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Le paradigme communautaire

L’alternative d’une mutation de civilisation
mardi 10 février 2009
par  Roger Nifle

Paradigme : Une mode de représentation du monde qui exprime une vision, des principes, une logique à partir duquel expliquer, orienter et construire les situations et les phénomènes.

Le paradigme communautaire vient en alternative à une famille de paradigmes qui vont du rationalisme, au matérialisme en passant par les différentes formes de positivisme de mécaniscisme et de systémisme.

La mutation de civilisation

Les crises des dernières décennies sont autant de pas déstabilisants mais marquant une progression pour franchir un seuil, un passage entre deux stades de civilisation. Ce passage est alimenté de troubles. Ils marquent la fin, la défaillance ou l’insuffisance des modes antérieurs de compréhension, d’orientation et d’action qui se crispent sur leurs vertus supposées. Ainsi les paradigmes dominants ont pour point commun, desséchant, d’éliminer le principe d’humanité de toute compréhension du monde et par suite l’autonomie responsable que l’homme peut cultiver dans son développement (désenchantement). Ce ne sont ni raison, ni matérialité, ni objectivité, ni mécanismes, ni systèmes qui sont en cause mais leur établissement comme principe causal à la place de l’humanité dont ce ne sont en fait que des instruments et des productions inversant l’ordre des fins et des moyens, des causes et des effets.

Ainsi L’hyper-rationalisation, l’hyper-formalisation défaillent pour maîtriser les enjeux de société de tous ordres dès lors que les hommes et les communautés humaines ne sont plus considérés comme de simples paramètres de calcul, de simples quantités à gérer, de simples opérateurs machiniques entièrement soumis aux lois de la nature. Si différentes idéologies ont bien conscience de leurs positions paradigmatiques, la plupart n’ont pas encore conscience de positions vécues de plus en plus comme insupportables sans que les sources soient éclairées. Evidemment les moyens familiers d’analyse sont eux-mêmes inadéquats.

Or l’une des caractéristiques de la mutation c’est la montée en puissance de l’enjeu d’autonomisation des hommes et des communautés humaines dans lesquels ils sont engagés. L’autonomisation est aussi l’enjeu de l’éducation, du grandir humain à tous les âges. Elle n’est pas (plus) la revendication d’indépendance, adolescente et relativement peu mature qui a soutenu l’individualisme radical maintenant remis en question. L’autonomisation (empowerment) est le développement d’une liberté responsable d’initiative, d’engagement, de maîtrise des affaires humaines qui accepte néanmoins les dépendances de la condition humaine. La vertu d’autonomisation s’oppose à ce qui a été la vertu de conformité structurant un grand nombre d’institutions, de règles de conduite, de modes de pensée et de comportements, de croyances, et finalement d’irresponsabilité et d’abandon d’un libre arbitre authentique au profit du caprice et de l’arbitraire revendiqués, de l’originalité normative des modèles standards et "à la mode".

Le paradigme communautaire reconnaît que l’homme est au coeur des affaires humaines, toutes, comme co-auteur responsable et pas seulement comme facteur ou « variable d’ajustement ». Cela suppose une anthropologie nouvelle que l’Humanisme Méthodologique a développée sur ces trois plans : celui de la connaissance de l’homme, des affaires humaines et des phénomènes humains, celui de l’orientation et des valeurs humaines, celui de l’action humaine.

Il en ressort que toutes les affaires humaines se réalisent au sein de communautés humaines par l’action concourante de ceux qui forment la communauté selon leur niveau de développement commun. Ainsi les communautés humaines constituent le principe explicatif, le principe d’orientation et le principe d’action des situations et des enjeux humains à l’avenir.

C’est en effet une caractéristique forte de la mutation, outre l’autonomisation, de voir l’émergence de communautés, favorisée par les nouvelles possibilités de relations de proximité à distance apportées par la révolution sociologique d’internet. Cela s’applique aux communautés traditionnelles qui voient s’étendre leur champ relationnel mais aussi d’autres modes d’organisation et d’action (territoires, entreprises). Un aspect majeur de cette émergence communautaire est qu’elle est plutôt un acte d’engagement responsable qu’un repli ou un enfermement dénoncés par l’expression franco-française de « communautarisme ». L’excès de défiance vis-à-vis de l’émergence communautaire doit être compris comme défiance vis-à-vis de l’autonomisation responsable, lui préférant les modèles formels des paradigmes remis en question, comme un acte de résistance au changement de civilisation engagé, un refus de responsabilité et de maturité humaine.

C’est donc sur un fond de résistance que le paradigme communautaire émerge, particulièrement dans certain pays et beaucoup moins dans d’autres.

Les caractéristiques et les perspectives du paradigme communautaire

Comme le disait quelqu’un qui en découvrait certains aspects, cela met des mots sur des situations que l’on ressentait, que l’on vivait, auxquelles on aspirait. C’est donc à la fois par le contraste avec la situation antérieure en pleine crise, par l’intuition de ce qui est déjà en train de se développer et enfin par l’appropriation conceptuelle et méthodologique que le paradigme communautaire peut être abordé. C’est le but de ce panorama qui en est ici présenté, sous la forme de thématiques. Il est entièrement construit sur les fondements de l’Humanisme Méthodologique et ses travaux de prospective humaine où on trouvera les bases conceptuelles et opérationnelles. Il est aussi appuyé sur de nombreux développement de terrain réalisés au cours des 3 dernières décennies.

Communauté

Une communauté humaine est une communion d’esprit, de Sens partagés, qui se traduit par un monde commun de coexistence, une culture, des enjeux et des modalités d’organisation et de développement humains spécifiques. Ce n’est pas une simple collection d’objets ou d’individus, ni une simple réseau d’interconnections matérialisé.

Structures communautaires

Chaque personne participe à plusieurs communautés d’opportunité ou de choix. Chaque communauté participe à plusieurs autres communautés de communautés, constituant des ensembles communautaires dont chacune est un centre (polycentrisme communautaire) mais dont les ensembles jouent aussi un rôle fédérateur communautaire. Des petites communautés à la communauté Monde il y a une infinité de combinaisons communautaires selon les problématiques en jeu. Les découpages cartographiques ne correspondent pas aux structures communautaires et devront être reconfigurées.

Mondes communautaires

Chaque communauté construit son monde avec ses sensibilités, ses habitudes et ses usages, ses croyances et représentations, ses projets, ses aspirations, son environnement et enfin sa gouvernance et les rôles associés à son activité. Changeant de communautés nous changeons de mondes et ne sommes plus tout à fait les mêmes. Ce qui était immuable ou binaire pour la plupart (vie professionnelle, vie privée) devient plus changeant pas les choix de vie et d’engagement et par l’extension des possibilités de constitution de nouvelles communautés, même à distance. Nous entrons dans un Monde de mondes, c’est cela la mondialisation et non l’uniformisation idéologique apparente.

Liens communautaires

Le lien communautaire est au fond un lien de Sens (conSensus) qui se traduit par des relations de concourance intracommunautaires. Les communautés constituent ainsi leur monde propre comme un univers, une histoire, une vocation commune. Ce monde est structuré selon les composantes et dimensions de l’expérience humaine et non selon des combinaisons matérielles ou purement formelles. Les liens communautaires y sont des liens de fraternité et pas seulement de solidarité structurelle ou matérielle.

Enjeux communautaires

Les communautés de Sens ont des enjeux communautaires qui marquent le Sens du bien commun. C’est celui qui vise à l’accomplissement humain au travers du développement et de l’autonomisation de la communauté et de ceux qui y participent. Les communautés majeures émergentes sont des communautés de projets, de développement, de devenir mais aussi de tous les enjeux associés comme dans les entreprises humaines, les institutions, les communautés territoriales et toutes les communautés spécifiques qui se constituent dès lors qu’un enjeu humain peut être approprié en commun. Les enjeux communautaires ne sont pas des enjeux de survie, de repli, ni de simple fonctionnement qui ne peuvent en être que des stades de développement ou des péripéties mais pas des finalités.

Valeurs communautaires

Les valeurs sont les indicateurs du Sens du bien commun dans une communauté donnée. Se constituent ainsi des systèmes de valeurs dont la cohérence est donnée par l’unité de Sens. Les valeurs se différencient en valeurs subjectives ou aspirations, valeurs projectives ou buts projetés et valeurs objectives mesurées. La valeur (objective) mesurée est celle d’une contribution au bien commun selon une échelle de valeur (projective) orientée dans le Sens du bien commun. Les valeurs communautaires ne sont pas des idéalités ou des préférences particulières, objets de postures ou de modèles normatifs.

Identités communautaires

Chaque communauté représente une part d’humanité étant constituée autour d’une problématique humaine que le Sens du bien commun vise à résoudre. Elle est dotée ainsi d’une vocation particulière et appelée à cultiver des capacités, des talents, des qualités, une maîtrise de ses enjeux qui lui sont propres. Les valeurs identitaires sont simultanément rétrospectives (d’où venons nous ?), introspectives (qui sommes nous ?) et prospectives (que voulons nous devenir ?). L’identité communautaire participe à la constitution d’un « nous », d’une conscience collective et d’une attractivité pour des partenaires qui y participent. L’identité communautaire n’est pas une photographie ni un inventaire, encore moins un habillage par des valeurs d’emprunt.

Développement communautaire approprié

Le développement est toujours celui d’un sujet communautaire (le développement de qui ?). Il a pour consistance l’ensemble des composantes de l’existence collective (le développement de quoi ?) et pour enjeux les biens communs qui balisent la poursuite du Sens du bien commun et de l’accomplissement personnel et communautaire. En conséquence le développement communautaire doit être approprié par la communauté de ses membres et approprié aux conditions singulières et conjoncturelles qui sont les siennes. Le développement approprié est toujours original dans ses enjeux et ses formes. C’est l’opposé des conceptions standard du développement qui gomment les valeurs propres et donc s’opposent à l’accomplissement communautaire d’une autonomie responsable.

L’économie communautaire

Il n’y a d’économie que communautaire. Il s’agit de la production et l’échange de « biens » et "services » définis et évalués selon le Sens du bien commun. On distingue trois types de communautés économiques : les économies de proximité dans le champ des relations interpersonnelles, les économies de marché médiatisées chacune par une monnaie des changes, l’économie monde qui émerge au fur et à mesure d’une conscience du Sens du bien commun de l’humanité (encore bien ténue). Toutes les communautés comme les institutions, les entreprises, les associations et autres groupes ou collectivités ont aussi leur économie propre. Il n’y a d’économie intercommunautaire qu’au sein de communautés tierces ou élargies donc d’espace intracommunautaires. L’idée d’un système économique universel unique détruit les valeurs et les critères du bien commun indispensable à l’économie humaine et au développement approprié.

Les espaces communautaires du politique

Le champ du politique c’est la cité mais celle-ci c’est la communauté et non pas telle ou telle installation particulière, la ville, le territoire, l’Etat. De ce fait c’est la théorie des ensembles communautaires qui s’applique aux espaces du politique. Communes, intercommunalités, départements, régions, nation, Europe mais aussi interrégions, pays culturels, populations, forment soient des hiérarchies d’inclusions exclusions sources de conflit et de guerres par le déni de l’altérité réduite à des dispositions accessoires ou à rien du tout (exemple des peuples sans territoires). Les conflits de balkanisations vont se multiplier tant qu’on n’a pas recours aux instances politiques communautaires. Dès lors il n’y a plus de découpages formels mais des unités (communautés) polycentriques. La souveraineté appartiens à toute communauté mais la souveraineté c’est l’acceptation et la gestion responsable des dépendances qui doivent être des concourances.

La démocratie communautaire

La démocratie conçue comme un dispositif de gestion des opinions arbitraires, comme une équation statistique ou comme un état d’équilibre instantané est en fin de crédibilité. Plutôt que d’en profiter de façon manipulatoire il vaudrait mieux repenser la démocratie comme seulement communautaire. Elle doit être considérée alors dans ses trois niveaux hiérarchisés. La démocratie élective marque par une incarnation personnifiée le choix du Sens du bien commun par la communauté. La démocratie représentative fait appel aux représentants de tous les secteurs significatifs de la vie communautaire (propres à chaque communauté) pour projeter la stratégie et les dispositions structurelles du développement de la communauté dans le Sens du bien commun et ses repères de valeurs et d’orientation. La démocratie participative est la participation des acteurs à la définition, la réalisation et l’évaluation des actions selon les projets précédents.

La socio-performance communautaire

C’est le niveau de maîtrise et de développement d’une communauté d’enjeu, évalués selon le Sens du bien commun qui lui est propre. La socio-performance communautaire qualifie le niveau de réussite des enjeux et d’accomplissement d’une vocation singulière. Elle caractérise le niveau de maturité et d’évolution, de capacité et de compétence collective, d’intelligence collective et de culture. Par extension tout peut être évalué par sa socio-performance ou contribution au bien commun, dans le Sens du bien commun avec ses référentiels de valeurs et d ’évaluation. Compétences, méthodes, pratiques, organisations, moyens, dispositions, projets, réalisations, évènements, situations… sont à considérer et optimiser selon leur socio-performance ou concourance à la socio-performance communautaire.

L’action communautaire

Ce ne sont pas les modèles, les machines, les méthodes, les systèmes ou autres artefacts humains qui agissent mais les hommes en communautés. Se sont les communautés qui sont agissantes au travers de situations, de mises en situations, d’un traitement des situations. La maîtrise des affaires humaines n’est donc plus dans la maîtrise des systèmes ou des organisations, toujours accessoires, mais celle des communautés d’action. C’est à de toutes autres compétences et méthodes qu’il faut avoir recours. Ainsi la maîtrise de la complexité ne réside pas dans la complication à l’infini des systèmes de contrôle ou à contrôler mais dans l’action communautaire, la maîtrise communautaire des affaires humaines. Les défaillances des systèmes hyperrationalisés et les coûts exorbitants qu’ils entrainent réclament un changement d’échelle de valeurs et de paradigme.

La gouvernance communautaire

C’est la façon dont une communauté conduit son développement de façon socio-performante. Cela suppose la conduite des processus de décision, de projection, de réalisation en même temps que de maturation et d’intelligence collective. La gouvernance communautaire intègre les trois niveaux de la démocratie communautaire et les trois phases d’élaboration et de réalisation de projets. D’abord la détermination d’une volonté exprimant le Sens du bien commun et ses valeurs dans les circonstances du moment. Il faut désigner la communauté de référence, élucider le Sens du bien commun dans sa problématique, établir les référentiels de valeurs, formuler une vision prometteuse, intégrer cette projection de façon déterminée et en assumer l’initiative et l’autorité de portage. Il faut ensuite construire une stratégie à moyen terme intégrant tous les volets et les thèmes du projet avec le recours aux représentants légitimes et aux expertises de ce niveau. Il faut ensuite déployer la conception et la réalisation des actions avec la participation de acteurs concernés. Pour terminer une phase d’intégration permettra de capitaliser l’expérience communautaire.

L’ingénierie communautaire

Basée sut la théorie des communautés et des ensemble communautaires, l’ingénierie des dynamiques humaines et les principes de gouvernance communautaire.

- Identifier les communautés d’enjeux et les ensembles communautaires pour chaque enjeu, mis en situation. Désigner et déterminer la communauté de référence, identifier les ensembles comunautaires associés intra, extra et inter communautaires.

- Identifier le Sens du bien commun d’une communauté d’enjeu. Élucider la problématique fondatrice et le Sens de sa résolution. (méthodes d’analyse figurative et d’analyse de cohérences)

- Construire des référentiels de valeurs pour le repérage du Sens du bien commun. Référentiels identitaires (rétrospectif, introspectif, prospectif). Référenciels opérationnels de valeurs (subjectives, projectives objectives). Référentiels d’évaluation (déclinaisons et traductions locales ou thématiques des référentiels généraux).

- Détermination des ambitions et enjeux principaux le « bien commun » générique (démocratie élective). Qualification constitution comunautaire, restauration communautaire, développement communautaire.

- Concevoir et déployer un projet communautaire structurant (démocratie représentative).

- Concevoir et mettre en oeuvre les initiatives, actions et opérations d’intérêt communautaires (démocratie participative)

- Evaluer, capitaliser et intégrer l’expérience avec un mode de gouvernance communautaire approprié renouvelé.

La prospective communautaire

Engager une communauté dans le renouvellement de ses enjeux (territoire, entreprise, institution, collectivité, etc.). Méthode des cercle de prospective opérationelle.

- Identification des ressources communautaires (potentiel, valeurs, vocation…) à partir de l’élucidation du Sens du bien commun et des référentiels de valeurs

- Visions du futur au travers d’images de la mutation et des émergences identifiables

- Projection de la communauté dans le futur (créativité générative) pour élaborer un scénario possible et désirable.

- Déploiement et appropriation (élective, représentative, participative).

L’entreprise communautaire

Toute entreprise est communautaire à plus d’un titre. D’abord une communauté de travail engagée dans un Sens que l’on espère du bien commun et socio-performante. Une communauté de travail complexe avec des communautés professionnelles, locales, distantes, partenaires ; des communautés de projets transversales et puis ces communautés que l’on a failli oublier que sont les équipes à tous les niveaux, de la direction à toutes les fonctions. Les entreprises sont des ensembles communautaires complexes engagés dans ce mouvement d’autonomisation qui n’est plus compatible durablement avec les gestions collectives anciennes. Elles sont aussi complexes par les groupements et partenariats, par la participation de multiples parties prenantes, par l’intégration aux territoires, la participation à des communautés professionnelles, commerciales etc. L’ingénierie communautaire paraît dorénavant la compétence principale pour une entreprise qui est en plus engagée dans des communautés de clientèles, des enjeux sociaux, des enjeux économiques, des enjeux de légitimité de tous ordres. Aucun système d’information ne peut traiter cela et c’est la gouvernance communautaire qui doit prendre le relais, assortie d’un « management communautaire avancé ». Passer de la rationalisation structurelle ou technique à la gouvernance communautaire va constituer une des principales mutation professionnelle des entreprises. Les institutions et toutes les organisations sont concernées.

Le management communautaire des entreprises

Les entreprises sont des ensembles dont la structuration communautaire implique non seulement un type de management approprié des différentes sphères de l’organisation et de leurs ensembles (constellations) mais aussi des différentes fonctions souvent transversales. Le Sens du bien commun en est l’axe de cohérence, de cohésion et de mobilisation, l’unité de la diversité et la complexité des participations. Les relations de concourance en sont le principe structurant. Les référentiels de valeurs sont les leviers de partage et de mobilisation sur le plan identitaire et opérationnel mais aussi le vecteur du développement des compétences collectives avec les référentiels d’évaluation. Les fonctions sont à revisiter autour de la maîtrise, la production, la transmission des valeurs : communication des valeurs, marketing des valeurs, gestion des valeurs, compétences, formation des équipes, intégration des groupes et ensembles communautaires, commerce des valeurs, conception et production des « biens » et « services » socio-performants, groupes projets etc.

Le management communautaire avancé relève d’un changement de paradigme, un dépassement des modèles rationnels et systémiques, anciens ou plus récents, souvent deshumanisants et en tout cas progressivement incompatibles avec les conditions nouvelles créées par la mutation.

Puissances et fragilités communautaires

Le conSensus communautaire renforcé par la socio-performance donne aux communautés majeures une puissance d’influence et de création particulières. Il s’agit d’une puissance d’accomplissement et de maîtrise et non de destruction et d’aliénation. Cultures, civilisations, compétences, intelligences, niveaux de conscience en sont des caractéristiques. Cependant cette puissance ne s’exprime qu’à l’épreuve des situations où elle est utile et ne couvre pas d’autres champs que celui de ses propres valeurs et potentiels. Inversement une communauté encore immature, en cours de constitution ou en régression, en voie de développement ou en phase de transition ou de mutation est particulièrement fragile. Cela réclame des précautions particulières et des cheminements adéquats pour les communautés en difficulté ou susceptibles de l’être.

Le développement social communautaire

Les communautés constituent une confortation et un support de développement des personnes en difficulté. Elles donnent Sens et valeurs aux engagements d’autonomisation passant par l’acceptation des conditions communes. La compréhension de la construction de l’existence individuelle dans le giron communautaire est une assise de la connaissance de l’humain. L’autonomisation passe par là et la liberté responsable aussi. C’est dans la communauté de proximité et l’économie de proximité que l’apprentissage des bases existentielles est possible. C’est aussi la condition pour que des "guérisons" communes soient possibles, que les critères du juste et de l’injuste soient repérés et intégrés. Faut-il que le goût adolescent de la transgression soit si difficile à dépasser chez ceux qui favorisent inconsciemment des univers de délinquance après avoir disqualifié les "figures du père" et les repères d’autorité ?

La santé communautaire

Considérant les individus comme des corps machines la santé à trop souvent été assimilée à l’entretien ou la réparation de dysfonctionnements organiques avec la création de métiers et d’établissements spécialisés. Le paradigme communautaire note que l’existence humaine est communautaire et que la santé même individuelle est engagée dans l’existence communautaire. A l’inverse c’est la communauté qui est convoquée pour prendre soin de ses membres et considérer que les problèmes de santé sont simultanément et indissociablement personnels et communautaires. Des communautés de soins, des « communautés soignantes et hospitalières » sont en train d’émerger et cherchent leur vocation, leur socio-performance, leur gouvernance. Elles transformeront profondément le paysage pour sortir de l’impasse des conflits de valeurs et de leurs symptômes économiques mais aussi pour prendre position vis-à-vis d’une conception systémique qui ignorerait l’âme humaine et particulièrement les fondements personnels et communautaires de l’humanité.

L’éducation communautaire

L’éducation se définit simultanément comme processus d’évolution personnelle et comme participation à la culture communautaire, et au fond la socio-performance communautaire. Cette éducation est celle du grandir humain qui concerne toute la vie. Personnelle et culturelle elle est forcément singulière et réclame des dispositions spécifiques à la communauté éducatrice c’est-à-dire la communauté d’existence. On a vu que chacun traverse ou se trouve engagé de plus en plus dans plusieurs communautés ce qui suppose une diversité de dispositifs de formation-éducation. L’universalité paradigmatique comprise comme l’éradication de la singularité subjective continue à faire ses ravages formant des conformistes vertueux plus que des autonomes responsables. L’autonomie des universités est par exemple l’expression cohérente d’une vocation à l’autonomisation des futurs responsables plus qu’à la conformation des clercs. Les universités du monde sont engagées dans ce processus et certain pays traine des pieds.

La presse et les médias dans l’univers communautaire.

Ils ont deux fonctions. La confortation intra-communautaire par le témoignage des expressions et manifestations communautaires. Il proposent des représentations significatives et repérantes de l’existence et du développement communautaire. La communication inter-communautaire pour faciliter la constitution de liens qui peuvent former de nouvelles communautés ou leur intégration. L’idée que la presse informe indépendamment des communautés en jeu ne fait que nier le fait communautaire ou lui donner un rôle défensif, agressif, en tout cas en butte à l’imposition d’une universel supposé. Il n’y a pas de point de vue différencié donc une vérité globale identifiée à l’opinion ou une vision locale.

La science communautaire

Il faut une certaine dose d’autosacralisation pour échapper à toute critique et notamment celle de l’universalisme scientifique. Or la science dite moderne prétend dire l’universel en même temps que ses critères de légitimation sont communautaires. L’appel à la communauté scientifique comme gage de certitude est de plus en plus fréquent en même temps que les référents communautaires restent le gage de la valeur scientifique non pas d’une communauté scientifique universelle mais d’une légion de communautés scientifiques à prétention universelle. Le problème est né d’une confusion de l’universel à ses expressions mentales, mathématiques par exemples. De ce fait est méconnu l’accès à l’universel au coeur du singulier et donc à l’expression forcément culturelle de l’universel singulier. L’universel c’est la part d’humanité de chaque communauté humaine et ses expressions peuvent être scientifiques et être partagées dans de multiples communautés traitant d’affaires communes.

La communauté nation

Un cas particulier que ces communautés qui sont en charge de la naissance et de la mort, ces extrémités de l’existence. Elle sont en charge de bien des choses en rapports avec cela sans être propriétaire des existences s’opposant ainsi aux autonomisations responsables. Les conceptions de la nation sont plus ou moins compatibles avec le paradigme communautaire pouvant créer des handicaps ou entrainer régressions et blocages au moment d’une mutation de civilisation. Le « concert des nations" et celui des communautés sont là pour agir à transformer ces situations. C’est pour cela que la France a grand besoin de l’Europe (communauté de communautés) et qu’on y trouve tant d’opposants.

Conclusion communautaire

Les gens aspirant à être plus autonomes et responsables n’ont pas d’autres lieux pour se retrouver que les communautés d’accomplissement humain où ils s’investissent ou qu’ils constituent.

Ils ont à se doter des moyens conceptuels et méthodologiques propres au paradigme communautaire. L’humanisme méthodologique avec l’intelligence symbolique et l’ingénierie des situations humaines, la socio-performance avec la socio-performatique et le concept de socio-performateurs comme le sont les espaces virtuels d’activités et d’action communautaire, l’université de prospective humaine avec ses enseignements et ses pôles de développement et d’innovation sont autant de ressources disponibles.

Bibliographie http://journal.coherences.com


La gestion des tensions dans les organisations

Gouvernance: Redevabilités et Rôle


HOLACRATIE™ : UN SYSTEME DE GOUVERNANCE EFFICACE ET AGILE POUR LES ORGANISATIONS DU 21e SIECLE

  • Qu’est-ce que l’Holacratie ?

L’holacratie* est une pratique pour les organisations qui recherchent davantage d’efficacité et d’agilité dans leurs structures de base telles que les réunions, les processus de décision et leur organisation. Elle s’appuie sur des principes innovants et opérationnels qui permettent de faire émerger l’essence, la capacité d’innovation et le potentiel collectif de l’organisation en la libérant des peurs et des ambitions des egos individuels.
Hoalacratie_1

L’Holacratie est le premier système de gouvernance qui permet de véritablement répondre aux défis du 21ème siècle car elle transforme une organisation fragmentée, inconsciente des interdépendances et des enjeux du monde et de son marché, en un éco-organisme cohérent et intégré, fort de l’expérience, de la compétence et de la capacité d’innovation collective de ses membres.
Elle répond à des questions telles que :

  • Comment rendre son organisation agile ?
  • Comment accélérer le processus de décision ?
  • Comment clarifier les attentes et les responsabilités de chacun ?
  • Comment mener efficacement une réunion ?

L’essence de l’Holacratie : le pilotage dynamique

Le pilotage dynamique permet à l’organisation de s’adapter de façon souple et rapide aux changements au sein de l’organisation et de son environnement. Pour cela, il s’agit d’abandonner la posture « Prévoir et Contrôler » habituelle et développer une capacité interne adaptative afin que l’organisation puisse faire face aux problèmes et aux opportunités de manière proactive. Ainsi, le processus de décision est rendu plus agile et plus réel puisque connecté à l’actualité de la situation plutôt qu’à une image passée et probablement obsolète de cette réalité. En fait, le pilotage dynamique est tout à faire similaire à la manière dont nous faisons du vélo**. Chaque information, chaque tension, d’où qu’elle provienne au sein de l’organisation, permet à l’entreprise de « sentir » la réalité d’une situation pour mieux y répondre en temps réel, un peu comme un système vivant dont les cellules capteraient, à différents niveaux, les informations nécessaires à la prochaine décision.
Que peut vous apporter concrètement l’Holacratie ?

Lorsqu’une organisation ou une équipe a travaillé de façon holacratique pendant un certain temps :

  • Elle devient plus sensible aux changements internes et externes, ce qui la rend plus rapidement apte à devenir consciente des problèmes et des opportunités qui se présentent,
  • Elle devient capable d’intégrer plus rapidement de nouvelles perspectives ou de nouveaux changements à tous les niveaux de l’organisation.

L’Holacratie facilite la transition vers une organisation à pilotage dynamique, en « inscrivant » dans la structure de l’organisation – dans son ADN – la capacité à transmuter efficacement les besoins et les tensions. Par exemple, en étant extrêmement transparent sur « qui décide quoi », il devient possible de supprimer les agréments implicites et les problèmes généralement issus du flou entretenu. Il en résulte que les informations seront naturellement disponibles là où les décisions seront effectivement prises dans l’entreprise.

L’Holacratie créé une organisation capable d’apprendre, car les tensions générées par un environnement changeant sont autant de données directement utilisables dans le développement continu de l’organisation. Ce processus se produit à tous les niveaux, rendant l’organisation apte à embrasser le changement et à se reconfigurer selon les besoins plutôt que de résister et de combattre le changement.

* Étymologiquement, le terme « Holacratie » provient des mots grecs « Holos » qui désigne « une entité qui est à la fois un tout et une partie d’un tout » (exemple de holon : un atome ou une cellule vivante) et de « kratos » qui signifie « pouvoir ».Il s’agit donc de donner le pouvoir de gouvernance à l’organisation elle-même plutôt qu’aux egos de ses membres.

** Comment piloter une organisation aussi simplement qu’une bicyclette ?
Le fondateur de l’approche holacratique, Brian Robertson, compare la pratique de l’holacratie à celle du vélo. Les organisations sont souvent pilotées à la manière d’un cycliste qui dirigerait son vélo les yeux bandés. Vous choisissez une destination et définissez une stratégie pour l’atteindre. En vélo, cela donnerait à peu près ceci : « Instructions pour atteindre la destination : Tourner le guidon de 5° à droite, après 10 mètres le tourner de 10° sur la gauche, puis après 2 mètres le tourner de 20° sur la droite. Maintenant, mettez votre bandeau et pédalez à fond ! » L’Holacratie cela signifie de piloter les yeux grands ouverts. Cela peut paraître étrange, voire effrayant aux premiers abords, mais en fait c’est bien plus sûr et bien plus souple pour être capable d’anticiper puis gérer les événements inattendus.

http://www.integralvision.fr/

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