elle vient et où elle va. C’est à partir de cette prise de conscience que le désir collectif et la création d’une tension créative mobiliseront les ressources et lèveront les obstacles. L’ensemble des stratégies de l’organisation émergeront et convergeront vers une vision commune.

A partir de cette étape, la totalité des talents et des valeurs pourront incarner le changement dans un grand plan d’actions impliquant et construit par tous. Le bien-être de la cohésion sociale et les contraintes collaboratives de la cohésion opératoire seront acceptés comme moyen et moteur de réussite vers une performance consciente de son environnement.

Nous vivons les prémices du chaos de la transformation. Toute notre société est entrain sans savoir de s’auto réorganiser.

Alors, oui c’est hypercomplexe car cela demande une hyperconscience du changement en cours. Et ça ce n’est pas facile de prendre conscience de choses qui nous restent aveugles pour le moment.

L’intelligence collective une affaire avec soi

Ainsi, l’intelligence collective a, ça de bien, c’est quelle révèle la véritable nature de chacun, l’authenticité et les valeurs que nous incarnons. Les tricheurs sont dévoilés et ne peuvent résister à cette force créative, libre et collective. L’intelligence commune nous connecte à notre profondeur et à cet espace des possibles, lieu où toute Co-création naît.

Avec le rétablissement de la relation à l’autre, face au vaste champ de complexité et d’incertitude de la réalité nous pouvons collectivement: oser nous aventurer vers le changement, oser trébucher pour apprendre car nous sentons un soutien, oser incarner un rôle que l’on aime, oser exprimer ses idées, oser partager et échanger sans être jugé, oser, oser,…. oser sans la peur d’être sanctionné par une hiérarchie. S’adapter c’est chercher de nouvelles voies, s’aventurer avec curiosité vers des choses qui peut sembler impossibles, créer du neuf et du nouveau.

Il est vrai de considérer la confiance en  soi comme une affaire personnelle, un trait psychologique forgé dans l’enfance. Mais ce trait ne joue pas seul, car la confiance en soi est aussi une affaire de relation avec autrui, de champ social et culturel dans lequel nous voyageons et de reconnaissance sociale. la confiance dans le nous puise et entretient une espèce d’harmonie, de consensus, de résonance et de partage de poursuite des enjeux et objectifs de groupe.

Cette confiance est faite de respect mutuel, de talents révélés, de répartition des rôles de chacun et des tâches vers un objectif commun. Un groupe n’est jamais aussi fort et soudé que lorsqu’il se sent attaqué. Il arrive qu’il se transcende dans une solidarité exceptionnelle du début à la fin d’un challenge avec une sensation d’invincibilité innée. Dans ces moments particuliers c’est le groupe qui s’organise de lui-même et c’est la volonté du groupe qui joue, au lieu d’un leader qui tire le groupe.

Cette volonté porte à se dépasser et à côtoyer d’autres frontières  et limites, juste qu’au bord d’une zone au delà des émotions, du ressenti individuel et qui permet d’atteindre une sérénité dites des « Dieux ». Une sorte d’état de grâce accompagné d’une incroyable sensation d’agilité et d’un état exceptionnel de conscience collective et individuelle.

Ceux qui se sentent investis dans la tâches et leurs talents le font sans dommage, alors que ceux qui sont investis dans l’ego risquent de se brûler les ailes et d’être rejeter du groupe. C’est pour cette raison qu’une chaîne de commandement basée sur l’ego et non la tâche ne peut en aucun cas atteindre cette zone de transformation, de confiance et de cohésion d’ou  émerge cette intelligence cohésive, solidaire et d’invincibilité sereine.

La marque principale des groupes performants et solidaires tient à la confiance qu’ils ont en eux et dans le nous, à l’estime de soi sans faille. Le groupe est là pour gagner, les participants le savent et rien ne peut ébranler cette croyance forgée dans leur enfance et confirmée par les réussites passées.

L’art de prendre conscience du collectif (de l’importance d’un coach collectif)

L’art de savoir  prendre conscience des intuitions collectives et de les décrire est une des qualités importantes du coach en intelligence collective. Nous avons tous ce savoir en nous, il suffit de le développer.

Elle fait appel à un état de conscience élargi qui accueille la totalité du champ d’informations en soi sans aucun filtre lié aux croyances, sans volonté aucune et sans jugements. Elle s’obtient souvent à partir d’une intention de non agir au travers d’une posture basse, impersonnelle, généreuse et de silence, dites de métacommunication emphatique et bienveillante. Cette posture ressemble à une posture de sage.

C’est un peu comme écouter la musique du chant collectif en soi, y voir des symboles émergents communs ou ressentir le champ social créé suivant une intention pour la circonstance. Avec un état de réceptivité suffisant il est donc possible de lire la cognition collective, de la transformer en informations et de la communiquer sous forme de question.  Cette question favorise ainsi les éveils et prises de conscience, les intuitions fulgurantes, donne accès aux zones aveugles de notre psyché collective en toute autonomie. Chacun y faisant le voyage mental qu’il souhaite en toute liberté au sein d’une zone de confiance ainsi créée. C’est dans cette zone de la conscience collective que les co-créations se réalisent grâce à la mobilisation de l’IC.

Ce pouvoir d’écoute et d’influence collective sans une clarté d’intention collective peut vite tomber dans le champ de la manipulation si une éthique et déontologie stricte n’est pas respecter.

Débloquer nos organisations grâce à l’intelligence collective

Le monde d’aujourd’hui requière un mode supérieur d’intelligence collective. Les technologies se développent, nous rendent dépendant et peuvent réduire notre capacité à réagir collectivement. La taille des projets augmentent et leur complexité,  la vitesse est devenue l’enjeu même des transformations, l’incertitude de l’environnement  remet en question de façon permanente nos organisations, nous sommes donc soumis à une nouvelle dictature, celle de l’agilité, souplesse et fluidité. Alors même que les acteurs ressentent de moins en moins l’urgence de changer, veulent leur confort, refusent le risque, parlent de leur droit et sont inquiets quand on évoque le devoir.

Nos organisations sont bloquées dans leurs évolutions par la hiérarchie et le vieux paradigme de la décision et du pouvoir pyramidale. La structure place les gens dans des cases organisées de façon verticales, étanches pour éviter les contagions et pour manipuler plus facilement. Pour retrouver de l’agilité, il est utile de casser ce vieux paradigme de la décision en développant des dynamiques transversales en mode projet autonome hors contrôle de la chaîne de commandement.

Les architectures collaboratives des organisations proposent de changer de paradigme et d’adopter celui de l’intelligence collective. Intelligence collective désignant cette capacité des organismes à s’adapter aux évolutions de leur environnement dans un but de maximiser leurs chances de survie.

Le comportement collectif s’organise en même temps que se développe une vision collective partagée de la situation et donc de ce qu’il faut faire. Or cette vision collective structure l’architecture de l’organisation par les nouvelles règles communautaires qu’elles adoptent pour son nouveau fonctionnement. Ce ne sont plus les acteurs qui gouvernent les organisations, ce sont les organisations qui gouvernent le comportement des acteurs.

Le mode naturel de la collaboration en milieu incertain n’est pas de la manipulation d’un groupe par un acteur, ce mode est l’essence même de l’intelligence de l’organisation. C’est une activité coordonnée de plusieurs acteurs pour réaliser une œuvre commune. Une collaboration peut être plus ou moins intelligente en fonction des acteurs partageants ou non les mêmes stratégies de survie collective. En somme collaborer c’est partager un modèle du but que l’on poursuit en commun.

Les architectures collaboratives des organisations sous-tend une idéologie, c’est à dire une logique d’actions: celle de la collaboration et non une logique de direction et de décision, c’est à dire une vision centrée sur les dirigeants issue du paradigme révolu de décision.

Quand une idée suppose un changement dans l’architecture de l’organisation, elle suscite évidemment force négociations, discussions, voire polémique dans les équipes. L’idée passe par différente phase de maturité qui vont petit à petit la transformer, l’améliorer, voir la tuer. Une fois qu’elle aura passé tous ces stades, elle entrera à son tour dans la culture collective.

Si nous voulons accélérer l’adoption d’une idée, nous devons donc mobiliser l’intelligence collective et ne pas faire à la place. Il  ne viendrait pas à l’idée d’aucun entraîneur d’équipe de foot de prendre la place d’un joueur pendant une partie. Pourtant le coach a un rôle essentiel dans la réussite de son équipe. Le leader doit se placer dans une posture de coach qui doit faire réussir son équipe en la prenant comme elle est, et en l’amenant là où elle rêve d’aller. Réussir un projet complexe consiste à faire réussir les autres.

L’organisation adoptera rapidement l’idée si elle se persuade qu’elle contribue à l’atteinte de son but, au but que ses membres partagent: la survie collective. L’enjeu du leader n’est pas d’insister sur sa propre idée, mais d’agir sur les mécanismes qui vont booster l’intelligence de l’organisation pour qu’elle s’adapte et l’adopte.

L’intelligence collective d’une organisation, sa capacité à adopter les bonnes idées qui vont lui permettre de se développer plus vite que les autres, est le résultat de son niveau de technologie organisationnelle. Il faut une spécialisation des rôles, une allocation des richesses et talents, des règles collectives qui favorisent à la fois l’apprentissage et l’innovation. Nous ne pouvons pas diriger l’organisation, elle se dirige toute seule, elle s’auto-organise, ou plutôt s’auto-réorganisé.

Si l’on arrive à mobiliser les acteurs sur une idée, alors l’accélération de la diffusion de cette idée peut être phénoménale. Toute l’énergie que les acteurs auraient mise pour lutter et freiner à l’éclosion de l’idée est utilisée pour la faire réussir.

Comment développer une architecture collaborative au sein d’une organisation donnée ?

1er étape:
Changer de point de vue sur les idées et ce qui les fait réussir. Regarder différemment la situation en adoptant le paradigme de l’intelligence collective. Acceptation de règles d’échanges mode IC.

2ème étape:
Travailler sur soi et adopter une stratégie qui cherche à utiliser l’énergie propre de l’organisation plutôt que vouloir la soumettre. Adapter la stratégie de transformation à la nature intelligente de l’organisation actuelle et future.

3ème étape:
Travailler son idée pour qu’elle puisse s’imposer comme but collectif désirable. Faire de son idée collective un objet de désir collectif.

4ème étape:
Agir intelligemment, engager les acteurs dans la quête de ce but et entretenir la controverse pour qu’elle aille le plus vite et le plus profondément possible. L’idée n’est ni de contraindre, ni d’argumenter, c’est de conscientiser par la mise en action. Donc accélérer la transformation par la stimulation de l’intelligence collective.


Comment réussir à mener deux types de cohésion pour réussir en mobilisation de l’intelligence collective ? cerveau social

Comment construire la cohésion sociale d’un groupe vecteur d’intelligence collective globale et comment construire la cohésion opérationnelle d’un groupe fondateur d’intelligence collective.

Il y a 1001 façons d’aborder l’intelligence collective.  Partagée, l’intelligence collective globale est une aptitude cohésive à acquérir d’une grande complexité. Elle ne se décrète pas, elle se construit en soi et autour de soi dans toute la sphère de notre culture et de notre organisation. Sa mise en œuvre n’est pas facile, souvent intuitive, et demande un vrai travail d’orfèvre, d’ingénierie et d’architecture dans son accompagnement. Pour la mette en oeuvre nombreux dirigeants font appel à un grand nombre de consultants, d’experts, de coachs, dans de nombreux domaines spécialisés des rouages de l’organisation.

Il semble impossible de mobiliser l’intelligence collective à partir d’un seul outil, d’une seule méthode ou d’un seul principe sans une approche globale et durable des process favorisants son épanouissement . Ce serait avoir une vision très parcellaire de l’intelligence collective, voire handicapante.  Installer l’intelligence collective globale dans une organisation dépend d’un part du dirigeant, de l’état de santé de l’organisation, de l’objectif à atteindre, des apprentissages à mettre en oeuvre. Parfois, c’est un long travail tant les résistances collectives aux changements sont fortes.

L’intelligence collective est bien plus que ce que nous pensons vraiment à l’échelle d’un individu ou d’un collectif. Elle n’est pas que l’intelligence collaborative, cohésive, adventive, économique, stratégique, académique, apprenante, artistique, charismatique, communicative, compétitive, conceptuelle, créative, coopérative, constructive, distribuée, augmentée, éducative, empathique, éthique, imaginative, innovatrice, gouvernante, informationnelle, interculturelle, intégrative, générative, multiples, opportunistes, participative, pragmatique, proactive, prospective, productive, psychologique, relationnelle, ou sociale, etc.. L’intelligence collective globale est tout cela à la fois.

En prendre conscience est déjà le premier pas vers l’humilité et la sagesse de comprendre, qu’elle est partout, dans tous les rouages de nos organisations, sous différentes formes.

Les questions qui se posent à sa mise en place sont :

  • Qu’est ce qui relie toutes ses formes d’intelligence, quel est son ADN, les invariants de l’intelligence collective globale ?
  • Comment modifiés nos états de conscience pour mobiliser toutes ces intelligences ?
  • Notre conscience a-t-elle un impact majeur sur l’intelligence collective et sa mobilisation ?
  • Qu’est ce qui nous manque pour aborder tous ces formes d’intelligence en même temps ?
  • Quelles sont les étapes et stratégies à mettre en œuvre, en s’appuyant sur quelles ressources et en repoussant quelques frontières ?

Cette article n’abordera pas toutes les facettes de l’intelligence collective mais deux approches importantes pour initier sa mise en route avec le plus de facilité possible. Elle n’est pas la seule voie pour l’aborder mais mon expérience prouve que construire à partir de la cohésion, le succès est plus facilement au rendez-vous.

De l’importance de la cohésion….neurones

L’Intelligence est une capacité à interagir et aménager les objets de la réalité extérieure avec succès, en relation avec les autres, et plus particulièrement pour faire face aux défis ou aux changements d’adaptation imposés par l’environnement. Partagée, elle émerge des liens entre les individus, en lien avec le monde et au sein du champ social et culturel dans lequel nous nous déployons. Elle favorise la collaboration et la communication entre individus dans les groupes, les réseaux et autres systèmes collectifs.

C’est un processus entre individu travaillant de façon coopérative à partir de leurs talents pour atteindre un objectif commun. Elle favorise la progression vers de nouvelles avancées, réalise d’authentiques prises de conscience et booste l’inspiration des individus et des groupes. Elle nécessite une communication ouverte avec le plus d’efficacité et de persuasion possible, un sens partagé et une compréhension commune, une confiance réciproque en soi et au soi collectif,  une curiosité et un engagement envers quelque chose de plus important que soi-même.

En échangeant l’information de façon agile et fluide, en se complétant mutuellement de compétences et d’expériences, l’intelligence collective se réfère à la capacité des membres d’une équipe, groupe, organisation ou nation à penser et agir de façon collaborative. C’est, cette aptitude talentueuse des individus dans une équipe ou une organisation, à partager le savoir, à penser et agir sur des valeurs et sur un mode aligné et coordonné pour accéder aux compétences techniques afin de rejoindre un niveau de performance exceptionnelle.

L’intelligence collective concerne essentiellement l’adaptation, la remise en cause, la découverte, la création, l’enrichissement, le renforcement et l’élaboration de ressources dans le but de créer quelque chose de complètement nouveau.  Les individus sont capables d’utiliser au mieux leurs aptitudes et talents et de découvrir et appliquer des ressources qu’ils ne savent pas encore pouvoir posséder. Elle implique donc des personnes travaillant ensemble avec cohésion et synergie pour créer ou générer quelque chose de neuf, de surprenant et au-delà des capacités de n’importe quel membre du groupe pris individuellement.

Cette cohésion sociale  basée sur la confiance  développe le sens des futurs émergeants. Futurs restant invisibles dans notre système de croyances  personnelles . Elle développe la prédiction d’événements, bien mieux, que ne le fassent les experts pris individuellement ou collectivement. Il y a certaines idées et sentiments qui ne naissent pas, ou ne se transforment pas en actions,  sans une forte alliance et cohésion au sein d’une équipe ou d’une communauté.

La particularité la plus frappante présentée par un groupe psychologique est la suivante: quels que soient les individus qui le composent, quels que soient leurs modes de vie, leurs occupations, leurs caractères, ou leur intelligence, le fait qu’ils forment un groupe les dote d’une sorte d’esprit collectif qui peut les faire ressentir, penser, et agir d’une manière très différente de celle dont chaque individu aurait ressenti, pensé, et agi s’il avait été isolé.

Le groupe psychologique est une sorte d’être provisoire ou permanent, composé d’individus hétérogènes choisis pour leurs valeurs profondes partagées, qui pour un moment sont combinés, exactement comme les cellules constituant un corps vivant forment par leur réunion. Cet être nouveau (esprit collectif) présente des caractéristiques très différentes de celles possédées par chacune des cellules prises isolément.

Ainsi, la performance de la psyché groupale ou le résultat du groupe dans son ensemble est beaucoup plus grand qu’il n’aurait été si les individus avaient travaillé seuls.

La marque principale des groupes cohésifs, performants et solidaires tient à la confiance qu’ils ont en eux, dans le nous, et en particulier dans une estime de soi sans faille. La construction d’une psyché groupale très intimiste, configure le soi collectif à partir des histoires individuelles partagées ou vécues. Ce soi collectif forme un ensemble psychique, que rien ne peut ébranler. Bien souvent bâti sur la psyché individuelle partagée à partir des croyances forgées dans l’enfance, confirmée par les réussites passées individuelles et collectives. D’ailleurs le partage intime de leur histoire individuelle est l’un des moteurs de la confiance.

Cette confiance est faite de respect mutuel, de talents révélés, de répartition des rôles de chacun et des tâches vers un objectif commun. Un groupe n’est jamais aussi fort et soudé que lorsqu’il se sent défié. Il arrive qu’il se transcende dans une solidarité exceptionnelle du début à la fin d’un challenge avec une sensation d’invincibilité innée. Dans ces moments particuliers, c’est le groupe qui s’organise de lui-même et c’est la volonté du groupe qui joue, en lieu et place d’un leader qui tire le groupe.

Tout l’art d’un coach en intelligence collective est préparer ce moment, ouvrir les espaces, donner les autorisations, de repérer ce moment, l’amplifier et le laisser aller en toute autonomie.intelligence 1

Un groupe structuré présentant une forte cohésion, est le meilleur garant de la réussite parce qu’il peut se comparer, s’évaluer et s’opposer aux autres membres du groupe. Il trouve au-delà de l’émulation, de l’entraide et du réconfort pour endurer et durer. Le succès ne se bâtit pas que dans la durée, une équipe ne tient que si sa cohésion est forte.

La cohésion est une sorte de processus dynamique, sans cesse influencé par des forces qui tendent à raffermir les liens. Tous se construit dans le but de créer du lien entre les membres, faire vivre le projet à plusieurs  pour donner des repères et créer de l’émulation. La cohésion recherchée est de nature exclusivement sociale que l’on distingue de la cohésion opératoire.

Parce que la force de chacun se nourrit de la cohésion de l’ensemble. Il n’y a rien de plus fort que le groupe pour atténuer les blessures de l’âme. Le groupe a donc besoin d ‘une identité forte  pour réussir. Ses membres forment une véritable tribu avec ses emblèmes, ses rites, ses célébrations, ses rythmes de vie, ses règles sociales, son ou ses leaders. Le groupe se donne une d’identité, une âme, un nom pour emblème et une autonomie de fonctionnement.

Ensemble les individus sont plus riches, s’intègrent dans un groupe, ce n’est pas seulement un rassemblement mais un état d’esprit qui se construit une osmose grâce aux relations tissées pendant des années. C’est un travail de tous les jours pour constituer une équipe partageant une culture de travail, une éthique, des valeurs communes par des amis, rivaux d’un jour, partenaire un autre. Si l’un des membres ne respecte pas une valeur fondamentale commune, il doit sortir du groupe car le groupe sera en permanence pollué psychiquement par une anti-valeur qui tirera vers le bas l’ensemble du groupe. En particulier lorsque nous avons à faire à de fortes personnalités. Gérer des individualités fortes, pour créer l’émulation entre elle, il est besoin de se concentrer sur la maitrise des savoir-techniques et moins sur le climat social.

Par contre pour produire de la cohésion sociale, celle-ci se rapproche sur le système de valeur fondé sur la confiance. Cette une capacité à laisser son « égo » au vestiaire pour ne pas se substituer un dévouement extrême porté à leur cause. Partageant des objectifs communs en s’oubliant à la limite, qui ils sont, pour se mettre au service des autres.

Chaque membre voyage entre deux types de cohésion. L’un est sur la corde raide pour construire la structure et la cohésion opératoire et l’autre sur l’empathie pour amplifier le lien social et construire la cohésion sociale. Construire un climat social sur l’entraide et la coopération demande de repérer « les grands frères et les grande sœurs » qui sont plus généralement les plus anciens ou plus compétents, sans quoi, la confiance ne pourrait s’initier.

A la cohésion sociale s’ajoute donc cette fameuse  cohésion opératoire qui concerne les moyens techniques que va mettre en œuvre collectivement le groupe pour mener à bien son projet. La cohésion sociale est d’ordre affectif et fait appel à l’intelligence émotionnelle et relationnelle tandis que la cohésion opératoire est d’ordre cognitif et fait appel à l’intelligence collective et collaborative.

Ainsi l’intégration opératoire renvoie un sentiment de reconnaissance sur le fonctionnement opératoire du groupe. L’intégration sociale renvoie un sentiment en tant qu’unité sociale.

  • L’attraction individuelle opératoire est ce sentiment sur la participation à la tâche, à la productivité, aux buts et aux objectifs. Elle renseigne sur la valeur attractive du groupe, pour l’individu sur le plan opératoire.
  • L’attraction individuelle sociale précise le sentiment individuel d’un équipier à propos de sa participation personnelle, de son acceptation et de son interaction sociale au groupe. Elle informe sur la valeur attractive du groupe, pour l’individu, sur le plan social.

Ainsi la cohésion d’une équipe résulte de l’interaction d’un projet collectif porté par des membres entretenant une attraction réciproque. Il faut donc à ces équipiers un projet de vie et un projet de jeu partagé, un statut et une identification à un rôle utile pour le groupe.

La répartition des statuts et des rôles est une condition essentielle de l’efficacité opératoire. En effet la cohésion d’une équipe et son efficacité tiennent à la façon dont les statuts et les rôles sont distribués, d’une part entre les membres de l’organe de gouvernance et d’autre part entre les membres. Il importe que les statuts et rôles ne soient pas ambigus, et il faut pour cela, qu’ils soient clairement identifiés et énoncés puis acceptés par tous : rôles orientés vers les soutiens à la tâche ou rôles orientés vers les soutiens sociaux et émotionnels.

Les rôles sociaux privilégient des comportements centrés sur le soutien. La fixation des rôles étant accompagnée de la plus large concertation avec l’ensemble des membres de l’équipe. En effet plus les membres d’une équipe témoignent de l’estime, de la considération et de la reconnaissance au travers de leur communication, moins ils perçoivent d’ambiguïté dans leur rôle. Il est donc conseiller d’instaurer une communication efficace comme il est souhaitable de décrire le rôle et la manière dont un membre s’intègre dans la dynamique de l’équipe validé par un processus général.cohesion

Voici les 10 premières étapes pour valoriser la cohésion sociale et opératoire…

(il est indispensable d’accompagner ces deux processus  au même rythme sous peine de voir des flux de comportements différents dans le groupe. Aucune référence par rapport à laquelle il est possible d’évaluer ses propres activités et expériences est disqualification  L’exercice est complexe car il dépend de l’ambiance régnant dans le groupe et du niveau de confiance en soi du collectif.

    • Travail sur soi et sur le soi collectif pour développer la confiance, effacement de l’égo, impersonnalité, parler au centre, sur les idées, etc….
    • Recherche en permanence les invariants et l’ADN du groupe en mode IC, manifeste des règles IC, favorisant la cohésion sociale et opératoire, etc.
    • Nommer des « grands frères ou sœurs » facilitateurs ou les leaders du moment (ambassadeurs ou agents de changement).
    • Eveiller sa conscience par la pratique inspirante et une posture méta communication.
    • Diagnostic socio-affectif sur la préservation et la transformation. L’équipe est-elle dans l’innovation permanente ?

Cohésion opératoire

    • Développer des identifications fortes (Groupe d’évolution mutuel, couleur, symbole, etc..), partage de son histoire personnelle et intime, des rôles et expertises.
    • Mettre en place une charte (incarnées) des valeurs, éthiques, collaboratives,  talents, des rôles, règles, rites, etc….
    • S’engager mutuellement tous ensemble à  réaliser un projet. Se donner des challenges.
    • Processus de reconnaissance, de feedbacks d’inclusion et d’exclusion, etc…
    • Développer une communication agile et fluide au travers d’un support collaboratif.


Bonjour,

Je recherche des partenaires pour m’aider à écrire un manifeste sur les règles permettant la mise en route du « réacteur » permettant d’initier en conscience l’intelligence collective. C’est qq sorte le livre blanc des règles de l’IC.

Je cherche à constituer une équipe de réflexion sur les règles de l’IC. Règles permettant de formaliser les échanges au sein des groupes à partir en quelque sorte l’ADN et les invariants de la mobilisation de l’intelligence collective.

Pour cela je recherche une équipe pour Co-écrire ce manifeste en nous aidant de mes bases de données de l’IC (blog, wordpress, site) plus de 2000 articles sur l’intelligence collective. Voir également à visiter d’autres sites.

Les besoins seraient de l’ordre: recherche et détecter les règles pertinentes, les modéliser, les corriger, les expliquer, les amender, les classer, etc… Ceci sur une plateforme collaborative en ligne type Google site et minjet connect ou par mail pour les non initiés.

Je serais ravi de contribuer avec vous. Amitiés.

PS: A l’étude avec une Universite libanaise, le glossaire et le QI collectif de l’intelligence collective. Recherchons des entreprises pour tester le processus d’analyse du quotient d’intelligence collective.

Merci de faire suivre et d’y participer…

Les participants en Co-écriture seront identifiés sur le manifeste en tant que participant.

Faites le savoir autour de vous.

Passionnés d’IC….je vous attends….

Email: clement@institutific.com



Vers une cognition globale, des super-organismes,communautés, organisations.

 

Quatre formes d’état  distinguent les super organismes émergeants :

  • Le premier super-organisme serait neuro programmé. Comme notre cerveau collectif conditionné par notre culture et éducation.
  • La seconde, serait plus autonome. L’un des processus les plus typiques signant ce genre de comportement est la rétroaction, ou feedback, par lequel un système (méta-individu) est capable de moduler ses entrées pour garder un fonctionnement optimal. Nous devrions observer une multiplication des phénomènes de rétroaction.
  • La troisième, à l’autonomie s’ajoute l’intelligence collective. Cette intelligence en viendra à transcender le mode de pensée humain individuel. Ce qui émerge en ce moment.
  • La quatrième, émergera le superorganisme conscient. L’apparition d’une conscience de soi en réseau d’individus. Le Réseau se manifestera par la génération d’une représentation de lui-même : autrement dit, le réseau développera sa propre cartographie mentale, sa propre représentation et perception collective de la réalité– en temps réel, incluant, bien sûr, une représentation de ladite représentation…on inclut dans le système global des éléments déjà conscients : autrement dit, les êtres humains eux-mêmes.

Après avoir expérimenté différentes méthodes dans le but d’augmenter la conscience individuelle et collective en créant une connexion favorisant l’intelligence collective, une réflexion s’impose sur la modélisation expérimentale de la cognition collective émergeante de super-organismes composés d’un assemblage communautaire de cerveaux humains.  Tout en excluant  volontairement l’aspect systémique dans cet article, l’influence de la culture et les champs sociaux qui ont forcément une très grande influence sur la psyché groupale afin de nous concentrer davantage sur les liens entre individus favorisant des états de conscience et d’intelligence supérieures.

Lorsqu’une émergence collective surgit du néant, une sensation accompagne le groupe comme la suspension du jugement, la légèreté, la profondeur,  une forme d’incompréhensibilité du vécu accompagné de sensation de vide très réel.  La psyché groupale ainsi constituée à partir d’une intention profonde, et dans un espace de cognition d’ensemble, pose la question de l’existence d’un cerveau collectif composé d’un assemblage de cerveaux reptiliens, limbiques et néo cortex (réseau de cerveaux). En effet, dès que le bruit du mental s’estompe suivant un processus défini de  mise en lien collectif et de communication  d’informations entre individu suivant une direction prédéterminée, un état de conscience globale émerge à partir d’une sensation de vide de cognition. Une sorte de pensée a-symbolique et a-culturelle presque inconsciente et pourtant émergente de l’invisible apparaît. Un peu comme si lesschémas mentaux de tous, les croyances collectives s’associaient pour voir plus grand, entendre plus loin, être et faire quelque chose de plus vaste dans un tout plus étenduque soi à la manière d’une super-psyché d’un super organisme avec son propre système nerveux central collectif.

Les sensations collectives ressenties distinctement et individuellement surgissent dans une ambiance très spécifique de ralentissement de la cognition et de silence profond, créant un espace de conscience collective nouveau  à partir d’une sorte de vide fertile. Des méta-individus avec une intelligence et une posture particulière échangeant desinformations limitées et profondes sont capables de mettre en commun des ressources pour accomplir un objectif au-delà des capacités individuelles. De ses ressources supérieures nées un système auto-organisé, sans structure ni leadership, à l’instar des vols d’oiseaux ou des bancs de poissons.

Imaginons une multitude de groupes d’individus composée de 5 personnes (réseaux) souhaitant mettre en commun leur réflexion suivant un processus d’émergence  plus élevé en complexité, nous verrions les groupes s’auto-organiser en structure de commandement  et d’organisation. C’est ainsi que nait un méta-individu ; un individu collectif né de la fusion de ses composants (autres méta-individus), possédant sa propre conscience et son propre système nerveux en lien avec un organe supérieur.

Suivant le mode d’échange égotique ou de conscience de soi, le système identifiera au sein de ces superorganismes des forces antagonistes assurant la cohésion interne (lesgardiens de la conformité), le renouvellement (les générateurs de complexité), l’optimisation de l’affectation des ressources, etc. Ces forces peuvent être exercées par des individus, tels que les chefs, leaders ou leurs serviteurs, consciemment ou inconsciemment. Mais elles peuvent aussi résulter d’un mode et d’une dynamique propre aux échanges de messages entre individus, que ce soit au sein des bancs de poissons, des vols d’oiseaux ou des sociétés humaines. Il disposera notamment, comme le système cognitif, d’agents d’introspection (des hommes en charge de cette fonction) qui l’analyseront en permanence de l’intérieur et produiront des images du groupe mobilisant les agents sensoriels et moteurs (d’autres méta-individus) en relation avec le monde extérieur. Par ailleurs, le concept de superorganisme, nous l’avons vu, aura l’intérêt d’obliger les agents du groupe à le considérer comme un tout, au lieu de disperser leur attention sur les individus qui le constitue.

Le super organisme se trouvera au niveau des capacités d’auto-représentation collective et de génération d’états de conscience partagés (psyché collective). Les groupes humain au contraire auront un très grand nombre d’agents d’introspection indispensables à la prise de conscience de soi dans son environnement et un système nerveux central pour supporterune conscience de soi globale.. Il pourra également mémoriser, globaliser et transmettre ses états de conscience avec une très grande puissance, dans le temps et dans l’espace.


L’être humain, le méta-individu – et aussi les groupes d’êtres humains – sont en chemin vers ce stade d’évolution de la cognition collective au travers de l’éveil à l’intelligence collective.



La psychologie sociale s’intéresse, quels que soient les stimuli ou les objets, à ces événements psychologiques fondamentaux que sont les comportements, les jugements, les affects et les performances des êtres humains en tant que ces êtres humains sont membres de collectifs sociaux ou occupent des positions sociales .


Via Scoop.itCoaching de l’Intelligence et de la conscience collective
Si vous commencez à penser différemment, vous voyez les choses différemment. Et toutes vos actions commencent à changer.    Un savoir-être, à la fois, en tant que comportement de la personne qui agit pour penser le système, que du comportement du système lui-même, que du comportement à mettre en œuvre par les acteurs qui veulent mettre en œuvre ce « nouveau savoir-penser », cette nouvelle façon de se représenter un système.   Le savoir-être se situe essentiellement dans un nouveau regard porté sur les systèmes humains.
Via www.dailymotion.com


Comprendre le fonctionnement du cerveau est l’un des enjeux de la convergence des technologies à la fois parce qu’il est devenu un objet de technologie, mais également parce l’étude de son fonctionnement permet d’envisager des technologies pour dépasser ses limites. C’est ce que va essayer de nous faire comprendre Rémi Sussan dans ce dossier d’InternetActu.

Jusqu’ici, les méthodes de hacking cérébral que nous avons survolées dessinent une image morcelée et souvent incohérente du cerveau : les diverses fonctions (la mémoire, la perception, l’action, la décision, l’émotion) semblent toutes inextricablement imbriquées les unes dans les autres sans pour autant que ce réseau complexe d’interactions ne dessine une totalité compréhensible. Pourtant, ce n’est pas notre expérience quotidienne : je ne suis pas un ensemble plus ou moins emberlificoté de fonctions, « je » suis présent, et c’est cette présence qui me définit plus que l’état de ma mémoire de travail ou les produits chimiques qui circulent entre mes synapses. C’est ce que le philosophe australien David Chalmers appelle le « problème difficile » : celui qui est posé par le passage des fonctions multiples découvertes par les sciences cognitives à l’existence d’une conscience de soi capable de ressentir l’expérience. Autrement dit, pourquoi chacun d’entre nous a-t-il la sensation d’exister en tant qu’individu et n’est pas qu’une simple machine à traiter les informations ? Et que dire des activités humaines les plus importantes, tels l’art, la culture, la spiritualité ?

La religion, justement, parlons-en. On l’aime ou on la déteste, mais une chose est sûre : d’un point de vue neuroscientifique, c’est un sujet compliqué ! Elle constitue un terrain idéal d’investigation pour comprendre les fonctions les plus complexes du cerveau. Elle est donc un bon moyen de se frotter au « problème difficile » qu’évoquait Chalmers. Au coeur du phénomène religieux se trouve « l’expérience de signification » : lors de certaines activités, grâce à certaines croyances, le monde devient porteur de sens. Peu importe que ce sens soit porté par des croyances obsolètes ou contradictoires entre elles. Y a-t-il une chimie, une biologie de la signification ? Notre expérience spirituelle a-t-elle des fondements biologiques, chimiques, cognitifs qui l’expliquent au moins en partie ? Si nous pouvions agir à ce niveau là du cerveau, travailler directement sur nos motivations les plus profondes et notre perception du monde cela vaudrait certainement tous les systèmes de jeux cognitifs du monde, non ?…

Les débuts troublés de la neurothéologie

Le paradis par Jérôme Bosch

Si le mot « neurothéologie » est nouveau, l’idée, elle ne l’est pas. C’est même à cause d’elle que se sont déroulés les premiers débats et conflits politiques sur le « hacking » du cerveau.

Tout a commencé dans les années 60, lorsque les adeptes des drogues psychédéliques comme le LSD, la psilocybine ou la mescaline ont prétendu que ces molécules était capables de « brancher » directement les zones du cerveau activant le sens du sacré. L’une des expériences les plus connues dans ce domaine est celle de Walter Pahnke. Celui-ci, sous la houlette de ses directeurs de thèses Timothy Leary et Richard Alpert, fit absorber à une équipe d’étudiants en théologie une dose de psilocybine, tandis qu’un groupe témoin se voyait distribué un placebo (de la vitamine B3). 9 sujets sur 10 proclamèrent alors avoir eu une expérience mystique (ce que n’éprouvèrent pas les sujets du groupe test, évidemment). Bien sûr, c’était une époque (1963) où le sujet était abordé plutôt calmement ; l’époque où les expériences d’Aldous Huxley avec la mescaline recevaient une critique favorable de la National Review, organe de presse des conservateurs américains. C’était avant les hippies, les Beatles et les Stones, avant que Richard Nixon ne dise du directeur de thèse de Panhke, Timothy Leary, « qu’il était l’homme le plus dangereux des Etats-Unis » et ne le fasse jeter en prison. Après une longue période de tabou et d’hystérie, les choses tendent à se calmer, et en 2006 une équipe de la John Hopkins Universitya confirmé les travaux de Panhke : 60 % des sujets prenant de la psilocybine décrivirent avoir éprouvé une sensation de type mystique, et pour un tiers, il s’agissait même de l’expérience spirituelle la plus significative de leur vie.

D’un autre côté, force est de reconnaître que les évènements des années 60 ont montré que les extases théologiques étaient loin de toucher la majorité des utilisateurs de psychédéliques, qui y voyaient plutôt un bon moyen pour s’éclater. En fait, l’usage de ces produits semble hautement dépendre du contexte de la séance, et des attentes de leurs utilisateurs. D’ailleurs, le peuple guerrier des aztèques était très friand de ces psychédéliques et cela ne les a pas pour autant converti au Flower Power. Une preuve de plus que ces produits ne nous permettent pas de faire l’impasse sur la culture, la personnalité. Les « problèmes difficiles » nous échappent toujours…

Reste que ces molécules nous donnent peut-être quelques indices sur la manière dont l’expérience spirituelle se manifeste dans le cerveau. Leur mode d’action est encore un peu mystérieux, mais il semblerait bien qu’ils aient pour point commun (à part la mescaline, légèrement différente) de posséder une structure chimique ressemblant à un important neurotransmetteur, la sérotonine, impliquée dans la régulation de l’humeur.

A cause de cette similarité, le psychédélique peut agir de deux façons : il peut être unantagoniste de la sérotonine, c’est-à-dire inhiber son usage dans le cerveau, ou unagoniste, c’est-à-dire activer sa production.

Le problème, c’est qu’il semble bien que les chercheurs aient du mal à se mettre d’accord sur l’effet obtenu. Certains symptômes (excitation, montée du rythme cardiaque, émotions très fortes) laissent à penser qu’il s’agirait d’un antagoniste. Mais toute la gamme des effets « extatiques », mystiques, pourrait plutôt indiquer qu’il s’agit d’un agoniste.

Allan Hobson, l’un des plus grands spécialistes du rêve, penche plutôt pour la solution antagoniste. Comme il l’explique dans son livre The Dream Drugstore, les drogues psychédéliques nous placeraient dans un état proche de celui du rêve, mais les yeux ouverts. Cet état se caractérise effectivement par un blocage de la sérotonine, qui du coup laisse le champ libre aux centres émotionnels du cerveau. Cela a pour effet de faire ressortir les sensations primaires d’angoisse et de peur liées à la survie. Ce qui explique que la plupart des rêves soient plutôt inquiétants, même lorsqu’il ne s’agit pas de cauchemars et que bien des « voyages » au LSD commencent comme des « mauvais trips ». Et les extases mystiques ? Hobson ne s’étend pas dessus, mais note que la sérotonine a aussi tendance à inhiber ladopamine, la molécule qui nous récompense lorsque nous avons réussi quelque chose. Du coup, les montagnes russes émotionnelles pourraient parfois être ponctuées par des « shoots » ponctuels de dopamine libérée par le blocage de la sérotonine.

Il se pourrait bien que la sérotonine, en dehors de toute prise de drogue, joue un rôle fondamental dans l’expérience religieuse. En effet une équipe d’expérimentateurs suédois a soumis une série de patients à un questionnaire de personnalité avec une série d’interrogations sur leur « rapport à la transcendance ». Ils ont découvert que ceux qui avaient le plus haut score dans ce domaine possédaient une moins grande densité de récepteurs à la sérotonine. Pour le concepteur de l’expérience, Lars Farde, la sérotonine servirait de filtres à un certain nombre de pensées et sensations qui seraient plus libres de parvenir à la conscience lorsque son action est inhibée, permettant d’éprouver des expériences ou des perceptions inusuelles. Mais ce n’est qu’une hypothèse, car on n’est pas sûr qu’une densité moindre de récepteurs à la sérotonine implique obligatoirement une quantité moindre de sérotonine dans le cerveau.

Bref, si on sait que la sérotonine joue un rôle important, on ignore encore lequel exactement. Et elle n’agit certainement pas seule, dans une complexe interaction avec les autres neurotransmetteurs : dopamine, noradrénaline, acétylcholine, etc. Notre cerveau semble plus sensible au cocktails qu’aux substances pures.

Zen, mantras et prières

Le jardin zen du Ryoan-JiAprès les drogues, la méditation est devenue un autre sujet d’intérêt et de controverse pour les neurothéologiens. Pourtant, là, l’ambiance devrait être plus calme, me direz-vous. Détrompez-vous ! Les études sur la méditation peuvent s’avérer aussi lourdes de connotations idéologiques que les drogues. Ainsi, lorsque le Dalaï-Lama voulut se rendre à un colloque sur la neuroscience en 2005, une vive protestation se fit entendre de la part d’un groupe de scientifiques qui y voyait une tentative de mainmise de la religion sur la science. Certes, les chercheurs en question étaient d’origine chinoise (mais travaillant aux Etats-Unis), ce qui a du jouer un certain rôle dans leur protestation, cependant cet événement montre bien à quel point ce sujet peut amener à s’interroger sur une possible confusion des genres.

Dans le même ordre d’idées, on peut s’irriter que bon nombre de neuroscientistes travaillant sur le chant de mantras (technique de méditation consistant à chanter un son pendant un temps très long) s’obstinent dans leurs études à nommer cette pratique « TM » (Transcendantal Meditation). Le chant de mantra est aussi vieux que l’Inde, mais on trouve aussi son équivalent dans bien d’autres religions, comme leChristianisme orthodoxe ou l’Islam soufi. « TM », en revanche, est un terme plus récent qui fait ouvertement référence au mouvement fondé par le Maharishi Mahesh Yogi, ex-gourou des Beatles et personnalité fort contestée. C’est dire si dans ce domaine le moindre terme peut être chargé de connotations ! Pourtant, on ne compte plus les études sur les bienfaits de la méditation. Elle améliorerait les facultés d’attention, dissiperait le stress, etc.

Et l’expérience mystique ? Andrew Newberg et son équipe de l’université de Pennsylvanie ont examiné le cerveau de moines bouddhistes lorsque ceux-ci atteignaient le plus haut niveau de leur méditation, le moment où ils avaient l’impression de fusionner avec l’univers entier. Selon cette recherche, les techniques mystiques agiraient sur une petite zone du cerveau qui détermine notre orientation dans l’espace et la conscience des limites de notre corps. En inhibant le fonctionnement de cette zone, nous perdons le sens des limites et entrons dans la conscience cosmique. CQFD. Avons-nous trouvé là une technique qui nous permettrait d’expérimenter les états mystiques sans recourir à la croyance religieuse ?

Ray Kurzweil, qu’on pourrait difficilement suspecter de religiosité exacerbée, propose dans Serons nous immortels ? une technique de méditation « agnostique », inspirée du mantra, mais basée sur des sons sans signification, et bien sûr, sans gourou. Mais est-il possible de poursuivre la pratique (difficile) de la méditation sans aucun contexte mythico-religieux susceptible d’entretenir la motivation du pratiquant ?

Il serait intéressant de faire une étude sur le nombre de méditants purement utilitaristes, qui ne font référence à aucune sorte de culture religieuse et de voir s’il sont en mesure de poursuivre leur pratique pendant des années sans fléchir. Après tout, même le Zen, qui est considéré comme l’approche la plus épurée, la moins religieuse de la méditation, offre en réalité tout un contexte rituel, intellectuel et esthétique susceptible de motiver ses adeptes. De plus, certains pratiquants de la méditation athée recourent peut-être à des facteurs mythologiques inconscients (comme par exemple, chez Kurzweil, le désir de se préparer à l’avènement de la Singularité !). A l’instar des drogues, la méditation n’échappe donc peut-être pas non plus à la question des attentes de ses adeptes et de l’environnement culturel.

Mais si l’Orient ne vous sied pas, les bonnes vieilles méthodes occidentales fonctionnent aussi. L’équipe de Newberg a également scanné le cerveau de nonnes et a trouvé des résultats similaires à ceux trouvé chez les bouddhistes : la même zone du cerveau, que les auteurs nomment « l’aire associative d’orientation » et qui gère notre rapport à l’espace, voyait son activité décroitre. Chaque pratique présente sa spécificité. Ainsi, le moine Zen verra son cortex préfrontal (qui gère la planification) fortement activé, ce qui indique une pratique intense de la concentration. Au contraire, la recherche de Newberg sur des femmes se livrant à la glossolalie, cette prière chantée dans une langue qu’on ne comprend pas, a montré une baisse d’activité du même préfrontal. La glossolalie est une pratique répandue dans certains groupes chrétiens qui consiste, au moment de l’extase, à se mettre à prononcer une suite incompréhensible de syllabes. Un tel type de transe impliquerait, selon Newberg une perte du contrôle exercé habituellement par le préfrontal.

A la recherche de la zone Dieu

Après les drogues et la méditation, pourquoi pas l’électronique ? On a vu que la stimulation magnétique transcraniale (TMS) semblait recéler des potentialités intéressantes. Peut-on l’utiliser pour étudier l’expérience mystique ?

Michael Persinger a fait beaucoup parler de lui avec ses expériences sur la TMS. Ce neuroscientiste canadien prétend en effet depuis des années avoir découvert la « zone Dieu » du cerveau. Il suffirait d’appliquer convenablement les ondes sur le crâne du patient pour lui faire prendre conscience de l’existence d’un « Autre » dans lequel, selon la culture, on peut voir Dieu, le Christ ou un esprit. Ses recherches n’ont pas convaincu tout le monde. Le biologiste Richard Dawkins, porte-parole de l’athéisme anglo-saxon (et dont le livre Pour en finir avec Dieu a été traduit récemment en français), a essayé la machine et n’a rien vu du tout, ce qui laisserait à penser que les attentes culturelles jouent un grand rôle dans la machine de Persinger comme dans l’usage des drogues ou la méditation. Une équipe suédoise a également tenté de répéter les expériences de Persinger sans obtenir les résultats escomptés.

L’idée de l’existence d’une « zone Dieu » bien spécifique semble aujourd’hui s’éloigner. Une récente étude de Mario Beauregard de l’université de Montréal sur le cerveau de 14 nonnes carmélites a montré que l’extase mystique produisait des effets sur un grand nombre de zones cérébrales différentes. Un exemple de plus qu’on ne peut pas s’attaquer à des phénomènes mentaux complexes avec des explications trop simples.

Rituels, mythes, sacrements…

Masque Fang du musée du Louvre
L’expérience mystique reste l’apanage d’une rare catégorie de praticiens chevronnés. La plupart des croyants se contentent d’une approche plus légère : participation aux rites, adoption de divers mythes… Mais ces pratiques ont-elles aussi une répercussion dans le cerveau ? Newberg et Aquili expliquent ainsi le rôle du rituel, dans leur livrePourquoi Dieu ne disparaitra pas : celui-ci consiste tout d’abord à adopter un comportement « bizarre », en tout cas différent du quotidien, avec pour conséquence de réveiller l’amygdale (qui réagit en cas de danger), ce qui, combiné à des gestes et des stimuli répétitifs susceptibles de réduire la tension et de provoquer des sensations agréables, donnerait cette caractéristique propre au Sacré d’être à la fois terrifiant et attractif.

Lorsque le rite se base, non plus sur des actions lentes, mais au contraire très rapides (danses frénétiques ou tournoyantes, transes, etc.), le résultat serait un peu différent. La surcharge de stimulation neurale ferait perdre le contrôle à l’hippocampe, dont le rôle de « chien de garde » consiste à réguler le flux d’information. Cela amène cet organe à réagir en baissant la quantité d’informations externes reçues par certaines parties du cerveau, et notamment, cette fois encore, « l’aire associative d’orientation ».

L’anthropologue Pascal Boyer s’est intéressé lui aux croyances et aux mythes, et comment notre cerveau les fabrique. Selon les sciences cognitives, le cerveau contiendrait différents modules « précablés » nous aidant à reconnaître ce qui nous entoure. Par exemple, il y aurait un module spécialement consacré à la reconnaissance des visages, un qui reconnaitrait tout ce qui est vivant, etc. Pour Boyer, au centre de la création de mythes se trouve une « violation ontologique » : autrement dit, on active simultanément deux modules du cerveau incompatibles. C’est ce paradoxe qui marque les mémoires et sert de base aux mythes et religions. Par exemple, explique-t-il dans son livre Et l’homme créa les dieux, la grande question à laquelle cherchent à répondre les rites funéraires n’est pas d’ordre métaphysique, mais bien plus pragmatique : « que va-t-on faire du corps ? » En effet, un cadavre, par sa nature même est une violation ontologique des catégories cérébrales. Il s’agit manifestement d’une personne, mais c’est aussi un « objet ». Les différents rites et mythes auraient avant tout pour but de conjurer cet inquiétant paradoxe.

Comme on le voit, on aurait tort de se concentrer exclusivement sur les aspects « spectaculaires » de l’expérience mystique. Le simple geste d’assister à une cérémonie, d’allumer un cierge, voire de lire un mythe, une histoire sacrée ou même un conte de fées pourrait être liés à certains modes de fonctionnement de notre cerveau.

Le futur de la religion

Peut-on manipuler ces systèmes religieux et mystiques ? On raconte que l’expérience avait été tentée il y a bien longtemps par Hassan Ibn Sabbahle « vieux de la montagne » à la tête de l’ordre des assassins, comme le raconte l’histoire de la forteresse imprenable d’Alamut dans le Nord-Ouest de l’Iran actuel. Pour s’assurer de la part de ses disciples un fanatisme absolu, il leur faisait ingérer une drogue (on a soupçonné le haschich, et on a même prétendu, probablement à tort que le mot « assassin » venait de hashishin), puis les réveillait dans un jardin merveilleux entouré de splendides jeunes Houris. Les soldats étaient persuadés d’avoir vu le paradis et étaient à partir de ce moment prêts à sacrifier leur vie pour le Maitre. Réalité ou légende ? En tout cas, toutes les tentatives pour utiliser ce type de techniques pour effectuer des lavages de cerveau ont pour l’instant échoué : la CIA a essayé dans les années 50 avec le LSD pour peu de résultats. Mais rien n’indique qu’on en restera là.

Rick Strassman, auteur d’un fameux livre sur le DMT (l’un des plus puissants psychédéliques, dont la particularité est d’être produit par le cerveau humain) n’hésite pas à imaginer des manipulations génétiques qui boosteraient notre capacité à produire naturellement cette substance. Selon le magazine Slate : « un généticien intelligent et sans scrupules pourrait nous transformer en mystiques sans notre consentement en produisant un virus capable de provoquer cet effet. »

Pour le chimiste Alexander Shulgin, spécialiste des drogues psychédéliques, un accès trop aisé à l’expérience mystique pourrait donner des résultats inquiétants : « Si nous accédons trop facilement à la béatitude mystique », a-t-il expliqué au journaliste de Slate« il n’y aura plus de motivation, plus de désir de changer quoi que ce soit, plus de créativité. » Mais l’histoire ne nous montre-t-elle pas au contraire que les mystiques ont toujours disposé d’une énergie redoutable, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire ?

Toujours est-il que si, comme le disent Newberg et Aquili, « Dieu ne disparaitra pas », si le sentiment religieux est une production naturelle de notre neurochimie, alors il est temps de se poser la question du Sacré dans la société future en de nouveaux termes. Allons-nous vers des « designers de religions » comme on parle déjà de « designers de drogues » ? De nouvelles sacralités conçues sur mesure pour manipuler notre taux de sérotonine ou l’activation de notre amygdale ?… Allez savoir !

Rémi Sussan

Ce dossier est paru originellement de janvier à février 2009 sur InternetActu.net. Il a donné lieu à un livre paru chez Fyp Editions : Optimiser son cerveau.

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