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Pourquoi  il m’est impossible de contrôler mes émotions ?

M’appartiennent elles  ou pas ?

Notre cerveau est « neuro-social ». C’est-à-dire que nos circuits neuronaux sont faits pour entrer en résonance avec ceux des autres. En fait, j’attrape les émotions des autres comme des virus, en positif comme en négatif. Sitôt que j’entre en relation avec quelqu’un, des millions de neurones cherchent, littéralement  à « se brancher sur la même longueur d’onde » que ceux de l’autre. Ils mettent en branle des processus archaïques dont je n’ai aucune maîtrise car se déroulent hors de toute conscience, à la vitesse éclaire d’un réflexe. Nos neurones entrent sans arrêt en résonance avec les neurones d’autrui. Mon intériorité est donc en communication directe avec l’autre ou les autres.

En neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités cognitives liées à la vie sociale notamment dans l’apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l’empathie. Ils réagissent aussi bien aux actions de soi que d’autrui et jouent un rôle important dans l’empathie, c’est-à-dire dans la capacité à percevoir et reconnaître les émotions d’autrui, notamment sur la base du fait qu’un système miroir semble exister pour les émotions.

L’interprétation de ces données est donc que le système miroir des émotions permet de simuler l’état émotionnel d’autrui dans notre cerveau et donc de mieux identifier les émotions éprouvées par les individus de notre entourage. Leur action semble reflétée, comme dans un miroir, dans la représentation motrice de la même action chez l’observateur.

Les neurones en fuseau entre aussi en action seraient impliqués dans le sentiment d’amour ainsi que d’autres émotions. De telles réactions sont basées sur des jugements émotionnels rapides, tel que savoir ou pas si un autre souffre ou la sensation générale si un évènement est plaisant ou déplaisant.

Cette communication ultra rapide et multi-niveaux constitue ce que les neurologues appellent la « voie basse » de l’intelligence relationnelle. Cette voie est à la fois très fine et holistique. Exprimée en termes neurologiques, c’est tout simplement l’intuition – et peut-être aussi la télépathie, dont on sait qu’elle se nourrit de détails infimes entre personnes en relation affective forte. Par contre, la « voie basse » ne fait pas de compromis, ni de diplomatie. Laissée libre à elle-même, elle peut s’avérer grossière et sauvage – et donc inhumaine – réagissant face à l’autre en « J’aime/J’aime pas » péremptoires.

D’où l’importance de l’autre pilier cortical de notre intelligence relationnelle, que les neurologues appellent la « voie haute ». Si la « voie basse » réagit sans réfléchir, la « voie haute » commence au contraire par la réflexion consciente. C’est notre cerveau civilisé. Mettant en action les structures neuronales du néocortex, la « voie haute » est beaucoup plus lente, mais aussi beaucoup plus riche, nuancée, sophistiquée que la « voie basse », faisant intervenir la mémoire, les valeurs, les croyances, bref, la culture de la personne.

Une personne équilibrée, fait coopérer la lente intelligence réfléchie de sa « voie haute » et les fulgurantes intuitions de sa « voie basse ». Mes deux mondes en quelques sortes. Nous vivons cette coopération en permanence… non sans courts-circuits, généralement inconscients, ce qui est le propre des mécanismes du refoulement.

Lorsque je parle de la dissolution des barrières entre autrui et moi ou un groupe, il n’y a vraiment plus de différence entre moi et les autres. Et comme les pensées transforment le cerveau par sa plasticité je me protège pour ne pas me perdre car il devient possible d’être l’autre.

En hyperconscience, il est très facile de se connecter à l’humanité entière, à la nature, à l’autre.

Des expériences ont été faites avec les membres fantômes des personnes accidentées. En touchant ma propre main je fais ressentir dans le cerveau de l’accidenté des sensations sur sa main fantôme !

Nous ne sommes pas maître de nos neurones miroirs et en fuseau. Ces neurones sont très utilisés dans la mise en place de l’intelligence collective

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