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Les états d’attention et d’hyperconscience sont bien connus des athlètes de haut niveau. Bill Russell, le joueur vedette de la meilleure équipe de basket-ball (les Boston Celtics qui ont gagné 11 championnats en 13 ans), décrit l’expérience du jeu dans cet état :

 

L'important n'est pas le but mais le chemin

 

De temps à autre le jeu des Celtics s’échauffait jusqu’à devenir non plus physique ou même mental, mais bien magique. C’est une sensation difficile à décrire et je n’en ai assurément jamais parlé lorsque je jouais. Je sentais alors mon jeu se hisser à un autre niveau. Cela arrivait rarement, et pouvait durer entre cinq minutes et un quart temps ou même plus. Trois ou quatre envois ne suffisaient pas pour que cela se produise. Cela n’englobait alors pas que moi et les Celtics, mais aussi les joueurs de l’autre équipe et même les arbitres.

 

A ce niveau particulier, toutes sortes de choses curieuses arrivaient : nous étions au paroxysme du jeu et pourtant je ne nous sentais pas en compétition, ce qui est déjà un miracle. Lancé dans l’effort maximal, surtendu, crachant mes poumons à force de courir je ne sentais pas la douleur. Le jeu se déplaçait si vite que chaque feinte, raccourci et passe étaient inattendus, et pourtant rien ne pouvait me surprendre. C’était presque comme si nous jouions au ralenti. Pendant ces instants, je pouvais pour ainsi dire sentir comment le jeu allait se dérouler et où se situerait l’attaque suivante. Avant même que l’autre équipe ne mette la balle en jeu, je pouvais le sentir si intensément que j’aurais voulu crier à mes coéquipiers, “elle arrive par là !” -sauf que je savais que tout changerait si je le faisais. Mes prémonitions étaient régulièrement justes et je sentais alors toujours que je connaissais tous les Celtics par cœur, mais également tous les joueurs opposés, et qu’eux aussi me connaissaient tous. Au cours de ma carrière j’ai souvent été ému ou joyeux, mais à ces moments-là des frissons me montaient et descendaient le long du dos. … lors des cinq ou dix fois où le jeu finit à ce niveau spécial, je ne me suis littéralement pas soucié de savoir qui avait gagné. Et même si nous avions perdu, j’étais au septième ciel». (William F. Russell, Second Wind : The Memoirs of an Opinionated Man, 1979)

 

« La connaissance de soi est la connaissance que le soi n’est pas un individu dans le monde, mais l’espace qui accueille le monde ». Douglas Harding

 

 

 

 

Tout d’abord, il faut définir ce que sont l’une et l’autre.

Étymologiquement, la conscience est la “connaissance“. L’intelligence vient de intellegere : “comprendre“. Mais il n’y a rien à comprendre s’il n’y a de connaissance au préalable. C’est la première différence fondamentale : la conscience ne saurait se confondre avec l’intelligence, puisqu’elle la précède nécessairement. Con-naître, c’est “naître avec”. Com-prendre, c’est “prendre avec” : on ne peut “prendre” que ce qui est “né”, ce qui existe. L’intelligence est conséquemment la faculté de comprendre le réel. La conscience est la faculté de s’y adapter : comment appréhender le réel pour le comprendre sans la volonté préliminaire d’adaptation ? La conscience est en quelque sorte le sillon labouré, et l’intelligence est le grain semé qui porte du fruit.

Il y a donc naturellement une interconnexion étroite entre conscience et intelligence : la première éveille la seconde ; celle-ci élargit le champ de la connaissance, et ainsi de suite.

Si la conscience est libre, elle n’est pas autonome : elle est aussi la conscience de l’autre. Cette conscience est mutuelle et collective.

L’intelligence libre se confronte également à celle de l’autre : confrontation n’est pas nécessairement contradiction ! (Celle-ci engendre l’affrontement, non la confrontation.) La conscience de l’autre en éclaire les différences : la confrontation est donc l’examen de ces différences pour en déceler la complémentarité.

La confrontation de deux ou plusieurs intelligences libres et harmonieuses multiplie l’intelligence de chacun et fait émerger l’intelligence collective ainsi que le champ de sa conscience collectif. Selon le fameux mot de Saint Exupéry, c’est “regarder ensemble dans la même direction.”

Bien entendu, cette pleine harmonie n’existe que sur le papier ! Le réel nous fait prendre conscience qu’existe une propension à opposer conscience et intelligence : il nous faut comprendre d’où émane cette opposition. Elle n’émane pas nécessairement de l’autre…

Toute opposition est une tentative de séparation. Toute séparation naît d’une confusion entre plusieurs éléments qui n’ont pas pu -ou su- être distingués : seule la distinction (soit l’établissement formel des différences) permet l’union. La jonction de deux éléments identiques n’est pas une union : c’est une fusion. Et, toute confusion a pour origine une inversion.

Dans le cas présent, postulons que l’intelligence prenne une conscience imbue d’elle-même. Cela signifie déjà qu’elle revendique la première place au détriment de la conscience. Celle-ci nous informe que c’est là une situation des plus courantes : c’est bien sûr le fruit séduisant de l’orgueil…

Malgré lui, l’orgueil permet justement d’établir une seconde différence entre conscience et intelligence : c’est l’ivraie qui vient se mêler au grain semé. De fait, il rend “ivre” l’intelligence ! Mais il ne peut l’atteindre… du moins, pas directement. Il peut la pervertir en s’attaquant à la conscience, qu’il peut toucher. On sait que l’orgueil génère un obscurcissement de la conscience, non de l’intelligence en soi. Plus la conscience est amenuisée et plus l’intelligence devient livrée à elle-même. Décentrée de la conscience, elle se recentre sur elle-même : le réel intérieur va alors prendre le pas sur le réel extérieur, infiniment plus vaste. Or, la conscience est l’expression intériorisée du réel extérieur. La nature ayant horreur du vide, l’intelligence va compenser cette perte en se fabriquant sa propre conscience sur le modèle de son réel intérieur.(Dans le langage courant, c’est ce qu’on appelle “se donner bonne conscience”.)

Il va sans dire que cette conscience de contrebande va incliner l’intelligence à s’opposer au réel extérieur, puisque celui-ci correspondra de moins en moins à ce qu’elle en perçoit. inéluctablement, l’intelligence se déconnecte du réel et fabrique de l’idée. Elle prend ainsi une tournure idéologique, qui n’est rien d’autre que la tentative de substituer au réel extérieur le produit d’un réel intérieur faussé par une conscience tordue.

La liberté de conscience est en soi un bien précieux, qu’il convient d’entretenir par une constante vigilance.  Et cela commence par le respect de l’ordre entre conscience et intelligence : cet ordre nous est antérieur, supérieur et extérieur. Mais elle ne vaut que pour une conscience droite : une liberté de conscience faussée ne peut que diviser l’intelligence au lieu de la multiplier. La sienne, et celle des autres. Une intelligence tournée sur elle-même se veut antérieure, supérieure et extérieure : elle dénie toute liberté de conscience à une intelligence extérieure… une conscience droite lui étant particulièrement insupportable.

La liberté de l’intelligence est un bien non moins précieux : sans intelligence, la liberté n’est qu’un leurre parce qu’elle s’appuie sur l’intelligence de l’autre : c’est la porte ouverte à la manipulation. De fait, une intelligence prisonnière d’une conscience idéologique cherche également à se confronter à une intelligence extérieure : si la nature peut se corrompre, elle ne change pas fondamentalement. Mais cette conscience n’éclaire plus les différences : elle les annule en les opposant. Substituant au réel extérieur le produit d’un réel intérieur, elle cherche à se reproduire chez l’autre. Elle peut y parvenir aisément, à proportion de la malléabilité de l’intelligence qu’elle rencontre.

Il existe cependant une exception notable : pourvue d’une conscience droite, l’intelligence de l’autre ne supporte pas l’inversion. Il s’attache à restaurer l’ordre entre conscience et intelligence. En ce sens, elle restaure de surcroît la liberté de conscience… chez lui comme chez l’autre. Ce qui présente une difficulté majeure, car l’autre va prendre peur en interprétant cette immixtion comme une violation de conscience ! Le paradoxe n’est qu’apparent, la conscience “violée” étant idéologique. Pour son détenteur, c’est nonobstant une “conscience”, celle qui lui reste et le rassure : même faussée, elle conserve en effet son statut “protecteur” de l’intelligence… tout en trahissant cette dernière. Se voulant autonome, cette conscience va donc protéger sa fausse liberté en plaquant son réel intérieur sur le réel extérieur tel qu’elle le perçoit. Autrement dit, elle cherche à semer le doute sur la conscience droite, jetant l’anathème sur l’intelligence extérieure… en la qualifiant d’orgueilleuse !

Pour conclure, une ultime différence entre conscience et intelligence est perceptible. Le cerveau est l’organe physiologique de l’exercice de l’intelligence rationnelle, ainsi que le siège de sa mémoire. De même, est-il l’organe mémoriel de ce qui provient de la conscience : ce qui se traduirait en langage informatique par une mémoire de stockage… en langage psychanalytique par l’inconscient. Mais le cerveau N’EST PAS l’organe de l’exercice de cette conscience. Rappelons que cette dernière anime l’intelligence : elle est principe de vie. En langage informatique, c’est la mémoire vive.

  • Que se passe-t-il quand un cœur cesse de battre, fût-ce momentanément ? Nous perdons conscience.
  • Que se passe-t-il quand nous nous donnons “bonne conscience” ? Nous nous fermons le cœur… à notre propre conscience comme à celle d’autrui.
  • Que se passe-t-il quand, au contraire, nous avons mauvaise conscience ? Nous nous fermons également le cœur… quand nous la compensons justement par la “bonne conscience”. Selon notre degré de repentir et notre désir sincère de rédemption, nous nous attachons toutefois à le rouvrir.
  • Que se passe-t-il quand nous travaillons à garder une conscience droite ? Nous nous ouvrons le cœur à cette conscience comme à ce qui la dépasse en hauteur, en largeur et en profondeur.

Les approches

Différentes disciplines doivent apporter leurs concepts, méthodes et outils, pour construire une vision structurée de la problématique et proposer des actions sur le terrain. On peut au moins citer quatre approches de l’intelligence collective qui gagnent à être croisées et qui peuvent s’appuyer sur différentes ingénieries :

Approche communicationnelle

· Dispositifs socio-techniques et figures d’acteurs,

· construction du sens et dynamique des connaissances.

Approche socio-organisationnelle

· agencements organisationnels,

· impact des enjeux et des outils de gestion.

Approche de la cognition sociale

· communautés stratégiques de connaissances,

· corpus de connaissances dynamiques et décisions collectives,

Approche de l’intelligence collective:

· processus de coopération et négociation,

· systèmes multi-agents.


Les composantes de l’intelligence sociale

C’est une simple piqûre de rappel ; les composantes de l’intelligence sont au nombre de 5.

L’attention ; faculté de faire attention au détail, aux choses, être dans le moment présent, distinguer des actes existant dans l’environnement.

La concentration ; elle nous permet d’évaluer les distances, se représenter le temps, les mouvements

La conscience ; faculté de comprendre les problèmes, réaliser un fait ou une stratégie.

Le raisonnement ; faculté de planifier (un game plan par exemple). Créativité.

L’humour ; preuve que l’on s’adapte facilement




  1. L’intelligence, d’abord, sa définition
    1. Faculté de connaître, de comprendre
    2. Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle
    3. Aptitude (d’un être vivant) à s’adapter à des situations nouvelles, à découvrir des solutions aux difficultés qu’il rencontre
  2. Mon choix
    L’intelligence est la faculté d’adaptation, de création et d’innovation qui fait appel à l’ensemble des capacités d’un être vivant.
    Ce qu’elle n’est pas : une fonction mentale. Ce serait nier toutes les façons qu’a un organisme vivant de percevoir son environnement, de se percevoir et de choisir la réponse la plus adaptée. Ce qu’elle n’est pas : la reproduction par l’instinct réparti (les fourmis, les abeilles,…). Il n’y a pas d’intelligence sans conscience.
  3. Rôle de l’intelligence
    Elle est d’assurer la survie, le confort et le déploiement de la Vie dans une complexité croissante (néguentropie).
    Assurer la pérennité de l’espèce humaine, car il y a un moteur qui dépasse chaque espèce : la course de la matière vers la vie et la complexité.
  4. Les composantes de l’intelligence
    1. Les intelligences multiples de Gardner
    2. Les huit intelligences de Peter Koestenbaum
    3. Les logiques de fonctionnement de Maurice Legrand

L’intelligence collective

  1. Définition
    « L’intelligence collective est la faculté qu’a un ensemble humain de transformer son environnement par sa façon de le considérer et de l’aborder » Jean Taillardat
  2. « De l’intelligence du monde à l’intelligence collective », l’intelligence collective primitive : les Hopis. « Un travail de « pensée » effectué avant, pendant et après la mise en œuvre d’une action, doit permettre de nourrir la vision partagée de ce qui va être réalisé, où cela va être réalisé, quand et par qui, mais aussi et surtout de faire « justement » les choses, à savoir en accord avec le corps social qui a la charge de sa réalisation et l’espace naturel (vivant) dans lequel il s’inscrit. »
  3. « Par-delà l’intelligence collective, la conscience collective. La science moderne nous expose à la fin de la dualité A – non A. L’introduction quantique du tiers inclus nous pousse à intégrer la transdisciplinarité dans nos regards sur le monde. Le monde n’est pas l’individu, ou le social, ou l’intelligence individuelle, ou l’intelligence collective, ou le scientisme, ou le symbolisme, il est tout à la fois. L’évolution de l’humanité est une auto-transcendance. C’est tout le problème du rapport entre l’éveil individuel et l’éveil collectif qui est au centre de notre évolution possible. Et l’évolution aujourd’hui ne peut être que celle de la conscience… La révolution aujourd’hui ne peut être qu’une révolution de l’intelligence, transformant notre vie individuelle et sociale en un acte esthétique autant qu’éthique, l’acte de dévoilement de la dimension poétique de l’existence. »

Les conditions de l’Intelligence Collective

  1. L’appartenance, domaine du « cerveau limbique »
    1. Des liens affectifs de fraternité : la conscience d’appartenir au monde du vivant, d’être en lien intégral avec lui autant qu’avec sa communauté d’action (exemple des hopis ou des groupes projets exploitant la totalité des intelligences)
    2. La confiance grâce à une égalité vécue (pas de relations de « pouvoirs sur »). Tous les concours ont la même valeur intrinsèque, chaque contribution est utile, aucune n’est inutile.
    3. Des rythmes communs, de la synchronicité. Le temps est intégré comme une dimension à la fois intellectuelle et cosmique. Tout est vibration et particule.
  2. L’activation des talents ou intelligences multiples. Le scientisme et son rationalisme fermé nous ont coupé des autres dimensions de notre relation au monde. Le réel nous étant définitivement caché, Le mieux que nous puissions faire est de l’aborder avec la totalité de notre conscience, qui est à la fois raisonnable, relationnelle, imaginaire et symbolique.
  3. Des compétences au sens de Guy Le Boterf dans le « portefeuille de compétences » et de Pierre Lévy dans son arbre de la connaissance. Techné et métis se rejoignent dans l’expérience que nous avons de notre action sur le monde. Tout acte de la vie quotidienne mobilise des compétences, ou des talents.
  4. Des outils de communication
    1. Groupes de pensée et de « prières ». Dans une compréhension « quantique » de la réalité, la pensée fait partie des phénomènes « naturels » et interagit avec les autres phénomènes.
    2. Petites communautés d’apprentissage (PCA). Cette technique permet de partager en petits groupes – idéalement trois personnes, la compréhension et les points de vue sur tel ou tel aspect d’une question, d’un projet, d’une discours, d’enrichir les points de vue de chacun par celui des autres, avant que chacun se « retire en soi » pour exprimer ce qu’il a appris du partage avec les autres.
    3. Techniques Métaplan. Le Métaplan et ses émanations sont des méthodes de discussion par écrit ou la pensée de l’un n’efface pas celle de l’autre mais coexiste avec elle. Les pensées sont collectivement rassemblées en « baskets » et donnent lieu à des discussions complémentaires « stockées ».
    4. Groupes Balint. Mis au point par le Dr Balint pour enrichir les compétences de médecins isolés dans leurs pratiques, cette méthode consiste à se centrer sur un cas présenté par l’un des membres du groupe Balint. Les autres participants se comportent comme des analysants qui « poussent » le médecin dans ses retranchements » jusqu’à mettre en évidence la logique qui l’a amené à faire son diagnostic et à prescrire son ordonnance.
    5. Philipps 6×6. Sur un sujet choisi par les participants, ils s’organisent en groupes de 6 qui réfléchissent chacun de son côté, présentent sans discussion le point où ils en sont au bout de six minutes, et ce six fois de suite, chaque groupe étant progressivement enrichi par les réflexions les uns des autres.
    6. World café (cf. annexe)
    7. Forums ouverts
    8. Innovation search. Par exemple, on regroupe une quarantaine de personnes représentatives de l’entreprise pendant trois jours. On les expose à des conférenciers sur l’ensemble des domaines qui concernent l’entreprise avant de les faire « créativer » sur toutes les actions possibles. En trois jours, on récolte plus de 2000 suggestions, traitées par un groupe de dix experts pour arriver à une quarantaine d’actions expérimentées et mises en œuvre.

Le coaching de l’IC

  1. Le coaching de l’IC est une activité spécifique, qui n’a rien à voir avec le team building ou le coaching d’équipe. Il se rapproche plus du coaching d’organisation dans une approche d’OD (organization development ; développement des organisations) ou de coaching de créativité et innovation.
  2. J’ai volontairement ignoré les techniques pratiquées sur internet, parce qu’elles ne remplissent pas à mon avis les conditions de l’IC, en particulier la communauté affective, la relation de confiance, la fonction symbolique des représentations et le projet commun. Au contraire, je remarque des déviations trop fréquentes qui conduisent plus à la bêtise collective qu’à l’IC. Mais je suis prêt à changer d’avis. Je précise que j’utilise google group avec mes associés et les membres de mes réseaux.
  3. Le coach d’IC doit s’assurer que les participants pratiquent les différentes intelligences telles qu’identifiées par Gardner ou Koestenbaum.
  4. La première action consiste à confronter les participants de la communauté à un ensemble d’exercices mentaux issus des méthodes de développement cognitifs ou de gestion mentale (opérations mentales, PEI, ARL, Tanagra, cubes de Miallet, APIH,…)
  5. La suivante est de les mettre en mouvement physique pour leur faire expérimenter l’intelligence somatique. Je retrouve une partie des jeux pratiqués autrefois dans les villages, courses en planches, jeux de bois, franchissement d’obstacles, etc. qui rassemblent les intelligences logiques, autant que les intelligences d’équipes et les énergies.
  6. Pour stimuler la créativité et les fonctions symboliques, le coach utilise les pratiques narratives…
  7. Il me semble fondamental de ne pas en rester avec la production collective d’idées. Nous réservons systématiquement du temps pour la récupération individuelle des échanges collectifs, à travers les PPM (petites pensées du matin), les PPS (petites pensées du soir), les best of (périodes d’appropriation des idées et de leurs applications concrètes).
  8. L’IC bien comprise ne peut pas se contenter d’un one-shot. L’accompagnement d’une communauté se fait dans le temps pour que « son niveau d’intelligence » s’élève progressivement jusqu’à produire une efficacité pérenne, comme c’est le cas des Hopis de Colombie

Conclusion

  1. L’IC est la condition de survie de l’espèce humaine dès lors qu’elle s’appuie sur la transdisciplinarité chère à Basarab Nicolescu (cf. annexe)
  2. Le coaching le plus élevé est libérateur de talents. Les écosystèmes les plus « intelligents » sont ceux qui intègrent la diversité comme élément majeur d’évolution. Comme le dit Maurice Legrand, un ecosystème vivant est organisé. Il y a un ordre pour faire des apports utiles, fixé par les deux notions de compatibilité et de complémentarité. Le taux de compatibilité et de complémentarité des écosystèmes « performants » est supérieur à 75 %. « Une équipe doit compléter un fonctionnement individuel en renforçant l’utilité de chacun, elle ne doit en aucun cas désorganiser l’ecosystème en modifiant/diminuant les responsabilités de chacun dans l’organigramme fonctionnel et dans la chaine des processus ».
  3. Un outil de diagnostic des talents : le MAP-UP http://www.themaconsultants.fr/tag/coaching
    1. Le MAP-UP intègre les travaux de Paul Diel sur la psychologie de la motivation, approche de la psychologie des profondeurs
    2. Ceux de Debailleul (en particulier) sur la symbolique des contes
    3. Et ceux de Maurice Legrand sur les logiques de fonctionnement issues de la neuropsychologie
    4. La combinaison des talents concourt à la transdisciplinarité.
      Le Map’UP met en évidence 18 logiques de fonctionnement interconnectées. Ces logiques sont exprimées en près de 6000 verbes d’action complétées par les attributs spécifiques. En fait, il existe 12000 verbes d’action et Gérard Ochem, le créateur du MAP’UP, ne retient comme Maurice Legrand que les verbes positifs. Le MAP’UP permet de repérer la spécificité de chacun et l’ensemble des logiques mises en œuvre ou pas.
  4. Le management humain prôné par Maurice Legrand est fondé sur cette vérité que l’intelligence croît tout au long de la vie dès lors qu’elle est entretenue, qu’elle n’est pas non plus réservée aux élites diplômées. Il rappelle les trois fondements des droits de l’homme et de notre république que sont la liberté, l’égalité et la fraternité – massacrés par notre société proprement inhumaine et sans lesquels il ne peut y avoir de réelle IC : liberté de participation et d’expression, égalité des personnes quant à leurs points de vue et arguments, fraternité au sein de la communauté de travail et avec la communauté humaine, et perception d’une unité fondamentale avec la Nature.

Jean taillardat

Le Dr. Howard Gardner, co-directeur du Projet Zéro et professeur en éducation à l’Université Harvard, fait depuis de nombreuses années de la recherche sur le développement des capacités cognitives de l’être humain. Il est en rupture avec la théorie commune traditionnelle qui repose sur deux croyances fondamentales : la capacité de connaissance est déterminéeet l’intelligence des individus peut être décrite adéquatement en la quantifiant (QI).

Dans son étude sur les capacités des êtres humains, Gardner a établi des critères qui permettent d’identifier si un talent correspond à une forme d’intelligence. Chaque type d’intelligence doit posséder un trait de développement, être observable chez certaines populations comme les prodiges ou les «idiots savants», fournir une évidence de localisation dans le cerveau et pouvoir être symbolisé dans un système.

Alors que la plupart des gens possèdent le spectre entier des intelligences, chaque individu démontre des traits distinctifs personnels sur le plan cognitif. Nous possédons une quantité variable de chacune des huit intelligences. Nous les combinons et les utilisons de diverses façons qui nous sont très personnelles. Réduire les programmes de formation en éducation à la prépondérance des intelligences linguistiques et mathématiques minimise l’importance des autres formes d’acquisition du savoir. C’est ainsi que de nombreux étudiants qui n’arrivent pas à démontrer les intelligences académiques traditionnelles développent une faible estime d’eux-mêmes et leurs richesses peuvent ainsi demeurer inexploitées et perdues pour eux-mêmes et pour la société.

Non seulement les recherches de Gardner nous révèlent une gamme plus étendue des intelligences humaines que ce que nous croyions précédemment, mais elles ont aussi généré une définition pratique et rafraîchissante du concept d’intelligence. Au lieu de voir «l’intelligence humaine» en terme de score à un test standardisé, Gardner la définit ainsi :

  • la capacité de résoudre les problèmes que chacun rencontre dans la vraie vie;
  • la capacité de générer de nouveaux problèmes et de les résoudre;
  • la capacité de réaliser quelque chose ou d’offrir un service qui en vaut la peine dans la culture de celui qui le fait.

La définition de Gardner de l’intelligence humaine fait ressortir la nature multiculturelle de sa théorie. Voici les huit formes de l’intelligence qu’il propose (pour le moment)…

1. L’intelligence logico-mathématique

On la reconnaît par : une force dans les habiletés en résolution de problèmes et en mathématiques. Celui ou celle qui la possède pose les questions «pourquoi» et «comment», veut raisonner sur les choses, veut savoir «ce qui arrivera ensuite» et pense de façon «séquentielle».

Pistes pour en favoriser l’expression : travailler à l’ordinateur, programmer, classer des objets, pratiquer les sciences et la lecture, aimer les discussions et l’exploration, résoudre des mystères, jouer avec des mots, déchiffrer des codes, visiter des musées, résoudre des énigmes, proposer des problèmes qui nécessitent la réflexion et des activités de calcul.

Hubert Reeves est un bon exemple de ce type d’intelligence.

2. L’intelligence spatiale

On la reconnaît par : une puissante imagination. Celui ou celle qui la possède aime : concevoir, dessiner, lire des graphiques, élaborer des affiches, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces. Il/elle a besoin d’images pour comprendre.

Pistes pour en favoriser l’expression : pratiquer l’art et les sports, créer des diagrammes d’organisation d’idées, monter des vidéos et des films, construire des cartes et des chartes, faire du théâtre, pratiquer la planche à voile, la sculpture, le patin à roulettes, la danse, la bicyclette, la conduite et la peinture.

Leonard de Vinci est un bon exemple de ce type d’intelligence.

3. L’intelligence interpersonnelle

On la reconnaît par : de grandes habiletés dans les relations interpersonnelles. Celui ou celle qui la possède aime parler et influencer, est habituellement le/la leader d’un groupe ou l’organisateur/organisatrice, communique bien, est habile en résolution de conflits, a une bonne écoute, est habile à négocier et est persuasif/persuasive.

Pistes pour en favoriser l’expression : se faire des amis facilement, préférer les situations gagnant/gagnant, mener les discussions, pratiquer l’enseignement par les pairs et la collaboration, diriger les projets, conseiller les amis, comprendre les préoccupations des autres, manifester de l’empathie.

René Lévesque est un bon exemple de ce type d’intelligence.

4. L’intelligence corporelle-kinesthésique

On la reconnaît par : le désir de bouger, la tendance à être en mouvement constant ou à s’impliquée activement pour être bien. Celui ou celle qui la possède a besoin de se lever, de bouger, de toucher et de prendre les choses dans ses mains.

Pistes pour en favoriser l’expression : s’étirer, faire des jeux de rôles et des jeux dramatiques, faire de l’exercice, du théâtre, faire de l’artisanat, planifier des événements extérieurs, danser, jouer et faire du sport.

Margie Gillis est un bon exemple de ce type d’intelligence.

5. L’intelligence verbo-linguistique

On la reconnaît par : l’amour du langage et de la parole. Celui ou celle qui la possède parle constamment, a une bonne mémoire des dates et des noms, aime raconter des histoires, aime écouter des histoires, aime la diversité des voix et se rappelle des histoires drôles.

Pistes pour en favoriser l’expression : faire des présentations, aimer argumenter et persuader, faire des discours, jouer des rôles, dialoguer, écrire, faire des comptes-rendus, amorcer la conversation, écouter des enregistrements, lire des livres où il y a des dialogues.

Gilles Vigneault est un bon exemple de ce type d’intelligence.

6. L’intelligence intrapersonnelle

On la reconnaît par : l’amour de la solitude. Celui ou celle qui la possède aime réfléchir, a une bonne compréhension de ses forces et de ses faiblesses, est habile dans la définition d’objectifs et se sent bien lorsqu’il/elle est seul(e).

Pistes pour en favoriser l’expression : écrire un journal, relaxer, apprendre sur soi-même, pratiquer des exercices de concentration, réfléchir, méditer, se réserver des temps de solitude.

Gandhi est un bon exemple de ce type d’intelligence.

7. L’intelligence musicale-rythmique

On la reconnaît par : le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. Celui ou celle qui la possède aime fredonner, battre le rythme et parfois chanter.

Pistes pour en favoriser l’expression : garder le rythme, assister à des concerts, utiliser une musique de fond lors de la pratique de d’autres activités, chanter, faire de la musique, écrire des chansons, se donner des slogans d’équipe, utiliser et jouer d’instruments de musique.

Paul McCartney est un bon exemple de ce type d’intelligence.

8. L’intelligence naturaliste

On la reconnaît par : l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister.

Pistes pour en favoriser l’expression : concevoir des systèmes, structurer des idées, poser des questions, mettre les choses en ordre, regrouper les gens (selon les styles d’apprentissage, les intelligences multiples), jardiner, concevoir des décorations intérieures, faire de la recherche scientifique, enseigner, administrer, enquêter, entraîner, faire un travail d’enquête, explorer et faire des remue-méninges.

Charles Darwin est un bon exemple de ce type d’intelligence.

Type d’intelligence Métiers potentiels
Verbale-linguistique Enseignante, avocate, historienne, animatrice, journaliste, bibliothécaire.
Logique-mathématique Ingénieure, comptable, fiscaliste, économiste, médecin, chimiste, avocate.
Visuelle-spatiale Peintre, architecte, pilote, infographiste, conceptrice de logiciels, photographe.
Interpersonnelle Enseignante, psychologue, infirmière, travailleuse sociale, conseillère touristique.
Intrapersonnelle Philosophe, chercheure, ingénieure, thérapeute, romancière.
Corporelle-kinesthésique Athlète, mécanicienne, danseuse, menuisière, entraîneure sportive, chirurgienne.
Musicale Musicienne, chanteuse, chorégraphe, technicienne du son.
Naturaliste Chef de cuisine, botaniste, vétérinaire, anthropologue, géographe, chimiste, ingénieure.

Développer des intelligences multiples

D’après Peter Koestenbaum

La morale est rentable

Avant tout l’intelligence est ce qui permet de se mouvoir librement au sein de la réalité. C’est la faculté d’adaptation à son plus haut niveau. Elle vous apporte le succès parce qu’elle vous rend opératoire dans les innombrables recoins du réel.

L’homme réellement intelligent agit avec ce que les Italiens de la Renaissance appelaient sprezzatura, ce qui signifie facilité, élégance, sagacité et sûreté nées du talent et de l’expérience.

Si vous obtenez l’expansion d votre esprit (par l’étude et la pratique des intelligences multiples), que va-t-il se passer ? A quoi cette recherche peut-elle vous aider dans le business ?

La philosophie influencera la rentabilité en modifiant la conscience des dirigeants, dans les directions suivantes :

  1. la créativité : les cadres vont devenir plus inventifs. Leur esprit, libéré, imaginera de nouvelles solutions. Ils feront confiance à leur intuition, qui est la porte d’accès à l’inconscient, qui est expérience engrammée.
  2. l’énergie : ils travailleront dans l’enthousiasme, la joie, l’espoir, l’élan.
  3. la communication : ils feront naître chez les autres l’élan, la confiance, la loyauté, l’engagement.
  4. la clarté : ils contrôleront plus facilement leurs pensées, gagnant lucidité, vivacité, pénétration, brillant.
  5. l’éthique : il n’y a pas de véritable leadership sans une intégrité inattaquable et un sens achevé de l’équité.


Modèles de l’intelligence collective des sociétés

Des communautés intelligentes qui s’auto-organisent, sans chef, qui réagissent instantanément à un message, peuvent communiquer et débattre entre elles : voilà actuellement le modèle standard de l’« intelligence collective » des sciences cognitives. Ce modèle repose sur un principe simple et séduisant : la coopération d’entités multiples aboutit à la formation d’une intelligence supérieure par l’émergence de propriétés cognitives nouvelles. Il est appliqué autant aux sociétés d’insectes (lesfourmis), aux neurones d’un cerveau, aux organisations humaines (les communautés), qu’aux réseaux d’ordinateurs (l’Internet).

L’expression d’« intelligence collective » est devenue l’emblème d’une galaxie hétéroclite de théoriciens, chercheurs, consultants en organisation et vulgarisateurs qui manipulent pêle-mêle des théories mathématiques de la complexité, des développements informatiques sur l’intelligence artificielle distribuée, des spéculations philosophico-politiques sur l’avènement d’une nouvelledémocratie cognitive et, enfin, des discours prophétiques sur l’avènement d’un cerveau global. Mais les choses se compliquent quand on veut dévoiler ses lois.

1 Le modèle des « agents réactifs » : l’exemple des sociétés de fourmis

2 Le modèle des « agents intentionnels » : l’exemple du cerveau

3 Le modèle de la « théorie des organisations » : l’exemple des sociétés humaines

 

Le modèle des « agents réactifs » : l’exemple des sociétés de fourmis

Ce modèle standard est inspiré de systèmes informatiques, les systèmes multi-agents (SMA) [1], où une série d’agents autonomes interagissent en suivant chacun des comportements simples.

Par exemple, à l’aide de quelques simples types de comportements attribués à une myriade de soldats robots, on peut simuler une bataille sur ordinateur. C’est ainsi que dans le film Le Seigneur des anneaux (Peter Jackson), les scènes de batailles ont été modélisées sur écran – sans qu’aucun figurant réel ne joue la scène. Le comportement des « agents » était géré par un programme d’intelligence artificielle multi-agent, nommé Massive[2]

Collectivement, les agents parviennent ensemble, sans pilote ni plan d’ensemble, à résoudre des problèmes. Dans les premiers modèles de SMA, les agents sont dits « agents réactifs ». Leur comportement est guidé par des règles élémentaires les faisant réagir à un environnement changeant.

Par la suite, on tente de modéliser des comportements avec des « agents intentionnels », qui obéissent à des conduites complexes : ces agents possèdent des représentations globales de la situation, sont capables de se fixer des buts, avec une gamme de conduites à leur disposition. L’interaction de ces agents intentionnels suppose alors planification et coordination des comportements.

Prenons un exemple concret sur les êtres vivants. Depuis plusieurs centaines millions d’années, lesfourmis primitives possédaient déjà une « intelligence collective » : elles construisaient en commun des dômes et élevaient ensemble leurs larves. Le principe de la coopération fut efficace. Quelques dixaines de millions d’années plus tard, la Terre entière était peuplée de milliers d’espèces (on en dénombre 9500) capables de construire des fourmilières complexes, avec chambre royale, crè¬ches, greniers, couveuses, solariums, salles d’hibernation, salles de garde, cimetières… Certaines espèces pratiquent l’agriculture (culture de champignons), d’autres l’élevage (de pucerons pour récolter le miellat), d’autres l’escla¬vage. Et le tout sans chef, contremaître, centre de décision.

Comment s’y prennent-elles? Les chercheurs ont tenté de modéliser le problème sous le nom d’intelligence en essaim. Le modèle canonique concerne le problème du transport de la nourriture (trouver le chemin le plus court de la source de nourriture à la fourmilière). On suppose que les fourmis répondent à un comportement très simple : chacune suit la trace odorante laissée par les exploratrices retournées à la fourmilière. Comme celles qui empruntent le chemin le plus court font le plus d’allers et retours, elles laissent donc plus de traces odorantes. Les autres fourmis ont donc tendance à s’agréger autour de cette piste. Au bout d’un certain temps, ce chemin est emprunté par toutes.

Des modèles théoriques d’intelligence en essaim simulent assez bien par ordinateur, la façon dont les fourmis résolvent le problème dit du « voyageur de commerce » : comment trouver le plus court chemin entre deux points?

Cette voie de recherche semblait donc prometteuse pour l’étude de l’intelligence collective humaine. Pourtant à ce jour, on n’a même pas découvert vraiment comment les fourmis s’y prennent pour résoudre des problèmes plus complexes que celui du « chemin le plus court ». Au fil des recherches, il est devenu évident que les fourmis ne se comportaient pas en agents simples, répondant à des comportements élémentaires (suivre une trace odorante), régis par quelques formules élémentaires pour résolution de problèmes. En fait, la fourmilière est un super-organisme où chaque élément, issu d’une même histoire évolutive, est déjà doté d’un programme de conduite élaboré.

Le modèle des « agents intentionnels » : l’exemple du cerveau

De fait, les modèles de l’intelligence collective, ispirés des systèmes multi-agents, ont dû, au fil du temps, intégrer des « agents intentionnels » et non plus seulement des « agents réactifs ». De même, il a fallu intégrer des dispositifs d’organisation hiérarchiques, des centres régulateurs, des dispositifs de supervision, de contrôle, s’éloignant ainsi de plus en plus du modèle standard où l’intelligence collective émergerait spontanément d’agents rudimentaires en interaction.

Autre exemple biologique : on sait que le cerveau humain est composé de milliards de neurones reliés entre eux par des voies synaptiques. L’immense réseau ainsi formé est parcouru de flux d’informations circulant sous forme chimique et électrique. Comment ce dispositif fonctionne-t-il?

Une des hypothèses avancées est celle des réseaux de neurones formels. Il s’agit de modèles mathématiques censés reproduire le fonctionnement des neurones biologiques. Chaque neurone se comporte comme un agent simple, qui réagit – positivement ou négativement – à plusieurs stimuli qui lui sont envoyés.

Dès les années 1950, la théorie des réseaux de neurones formels a suscité de nombreux espoirs. On pouvait supposer que par la combinaison entre de très nombreux éléments, reliés entre eux, il serait possible de simuler des fonctions complexes: mémoire, perception, apprentissage, intelligence… Une fois le principe de base découvert, le passage de cerveau simple à cerveau complexe n’était plus qu’une question de nombre.

Mais très vite, on allait déchanter. Dans les années 1960, suite au piétinement du perceptron [3] et des critiques de ses détracteurs, le projet était au point mort. Puis il a connu une renaissance dans les années 1990 (modèles dits réseaux de Hopfield) et constitue aujourd’hui une nouvelle piste pour l’intelligence collective. Mais il reste qu’on ne peut espérer y trouver la façon dont le cerveau s’y prend pour résoudre des problèmes généraux. La raison en est la suivante : si le cerveau se présente bien comme un réseau de neurones, cela ne signifie nullement que l’étude de la physiologie de chaque neurone et de ses connexions avec les autres suffit à expliquer l’organisation d’ensemble.

Plus généralement, le corps humain – ou de tout autre animal complexe – apparaît comme une somme de milliards de cellules interconnectées. Mais pour comprendre le fonctionnement global de ce corps, on ne peut s’en tenir à la seule échelle des cellules et de leurs connexions. Des groupes de cellules forment des organes, eux-mêmes reliés entre eux… Il en va de même pour le cerveau.

La démarche élémentariste qui pense reconstruire le fonctionnement du cerveau à partir de réseaux de neurones ne saurait suffire. Pour en saisir la logique d’ensemble – celle des aires cérébrales spécialisées et leurs articulations –, il faut passer à un niveau d’organisation supérieur. Voilà pourquoi les modèles connexionnistes – qui se situent à un niveau d’organisation assez élémentaire – peinent à comprendre les lois d’organisation du cerveau à un niveau plus global.

Le modèle de la « théorie des organisations » : l’exemple des sociétés humaines

Ainsi, il apparaît que très peu d’organisations vivantes fonctionnent sur le modèle standard idéal de l’intelligence collective, c’est-à-dire d’une multiplicité d’agents simples qui s’auto-organiseraient spontanément.

Aucune ne peut se ramener à un simple schéma d’émergence. Toutes font plus ou moins appel à des dispositifs complexes formés de modules, sous-modules, centres de commande (système cybernétique)[4]… Par exemple, le cerveau n’apparaît pas comme une libre assemblée de neurones indépendants qui s’assemblent et entrent spontanément en coopération pour former une belle machine.

Changeons de niveau d’organisation et passons aux sociétés humaines.La question de l’intelligence collective y renvoie à des questions classiques en théorie des organisations : comment s’élaborent les décisions? Où se réalise la coordination d’activité dans une institution (entreprise, une administration, etc.)?

Jusqu’aux années 1970, ces questions étaient abordées à partir d’un modèle dominant : l’organisation hiérarchique pilotée du haut vers le bas à partir d’un centre de décision unique.

Depuis les années 1980, ce schéma d’organisation a perdu de son crédit. Le déclin des modèles hiérarchiques a conduit à s’intéresser de près au travail en équipe, au processus de décision collective (rebaptisée « gouvernance »), à l’autonomie et la communication des acteurs, à la logique des réseaux.

Finalement, a-t-on pour autant mis en évidence les lois de l’intelligence collective? On en est loin, comme le constate Jean-François Dortier [5] : « Tout d’abord parce que le modèle (standard) de l’intelligence collective, en se focalisant sur les réseaux, sur le fonctionnement des services, détourne de fait le regard du fonctionnement général des organisations. Or aucune entreprise, aucune administration ne fonctionne sur la base de l’auto-organisation. Les entreprises possèdent toutes des lignes hiérarchiques, des lieux de décision et des instances de pilotage centralisés. On peut certes concevoir l’ajustement, la régulation de dysfonctionnements, la trans¬mission d’informations et d’une culture d’entreprise. Mais pour construire un avion, bâtir une maison, éditer un journal, faire fonctionner un hôpital, il faut un plan d’ensemble, un centre de pilotage des fonctions spécialisées ».

Le modèle standard de l’intelligence collective fonctionnerait-il mieux avec les communautés d’individus, de type associations, foules, réseaux scientifiques, usagers d’Internet? C’est le lieu de prédilection des gourous de ce modèle. Par exemple, H. Rheingold [6] soutient, par des cas tirés de différents domaines, que l’agrégation spontanée d’une foule d’individus peut conduire à des décisions ou choix bien meilleurs que les décisions d’experts. En d’autres termes, il vaut mieux suivre la foule, meilleure conseillère, que l’avis des spécialistes

Le principe de la démocratie cognitive s’inspire de ces modèles. La délibération collective, en laissant s’exprimer les opi¬nions diverses, vaut mieux que parole d’expert qui raisonne seule et en fonc¬tion d’une logique unique. Mais là encore, il importe de regarder de plus près. Si parfois la foule est plus perti¬nente que l’expert, il existe mille contre-exemples.

En apparence, le modèle des réseaux scientifiques semble répondre au modèle standard de l’intelligence collective : organisations communautaires auto-organisées formées par des individus en coopération/compétition. Mais là encore, les études sociologiques sur les communautés de recherches décèlent plusieurs types de modèles d’organisation qui reflètent assez peu le modèle mythique de la coopération spontanée. Par exemple, l’organisation de la « big science » (grand programme de recherches impliquant des équipes entières de chercheurs dans des programmes pilotés) ne ressemble pas forcément à l’organisation des communautés de mathématiciens, plus individualistes

 

En conclusion

Dès lors que l’on veut entrer dans le fonctionnement plus précis des organisations vivantes (sociétés d’insectes, cerveau, organisations humaines, etc.), les choses deviennent plus complexes. Apparaît alors une grande diversité de modes de fonctionnement et de type d’organisation. Les fourmis forment des sociétés totalitaires où chaque élément est asservi (par une implacable logique génétique) à la loi du groupe. Ce modèle est-il le même que celui de l’organisa¬tion des neurones du cerveau, d’une équipe de football, d’une communauté de chercheurs?

Il existe une grande variété de modes d’organisation, selon les aptitudes des agents (réactifs ou cognitifs), leur mode de relation (coopération ou conflit), leur organisation d’ensemble (hiérarchique, anarchique) et des finalités (résolution de problème, action collective…). La modélisation de ces différents modes de cognition collective débouche sur des programmes de recherche qui ruinent en grande partie la vision idéale du modèle standard de l’intelligence collective.

Ateliers d’Intelligence Collective

Les ateliers d’intelligence collective ont pour objectif de maximiser le potentiel d’échange, d’apprentissage, de compréhension, de convivialité, de conscience et de plaisir des participants, au niveau collectif comme au niveau individuel. Ils impliquent de transformer nos habitudes et nos pratiques héritées d’une culture organisationnelle hiérarchisée et centralisée. Dans l’espace de l’intelligence collective, les processus ascendants sont privilégiés, il n’existe pas de différence de statut entre les participants.

Enfin, il existe une charte d’écologie sociale acceptée et pratiquée par les participants.

L’espace

L’espace est convivial et accueillant. Des fleurs, de l’art, des objets divers en font un lieu de vie. Un juste équilibre entre décoration et sobriété est recherché.

Les participants s’installent en ¾ de cercle. Chacun doit pouvoir voir et percevoir les autres. Dans certains cas on utilisera des chaises, dans d’autres on s’installera à même le sol sur de confortables coussins et tapis. Les tables en cercle sont déconseillées car elles “coupent les gens en deux” et par conséquent limitent la perception subjective corporelle. Des tables sont néanmoins mises à disposition pour celles et ceux qui en ont absolument besoin.

Il est recommandé de ne pas dépasser 20-25 participants. Une ouverture d’¼ de cercle est laissée pour permettre aux un et aux autres d’entrer au coeur du cercle lorsque nécessaire, et pour pouvoir visualiser des projections, un tableau ou une scène lorsque le cas se présente.

La convergence des regards vers un centre, en plus de créer un espace holoptique (1) fait du cercle un espace « sacré ». Sacré, non pas au sens religieux mais parce que des événements engageant les destinées individuelles et collectives vont s’y dérouler. Cet espace appartient à tous, il engage la responsabilité de chacun, respect et solennité sont garants de son existence

La relation

La relation à soi

L’entrée dans un cercle d’intelligence collective commence par un travail sur soi. Quelques questions utiles que chacun peut explorer :

  • Que suis-je venu faire ? Quelles sont mes intentions ?
  • Ai-je besoin de prouver quelque chose ? De convaincre quelqu’un ?
  • Quelles sont mes tensions intérieures, mentales comme physiques ? Qu’est-ce qui agite mes pensées ?
  • Suis-je prêt à écouter et recevoir les autres, ou bien cette idée génère-t-elle des peurs ?
  • Quelles sont, en définitive, mes peurs ?
  • Qu’est-ce qui me fait plaisir à l’idée de participer à ce cercle ?
  • Qu’est-ce que j’ai envie d’offrir, de partager ?

Cette visite intérieure n’est pas seulement intellectuelle et mentale. Elle est également très physique. Visiter son corps, le détendre, respirer profondément par le ventre jusqu’à trouver un rythme calme et apaisé… Ce voyage intérieur nous révèle nombre de tensions que notre intellect oublie ou masque. Ces tensions génèrent à leur tour des pensées qu’il est utile de comprendre et de regarder avec autant de lucidité possible, et ainsi de suite… pour les laisser s’évaporer. Respirer… se relaxer. Etre là, ici et maintenant

La relation aux autres

L’autre est-il/elle une personne à combattre et/ou convaincre ? L’autre représente-t-il/elle un danger pour soi ? Ou bien l’autre est-il/elle une richesse à découvrir ?

Suis-je moi-même une forteresse, un champ d’orties, une intériorité qu’il ne faut à aucun prix dévoiler ? Suis-je une raison sociale, c’est-à-dire le porte-drapeau de mon entreprise ou organisation ? Ou suis-je avant tout une personne qui va ouvrir ses richesses aux autres, telle une table avec des mets à partager (les sucrés comme les amers) ?

Être dans cette posture ouverte est une condition indispensable pour l’intelligence collective. Est-ce à dire que tout le monde doit être d’accord et s’apprécier, et tomber dans d’impossibles consensus ? Est-ce bien réaliste, alors que beaucoup de meetings sont organisés à cause de la divergence et de l’opposition des participants ?

Pour y répondre, considérons une salle avec des participants en cercle. Au centre se trouve un objet aux formes complexes. Suivant l’angle duquel on l’observe, certains y voient des triangles verts, d’autres des ronds rouges, d’autres des carrés jaunes, d’autres des formes concaves, d’autres encore des formes convexes. Si l’on demande à chaque participant de décrire cet objet, on obtiendra autant de descriptions différentes. Certaines descriptions seront plus ou moins semblables, suivant la proximité spatiale des témoins.

Dans l’ancien paradigme, on obtiendra un conflit. Chacun trouvera légitime son point de vue puisqu’il est fondé sur des expériences sincères et indiscutables de perception de l’objet. Le groupe se placera dans un contexte de « débat » et de tensions qui donneront raison aux plus astucieux, aux majorités, aux plus puissants, à ceux qui détiennent la parole… peu importe le processus de sélection.

Dans le contexte de l’intelligence collective, les participants savent qu’ils ont affaire à un objet trop complexe pour appartenir à une seule perception. L’objet ne devient accessible qu’à travers une reconstitution collective fondée sur les expériences individuelles. Est-ce à dire que chacun devient d’accord ? Certainement pas puisque les expériences individuelles sont divergentes. Ce qui change cependant, c’est la posture individuelle. Au lieu de combattre l’autre ou chercher à le convaincre, on tente de re-construire l’objet complexe et de travailler collectivement sur cet objet complexe. La méthodologie, ainsi que les résultats obtenus sont très différents de ce qui se produit en contexte classique.

Les questions sociales et politiques sont typiquement, et par nature, des objets complexes que personne ne peut appréhender individuellement. Aujourd’hui, le sort de l’humanité joue encore dans l’ancien paradigme, il suffit d’écouter les débats politiques ou d’observer une chambre des députés pour le constater. Quant au nouveau paradigme, il se nomme « l’aperspectivisme ».

C’est après avoir eu une expérience directe et pratique de l’aperspectivisme que l’on peut en saisir toute la mesure. Celles et ceux qui n’ont pas encore pratiqué cette approche opposent en général un certain scepticisme.

Les méthodes

L’action d’un(e) facilitateur/trice est fondamentale pour catalyser le processus d’intelligence collective. Son rôle consiste à favoriser le contexte d’émergence, à aider les personnes dans leur processus d’expression et de participation, à refléter les processus collectifs en cours (apprentissage, tensions, enjeux, etc).

Les actes rituels participent également à l’instauration d’un contexte. Qu’il s’agisse d’un conseil des anciens dans une tribu ou des assemblées des grandes républiques, ils instaurent solennité et transcendance.

Le contexte culturel est évidemment le premier levier à prendre en compte. Néanmoins, dans les sociétés occidentales laïques, les anciens rites religieux ou républicains n’ont pas encore été remplacés par des rites adaptés aux exigences du XXIème siècle, des rites qui expriment la dimension sacrée et inaliénable de l’Humain, sa diversité, et le placent face à sa propre condition d’humanité et de responsabilité dans le collectif. De tels rites doivent opérer un travail autant social qu’intérieur et intime. Ils restent pour la plupart à inventer.

Là encore soulignons le travail du corps, qui nous remet en contact avec nous-mêmes et avec les autres : respiration, yoga, jeu, fête… Trop souvent, les rencontres demeurent exclusivement intellectuelles, orientées projet (illusion de l’utilitarisme) et oublient que l’essentiel reste « invisible aux yeux », comme l’exprimait Saint-Exupéry.

Il est proposé de suivre des règles acceptées de tous. La charte d’écologie sociale en est un exemple

Le déroulé

Voici un déroulé possible.

  • Bienvenue du facilitateur
  • Annonce de l’ouverture de l’espace sacré et solennel (choisir forme rituelle adaptée)
  • Permettre aux uns et aux autres de se rencontrer, prendre physiquement conscience de la présence de « l’autre » : se saluer, se rencontrer, chanter…
  • Temps de méditation (ou minute de silence, ou prière, suivant la sensibilité culturelle des uns et des autres)
  • Chacun exprime très rapidement (en fonction du temps imparti), ce pourquoi il est venu
  • Le facilitateur reformule l’idée de départ pour laquelle les gens sont réunis. C’est l’objet sur lequel on commence à travailler.
  • L’échange commence. Si des exposés/conférences préliminaires sont prévus, ils seront abordés comme une contribution au débat, non comme des éléments centraux.
  • Agenda : il peut être soi prédéfini, soit formulé par le groupe. Dans les 2 cas, une large plage doit être laissée au débat.
  • Débat, échanges : le facilitateur, ou une autre personne, est chargé de l’attribution de la parole, dans un but d’équité. L’utilisation d’un bâton de parole (cela peut être le micro placé au centre du cercle) est très efficace, ce processus auto-organise la distribution de parole et instaure une relation de « don de parole » plutôt que de « prise de parole ».
  • Temps de la conclusion : la parole est une fois de plus donnée rapidement à chaque participant(e) afin de faire partager aux autres ce qu’il/elle a tiré de l’événement et de l’avenir qu’il compte donné dans ses propres actions.
  • Méditation / Pause silence, chant, humour, jeu de scène ou prière
  • Clôture de la cérémonie, fermeture de l’espace collectif

Dans un meeting d’intelligence collective, ce qui se passe après la rencontre est aussi important que ce qui se passe durant la rencontre, car la rencontre se déroule dans un espace-temps limité. Si chaque participant a pu correctement exprimer ses attentes, ses découvertes, ses compétences, ce qu’il a à offrir, alors l’essentiel se déroulera ultérieurement dans les rencontres interpersonnelles, car ces personnes auront envie de se rencontrer et de prolonger la relation, même si ce sont des désaccords qui en sont à l’origine.

La prise interactive de notes projetées sur écran, la création d’un site interactif (wiki? par exemple) pour construire l’expérience et la mémoire dynamique collective, sont également fortement recommandés.

Conclusion

L’expérience de l’intelligence collective passe par la construction d’une vision partagée sur les enjeux d’un tel processus, par un apprentissage individuel et collectif de méthodologies, d’outils et de technologies. Elle se fonde sur une pratique de l’aperspectivisme et une pratique précise du Dialogue (2)

On vient pour donner et partager, non pour prendre et lutter. Cette condition d’abondance et de pluralité représente probablement la posture individuelle la plus difficile à adopter, mais la plus féconde.

Notes

(1) Espace holoptique : un espace dans lequel chaque participant peut tout voir (transparence), mais également percevoir la manifestation émergeante du groupe, et par conséquent engager une relation dynamique entre le niveau individuel et le niveau collectif. Une équipe de sport, un groupe de jazz, un meeting en cercle avec un nombre limité de participants offrent des conditions holoptiques.

(2) Lire « Dialogue » de David Bohm, un chef d’oeuvre sur la question, malheureusement toujours pas traduit en Français.

Qu’est ce que l’hyperconscience ?

L’hyperconscience, çà se vit, çà ne s’explique pas.

Nous inscrivons notre réalité culturelle et professionnelle et le sens de nos actions dans un état de conscience. Cette  conscience est multi- dimensionnelle : il est à la fois une conscience d’être, sensorielle, de soi, hors de soi, de l’autre ou interpersonnelle, une conscience culturelle, collective, émotionnelle, relationnelle, une conscience scientifique et rationnelle, une conscience morale, intuitive, créative et imaginaire, une conscience religieuse et spirituelle,  une conscience de survie, conscience du corps, du cœur et de la tête, etc..

L’hyperconscience est une forme de conscience vaste, pleine et entière, c’est la création d’un pont entre toutes ces rôles de conscience que nous incarnons, l’hyperconscience est en quelque sorte une fusion en soi-même de ces multiples consciences en une seule.  C’est une intégration de l’ensemble des consciences vers une super conscience.

C’est aussi une conscience plus vaste de son inconscient et donc de ces schémas mentaux

Qu’est ce que le coaching transpersonnel ?

Le coaching transpersonnel, c’est un coaching en état d’hyperconscience.

Toutes nos actions quotidiennes sont inscrites dans une conscience collective et groupale. Une sorte de conscience ou tout prend source et au-delà de nos identités. Le coaching transpersonnel est un coaching à la source de l’être, au-delà la pensée symbolique et émotionnelle et rationnelle. C’est un coaching au cœur de la profondeur de l’être. Il se passe dans un espace d’hyperconscience. Il utilise le même type de questionnement qu’un coaching normal sauf que celui-ci se passe dans un état de conscience d’un ordre supérieur.

Qu’est ce que l’intelligence collective ?

L’intelligence collective, c’est l’accès à l’état d’hyperconscience grâce au coaching transpersonnel.

C’est la prise de conscience qu’il existe au-delà de nous une forme d’intelligence invisible qui régit toute la conscience collective dans laquelle nous baignons. Le coaching transpersonnel réalisé dans un espace d’hyperconscience fait prendre conscience de cette forme d’intelligence collective. Favoriser l’émergence de cette forme d’intelligence est un outil de l’hyperconscience.

Le monde du coaching – Version 8

(Philippe CLEMENT coach professionnel en intelligence collective – le 30 mai 2010)

L’hyperconscience au service de l’intelligence collective

Préambule

Que sa manifestation s’appelle hyperconscience, conscience collective, sagesse collective, psyché groupale, résonance collective, synergie d’équipe, co-intelligence ou encore cerveau de groupe, créativité collective, dynamique collective, égrégore, nous sommes de plus en plus nombreux à reconnaître qu’il existe un niveau de compréhension collectif au-delà de la somme des parties.

Comprendre et construire un groupe nous amène à prendre en compte l’existence d’un champ d’intelligence et de conscience entres les êtres humains, à travers lequel nous nous influençons grandement les uns les autres. Améliorer cette construction et la performance d’une équipe passe de plus en plus par cette prise de conscience de notre remarquable faculté de reconnaitre d’intuition, les pensées et les émotions des autres, de penser et créer avec d’autres sans communiquer par nos cinq sens.

Lorsque la performance se manifeste, un phénomène “psy” collectif se met en route. Ce processus rend directement accessible à la conscience certaines dimensions qui resteraient difficiles à saisir autrement. Elle émerge à la base d’une perception et d’une représentation collective immédiate de la réalité ou d’une influence au-delà des sens, provenant d’une apparente capacité de la conscience à opérer par delà les contraintes du temps et de l’espace. Tout comme nous pouvons créer de l’ordre dans les systèmes physiques par l’intention ou l’attention focalisée, un nombre appréciable d’expériences complexes suggèrent que deux personnes ou plus peuvent créer une synchronisation ou de la cohérence entre leurs systèmes nerveux pour appréhender l’hyper complexité de nos organisations ou projets.

La représentation en tant que mode d’accès à la conscience, se traduit par un « flash » où l’essentiel est dépouillé de l’accessoire et où il ne reste plus que quelques éléments de base reliés entre eux dans une image à laquelle on attribue une réalité concrète et presque palpable (simplification).

Il est admis et encourageant d’admettre fortement que la mise à contribution et le développement de ces champs d’intelligence et de conscience collective nous apporteraient de grands bienfaits interpersonnels, organisationnels et sociaux: amélioration de l’empathie, de la compréhension et du respect, de la santé, de la coopération et de la collaboration créative.

Qu’est ce que cette compréhension collective particulière face à l’hyper complexité de nos organisations ?

L’intelligence collective est partout. Elle nous transporte. Elle nous transfuse et personne ne l’appréhende comme un élément fondamental de notre psyché individuelle et collective. Nous ne la voyons pas, nous ne la percevons pas, et pourtant, elle est en permanence active. Nous ne la sentons qu’à de rares moments d’exception. Pourtant dans la nature, l’intelligence collective est à la source de toute évolution. Partout dans nos organisations, elle est active et agit en permanence dans les moindres détails au cœur des liens et interactions de nos systèmes.

Qu’est-ce qui fait que nous nous sommes déconnecté de cette intelligence globale ?

Bien que nous nous discernions comme des penseurs émancipés et libres, il est inaccoutumé qu’une pensée vraiment indépendante non conditionnée nous traverse l’esprit. Pour quelle raison ces pensées indépendantes nous surprennent et nous perturbent ?

La société a élevé l’individualité et l’indépendance à un statut quasi sacré, la seule notion de « conscience collective » risque d’en faire fuir plus d’un, et pourtant, elle est un état naturel et préexistant à toute notre construction mentale. Nous l’avons oubliée et nous redécouvrons avec surprise aujourd’hui ces bienfaits avec suspicion. En effet, nous appréhendons cette nouvelle conscience culturelle qui s’impose à nous, face à la complexité, comme si nos présupposés culturels, nos croyances et nos idées nous retenaient d’avoir ensemble des échanges intéressants sur des sujets d’importance. Une forme d’égoïsme qui nous empêcherait donc de valoriser le bien être des membres d’une équipe. Or, il semble que se reconnecter à la sagesse collective consciemment provoque une rupture de la chaine des peurs, des craintes, des désirs de l’ego en laissant place à une préoccupation bien plus vaste du destin collectif du groupe, d’une organisation, d’un système, d’un peuple, de l’humanité.

Quelles sont alors les conditions permettant d’abolir tout ce qui entrave l’émergence ponctuelle de cette créativité collective pour en faire une capacité permanente ?

Nous nous sommes séparés du monde et avons fragmentés notre environnement des objets qui nous entourent afin de faire émerger en nous une conscience de nous-mêmes (du je). Nous nous sommes donc extraits de notre propre inconscient individuel et collectif pour prendre conscience de notre existence et de notre propre conscience. Nous nous sommes ainsi extraits de la nature et de son évolution. Néanmoins, nous faisons tous déjà partie d’un « esprit collectif » nous fluidisant au niveau de la conscience collective où nous sommes déjà connectés pour le meilleur comme pour le pire sans que nous ne sachions quoique se soit.

Le fonctionnement de notre champ mental, au niveau le plus profond, est donc conditionné par les échanges avec notre environnement naturel, social et économique et se développe en relation avec les autres individus de notre espèce pour former une conscience culturelle. Ces champs mentaux en constante interaction les uns avec les autres, forment des champs sociaux qui ont une énorme influence sur notre comportement individuel.

Lorsque qu’un groupe s’interroge sur des questions élevées et que l’émergence de l’intelligence collective s’active, le groupe devient conscient que leur pensée s’élève en chacun jusqu’au même niveau. Les cerveaux, les cœurs, les corps, les voix, tous sont dans cette unité, unis à un tourbillon de positivité sans limites dans une maîtrise de soi d’un ordre supérieur. Comme si une forme de conscience cohérente se construisait dans l’instant en chapotant la somme des consciences fragmentées. Un peu comme si les cellules d’un corps s’organisaient pour créer un organe supérieur dont la fonction globalise le sens de chaque cellule.

Dans ces groupes chacun est conscient d’un état de réceptivité qui le rend disponible à une conscience collective plus profonde et préexistante. L’attention de chacun se fusionne à celle des autres, et des potentialités nouvelles et inattendues voient le jour. Les participants semblent oublier leurs préoccupations personnelles. Ainsi, identifier les objectifs communs capables de capter l’attention collective assez longtemps permettrait d’ouvrir les portes à la sagesse d’un groupe. Une fois apparue, cette résonance collective semble continuer de sa vie propre jusqu’à sa réactivation qui l’amplifiera durablement. Une forme de conscience culturelle nouvelle émerge du champ d’informations échangé entre les participants.

Quel est ce besoin de transformer pour naître au nouveau, tout en préservant pour se passer de l’ancien, dans notre culture ?

Cette potentialité nouvellement reconnue attire de plus en plus l’attention des esprits innovateurs, intrigués par la possibilité créatrice du collectif, en vue de résoudre nos problèmes les plus complexes ou de conduire de véritable changement à l’échelle humaine au sein de notre culture et de nos organisations. Le collectif devient alors un instrument qui permet de percevoir le Tout à un autre niveau de compréhension. Quand les membres d’un groupe sont bien rodés, cela peut mener à des prises de décisions intuitives très rapides, qui est un moyen de connaissance plus direct que le procédé linéaire. Prendre conscience de cette forme d’intelligence collective et englobante est une chance pour nos organisations face à l’hypercomplexicité de celles-ci.

Accompagner la transformation des membres d’un groupe vers une aspiration commune focalise leur attention vers un but plus vaste  et plus élevé que le leur, propre et individuel, semble un des préalables à l’émergence. Lorsque des individus se rassemblent avec une intention commune et dans un environnement conducteur, quelque chose de mystérieux prend corps dont les capacités et l’intelligence dépassent de loin celles des individus concernés.  Il semble qu’un potentiel collectif d’ordre supérieur plus profond émerge entre les membres du groupe, un ordre plus élevé ou plus englobant dans lequel les aptitudes individuelles (même les plus évoluées) paraîtraient modestes. Comme si l’intelligence collective du groupe s’ordonnançait à mesure que le système se connecte à lui-même de façon créative. Une connaissance plus élevée et plus incarnée de l’interdépendance entre les membres vers le but recherché apparaît, les membres du groupe parlent à partir d’une compréhension partagée et d’une sorte de responsabilité collective.

Le groupe à tâtons, cherche le chemin dans une nouvelle dimension de la conscience collective  avec cette capacité de réunir au centre nos différents angles de vue essentiels.  Ce mode de fonctionnement de groupe connecte l’individu à son potentiel d’avenir le plus élevé, il inscrit son projet individuel dans un projet collectif dont il a été le créateur. Ce qui étonne, c’est qu’en jouant à l’intérieur de ses compétences naturelles et individuelles, le groupe active un potentiel supérieur au-delà des compétences en jeu. C’est comme si une vaste impersonnalité rendait totalement dépassée la notion d’importance individuelle.

Comment se manifeste ce phénomène d’intelligence collective ?

La manifestation du phénomène commence par une forme d’électricité dans l’air, quelque chose de magnétique, où chacun sent plus d’espace autour de lui. C’est presque palpable physiquement. Les membres ressentent un sentiment d’engagement envers lui, une sorte d’amour pour lui. Personne ne l’a créé, mais lorsque chacun s’offre à son expression l’espace s’anime comme une fusion collective. C’est comme si  une énergie à haute vibration passait entre les individus avec cette impression de pénétrer la pensée des autres. Un saut vers un état d’être supérieur naît, bien plus vaste dans son expression et interaction avec les autres. Une combinaison unifiée, profonde, de la conscience pénètre en eux et entre eux, qui semble étonnamment fonctionner en même temps dans sa propre dimension. Le groupe est entrainé dans un processus de prise de conscience et de décisions plus profonde. La synergie du groupe est de plus en plus intense avec les autres dans une sorte d’espace de conscience commun, une façon de voir et de savoir qui unifie le groupe. Un espace où chacun se sent reconnu personnellement, ainsi qu’écouté ou valorisé.

Dès l’émission de ce courant de créativité, d’une élévation harmonieuse d’efficacité, se met à frémir dans l’espace composé par le groupe, le courant emporte tout dans son mouvement. Chaque fois que quelqu’un émet une pensée, une attitude, un ressenti, sa participation semble amener le groupe à une unité plus profonde de compréhension, de vision, d’idées. Les membres du groupe ne fonctionnent plus comme des entités séparées mais ils sont véritablement en train de penser ensemble comme s’ils cessaient provisoirement de s’accrocher à leurs idées. L’écoute des autres est plus attentive et le parler plus authentique. Ce type d’écoute se focalise sur l’essence même de l’autre et du groupe. C’est cet espace en eux qui est connecté avec le potentiel individuel de devenir le plus élevé. Au sein de cet espace de sécurité, inhabituel dans notre monde compétitif, les membres trouvent la liberté d’exprimer leur vulnérabilité et leur authenticité et tendent à faire tomber les barrières sociales en favorisant d’étonnantes rencontres collectives.

Dans cet élan qui emporte, le temps parait ralenti sur un silence commun de réflexion sur ce qui vient de se révéler. Durant les échanges les heures, espacées de profonds silences, passent et personne ne souhaitent s’arrêter. Une intimité et une vulnérabilité inattendues émergent entre les participants.  Personne ne sait ce qui a émergé collectivement, mais tous savent que c’est important et au-delà du nous. Les membres sentent qu’il y a là quelque chose de différent et d‘une immense valeur. Ce qui se passe se rapproche en effet de la révélation, de la prise de conscience, d ‘une intuition collective, c’est un nouvel aperçu de la réalité. Quand quelqu‘un parle, c’est comme si le participant parlait lui-même. Et quand il parle, il parle sans ego, sans jugement, sans craintes, comme si ce n‘était pas réellement lui. C‘est ressenti chez l’individu comme quelque chose de plus grand que lui parlerait à travers lui. Les membres se laissent conduire et penser d’une manière entièrement nouvelle. (fig d’après Otto Scharmer ci-dessus Théorie U)

Le groupe à cette impression qu’un être collectif les regarde, planant au dessus d’eux dans une atmosphère immanente à la totalité du système social interconnecté. Une certaine humilité s’installe grâce à la sensation digne de faire partie de quelque chose de beaucoup plus vaste. Les participants  sentent la présence de ce qui se passe dans l’instant comme une action juste, cohérente, comme une prise de conscience d’un niveau supérieur, et ils se rendent compte que les autres membres du groupe le ressentent aussi. Chacun perçoit que quelque chose s’ouvre à une dimension jusqu’alors inconnue, et que «  ce quelque chose » de plus vaste que lui-même est à l’œuvre. La capacité de communiquer semble s’amplifier. Les participants s’étonnent de la créativité qui s’exprime et ont l’impression que tout le monde crée ensemble, sans savoir comment cela se passe. Les gens cessent de se battre et une sorte d’intuition de groupe se développe parce qu’intuitivement ils savent ce que groupe va faire.

Lorsque le groupe atteint un certain degré de cohérence, de plénitude, d’excitabilité, un niveau supérieur d’ordre apparaît, et les participants le remarquent nettement par une ambiance intuitive et contagieuse difficile à expliquer. Quelque chose a bougé et ils ressentent une très grande force d’attraction vers un mouvement commun. C’est presque comme si le groupe, en tant qu’ensemble, devenait un diapason qui entraîne l’expression d’une forme d’intelligence globale de la psyché groupale. Le groupe ainsi s’engage plus loin et entre dans un courant plus profond qui commence à révéler les préjugés implicites qui sous-tendent nos pensées. Le groupe se propulse à un niveau plus élevé de congruence et à une nouvelle compréhension collective capable d’influer les structures même de la pensée qui sous-tendent toute la culture de l’organisation. Les croyances collectives bougent.

Cette forme de communion inconsciente semble s’être formée au tout début de notre espèce lors de la formation de notre cerveau « tronc cérébral, reptilien, limbique et néo cortex». Un encéphale en relation au monde qui accueille le monde en lui en reflétant l’histoire culturelle et psychologique de l’ensemble de notre espèce.

L’intérêt pour ce qui est du domaine du possible et de l’inconnu devient profondément vivant et innovant. Simplement en prêtant attention les uns aux autres et en gardant ouvert l’espace entre eux, alors quelque chose se passe et le groupe se sent emporté dans une autre dimension. L’effervescence du flot d’idées puisant dans les pensées et les réflexions réagissent de façon à vraiment à rencontrer l’autre. C’est comme si cet esprit créatif fondait sur eux.

La psyché groupale, cerveau collectif, sagesse collective comme un seul corps communique une forme de conscience qui est comme unique et commune à tous. Il y a une écoute et une attention extraordinaire qui émergent, plus vastes, plus spacieuses, plus libres. Une attention et une vigilance particulièrement sensible met en haleine, aiguise la curiosité et excite l’intuition. Le groupe perd le sens du conflit au profit de la co-création et du co-développement. Personne ne s’oppose dans le débat à qui que ce soit, tous les participants s’aident les uns les autres.

Créer les conditions qui amènent à la manifestation de l’intelligence collective est un pré-requis. Une intention forte partagée est une des conditions préalables. Inscrire l’intention individuelle dans cette intention collective un second pré-requis. L’intérêt, la confiance mise en jeu, l’acceptation, la réceptivité à être dans la vulnérabilité et l’écoute bienveillante, attentive et intentionnelle semble propice à cette manifestation dans le moment présent. Cela fait appel à une qualité d’attention partagée inhabituelle, si l’on veut y voir naître des potentialités collectives d’ordre supérieur.

Créer l’environnement favorable et exploratoire positif à cette émergence de la conscience collective est une des qualités du coaching collectif en intelligence collective. De nombreuses méthodes et protocoles progressifs favorisant l’autonomie sont à la disposition du coach dans l’exercice de son métier sur l’éveil de cette intelligence collective. Même si tout se passe dans le moment présent et en intelligence de situation, encourager, faire fleurir la co-intelligence et la résonance collective de ces états d’hyperconscience collective à titre individuel ou en groupe s’inscrit dans une progression pédagogique précise. Cette progression a pour but de rassurer le « mental et les egos », ouvre un espace de sécurité d’accueil à l’émergence et éveil aux prises de conscience au fur et à mesure des succès rencontrés.

Coaching d’intelligence collective, un levier de performance pour l’individu et l’organisation.

Comment concilier la performance économique et le développement social de nos organisations ?

La performance sociale des managers et la capacité à faire émerger l’intelligence collective des groupes, des équipes, doit pouvoir être évaluée. La notion de performance accrue ne se limite pas aux cadres à haut potentiel mais s’applique à l’ensemble de l’organisation.  L’entreprise performante est celle qui se donne les moyens – en favorisant l’émergence de l’intelligence collective – d’identifier, de développer et de fidéliser les hauts potentiels afin d’obtenir d’eux un engagement supérieur à la moyenne.

La visibilité de plus en plus courte et la charge de plus en plus forte conduisent les  entreprises à agir sous la pression et dans l’immédiateté. Or la santé des salariés constitue aujourd’hui un véritable enjeu, voire un levier de performance, dès lors qu’on  prend en compte les conditions de travail, son organisation, mais aussi la communication et les modes de management. D’où l’importance d’un management de qualité, suffisamment préparé et impliqué. Et des pratiques managériales porteuses de réussite : vérifier la charge de travail et la mise en place de la reconnaissance des collaborateurs, ainsi que l’autonomie, le soutien social au travail, porter plus d’attention à la clarté et au pilotage du changement, à l’épuisement émotionnel, aux conflits éthiques, à l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Pour que chacun se sente acteur du devenir de l’entreprise, le management doit faire partager la vision et fixer des objectifs à court, moyen et long terme pour diminuer la pression.

Pour soutenir au mieux ces mutations annoncées, les managers doivent développer leurs savoir- faire sociaux, leur processus, leurs compétences, faire appel à la participation, à la collaboration et au collectif (identifier et accompagner les managers en difficulté doit être le corollaire).

L’élévation du niveau de conscience culturelle de l’ensemble des collaborateurs et leurs aspirations à davantage d’autonomie plaident pour un management qui développe la motivation et stimule l’intelligence collective en offrant davantage de responsabilité, de contractualisation, de souplesse tout en favorisant l’engagement. Co-création, co-développement, collaboration deviennent indispensables – et particulièrement aux jeunes générations – pour leur donner le sens de l’action, de l’ambition et de l’innovation.

Le coaching d’intelligence collective fait appel à des valeurs qui privilégient la solidarité et le collectif mais également l’autonomie et la responsabilité. Favorise le potentiel et l’aptitude des collaborateurs  à s’investir et/ou conduire des projets transversaux. Il permet en outre de  trouver un juste équilibre entre un engagement « vertueux » produisant de la performance et du bien-être  et un engagement plus discutable voire pernicieux (surinvestissement à court terme et risques psychosociaux).

Quelques outils de coaching d’équipe, d’organisation et d’intelligence collective:

Groupe restreints

  • Le sens de l’observation (l’art de l’observation)
  • La théorie U (l’art de l’émergence de l’IC au cœur du management)
  • Le management de l’IC et les TIC (l’art de la collaboration)
  • La vision intégrale & holacratie (l’art d’observer avec la conscience en management)
  • Sortir de la boite (l’art d’observer son conditionnement et se déconditionner)
  • Sentir depuis le champ d’intention. (l’art de se positionner côté cerveau droit)
  • Communication collective (l’art de méta-communiquer)
  • La décharge émotionnelle collective (l’art de réduire les émotions négatives)
  • Cercle de dialogue (l’art de l’échange en groupe)
  • Open space Technology optimiser le temps (l’art de se comprendre à un autre niveau de compréhension)
  • La carte mentale (l’art de la vision graphique globale)
  • Action Learning (L’art d’apprendre un expérience, diminuer la résistance au changement)
  • Les 5 balises du futurs (L’art de l’anticipation)
  • Outils de « Team building »

Grands groupes

  • L’investigation appréciative (l’approche positive) Appreciative inquiry: construire sur ce qui marche bien
  • Le forum ouvert, World Café: inclure toutes les parties présentes, co-développement (l’art de l’échange)
  • Le questionnement collectif (l’art de questionner en reflet systémique)
  • La théorie du chaos (l’art du lâcher prise)
  • L’art de la récolte (dynamiser la créativité collective)

Prise de conscience

  • La spirale dynamique (évolution de la conscience culturelle)
  • La cohérence cardiaque, stress collectif (l’art de gérer son stress biofeedback)

Jeu

  • Le jeu de l’entraide (l’art de poser des questions ouvertes)
  • Le jeu du Tao (L’art de définir sa mission)
  • Le jeu résolution coaching

Comment fonctionne la conscience ?

Conscience et intelligence collective sont-elles une et même chose ?

Le niveau de conscience dans le quel nous baignons semble insuffisant pour nous guider vers une satisfaisante compréhension de sa complexité. Chaque espèce a des capacités cognitives limitées et la compréhension de la conscience nécessite peut-être des notions qui nous sont inaccessibles pour le moment. Albert Einstein disait « Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau conscience. »

Qu’est ce qu’un niveau de conscience ? Les niveaux de conscience sont ils infinis ? Qu’est ce que la conscience ? En quoi une croyance n’est pas la conscience ? Sommes-nous conditionnés par la conscience ? La conscience dépasse-t-elle notre propre espace cognitif ? Est-elle intemporelle et impersonnelle ? Qu’est ce que cela veut dire prendre conscience ? La conscience serait elle un organe construit et social ? Lors d’un bouleversement de la chimie du cerveau pour quelles raisons la conscience est-elle modifiée ? La conscience serait-elle le résultant du tri sélectif de milliards de milliards d’informations ?

Depuis la nuit des temps la conscience globale de l’humanité s’éveille à la réalité à grande vitesse à mesure des découvertes scientifiques. Plus les croyances tombent dans l’oubli, plus les êtres se délivrent de leur conditionnement limité en s’éveillant  à un degré de liberté psychique. Nous franchissons ces stades d’éveil collectif par saut quantique au fur et à mesure que la psyché collective change et se transforme.

Notre conscience actuelle ressemble-t-elle à celle où nous étions encore des primates ? Est-elle évolutive ? Est-elle limitée par nos croyances ? Sommes-nous incapables de nous représenter la conscience ? Comment l’activité neurale peut produire un sentiment subjectif ? Nos limites cognitives de notre outil pensée sont elles fixent ? La conscience est elle bien plus vaste que nous ne pouvons l’imaginer ? Comment est elle généré au travers et en l’être humain ?

La transdisciplinarité et la neuroscience s’intéressent de plus en plus à son existence et sont pour le moment impuissantes à élucider cette complexité de la conscience humaine. Nous savons beaucoup de choses sur les états de conscience mais nous ne savons toujours pas comment la conscience fonctionne ! Par exemple, nous savons que c’est bien consciemment qu’on accède à notre discours intérieur qui accompagne une lecture silencieuse.

Prenons comme postulat pour la compréhension du texte que la conscience englobe l’inconscient, le préconscient, le conscient et le non conscient. La conscience se représente de façon multidimensionnelle et multi référentielle et qu’elle se déploie en niveau de conscience.

(Un additif à ce texte rassemblera tous les éléments physiques du fonctionnement des neurones et du cerveau, les ondes cérébrales, les différents états de conscience, etc….)

Le cerveau, un organe social de la conscience.

La complexification des systèmes nerveux au cours de l’évolution des espèces nous amène à dire que la conscience a pu être un avantage pour résoudre les problèmes rencontrés par nos ancêtres. Comme par exemple la reconnaissant des visages et la capacité de prédire le comportement de chaque personne en groupe. Chez l’être humain normal, la rencontre avec d’autres personnes ou groupe de personnes porte le cerveau à attribuer immédiatement certains états mentaux.

Notre cerveau serait-il une machine à détecter l’intention instantanément et l’état d’autrui avant même qu’il accède au langage conscience ? Serait-il une machine à détecter efficacement les émotions d’autrui par son langage non verbal ?

La conscience humaine est très difficile à définir car elle est accessible seulement du point de vue du sujet conscient alors que les phénomènes physiques sont accessibles à tous. De plus, elle est laborieuse à définir car la conscience à un caractère ineffable, c’est-à-dire qu’on ne peut en rendre compte convenablement avec les termes du langage.

Il semblerait que l’évolution de notre conscience et de notre intellect se serait faite, tout au plus, en réponse à la complexité de ce monde social initié entre les individus, plutôt qu’en réponse à l’environnement physique. La sélection naturelle aurait donc sculpté notre capacité cognitive davantage en réaction à autrui qu’à l’environnement. Les primates et donc les humains sont des créatures hautement sociales.

Connaître les intentions des autres à tout le temps était crucial pour notre survie. Voilà pourquoi nous sommes passés maîtres dans l’art de la simulation interne de l’esprit des autres. Des neurones, appelées neurones miroirs, sont passé maitre dans cet art de la simulation (mimétisme) et font en sorte qu’il n’y a pas de frontière entre soi et l’autre. Notre capacité à décoder l’état d’esprit d’autrui a été le premier phénomène de la conscience avoir évolué et qui auraient été par la suite appliqué nous-mêmes.

Dans son évolution, considérons, là aussi, l’empathie humaine comme quelque chose de fondamental. Prenons l’exemple d’une contagion neuronale dite émotionnelle de la souffrance, l’homme tend naturellement à soulager la souffrance d’autrui pour apaiser du même coup sa propre souffrance. D’où la grande importance accordée aux neurones miroirs dans ce phénomène de la contagion émotionnelle des foules, la dynamique, de groupe, l’intelligence collective.

Ce phénomène émotionnel du même coup favorise l’émergence d’une conscience de soi, permettant de nous observer comme si l’on était un autre. La conscience de « soi » aurait émergé progressivement au cours de l’évolution à mesure que les groupes sociaux se complexifiaient et donnaient un avantage à ceux qui étaient capables de se mettre dans la peau des autres. Elle apparaîtrait chez l’homme avec les émotions primordiales comme la faim, la soif, le besoin de la sensation d’étouffement, le désir sexuel, la douleur.

La conscience serait donc une propriété émergente qui a évolué avec la fonction sociale. La conscience de nos relations aurait une origine sociale, et proviendrait davantage de la communication avec les autres. L’origine d’une action consciente n’est pas à chercher seulement dans le cerveau d’un individu, mais dans la relation permanente avec ses homologues et le reste du monde. La conscience serait un phénomène fondamentalement social lié à la communication. La conscience s’appuierait sur un phénomène d’intelligence collective !

La conscience de soi serait-elle alors le résultat d’une pression culturelle, et non pas seulement le produit du monde physique qui nous entoure mais surtout des individus avec qui l’on communique ? La conscience serait-elle alors prisonnier en quelque sorte de notre intelligence sociale et de notre conscience culturelle ?

La conscience serait-elle virtuelle et distribuée ?

Contrairement aux propriétés des phénomènes physiques, elle ne peut être exprimée avec précision en termes de masse de température. Un peu comme la vision ne fait pas percevoir les ondes électromagnétiques mais des objets lumineux. Ce qui fait dire parfois aux chercheurs que l’esprit ne serait qu’un artefact de la perception.

La conscience primaire nait d’une contagion neuronale instantanée d’une association inconsciente d’assemblées de neurones (programmes idéomoteurs de survie ou de plaisir) en relation direct avec des milliards capteurs sensoriels du corps. Elle émerge dans ici et maintenant  d’une forme de langage source primaire attachée aux fluctuations de l’environnement, et se synchronise en se concentrant sur la force des signaux et de l’expérience du sujet. A partir de ces différentes modalités sensorielles activées se forme une image sensorielle sécurisée et unifiée de l’environnement. La conscience aurait donc émergée pour nous simplifier la vie en protégeant notre intégrité.

Notre cerveau a cette capacité d’extraire une image virtuelle stable du monde parmi les informations sensorielles ambiguës et multiples (image virtuelle de ce que nous considérons être la réalité perçue). À partir de cette image stable du monde, l’homme peut choisir rapidement des comportements appropriés en fonction d’intentions et de buts à atteindre sans se soucier encore une fois de la complexité des commandes motrices à donner à son corps.

Ce cerveau avec ses deux hémisphères offre de troublantes dissociations, en fait, lorsque le cerveau est divisé, il semble que la conscience de soi l’est aussi. Ce qui reviendrait à dire que pour piloter notre existence, nous avons deux types de conscience fusionnées qui interagissent entre elles et avec l’environnement.

La compréhension du monde se ferait-elle dans l’équilibre d’une réponse alternative entre nos hémisphères ?

Si l’hémisphère droit, à cause de son implication dans l’image globale du corps, est très important pour générer ce sentiment d’être soi, l’hémisphère gauche quand à lui est spécialisé dans le langage chez la grande majorité des gens, est semble être à sa façon tout aussi essentielle à la conscience de soi.

Chaque hémisphère semble spécialiser en deux types d’états de conscience. L’hémisphère gauche aurait un état de conscience plus dissocié, plus spécialisée sur le détail, orienté vers l’action et la recherche d’objectifs. Celui-ci semble en relation étroite avec une forme de conscience collective et culturelle externe à soi. Tandis l’hémisphère droit serait inversement plus associatif, spatial et davantage spécialisé sur la globalité, le sens, la cohérence. Celui-ci semble en relation avec l’inconscient collectif et l’intelligence collective.

La fusion et l’unicité perçue de ces deux formes d’états de conscience seraient-elles un interprète qui se raconte constamment une histoire cohérente de la réalité à partir d’un imaginaire construite directement de nos actions, de nos émotions, de nos ressentis et de nos pensées ? Le processus décisionnel initié inconsciemment, pourrait-il alors être approuvé ou empêché par la conscience volontaire et vigile ou par des processus totalement inconscient ? Notre libre arbitre aurait-il ainsi le pouvoir de rejeter, parmi une multitude d’intentions surgissant au hasard dans le circuit neuronal du cerveau, toutes celles qui sont inappropriées, de toutes actions inacceptables socialement avec cette possibilité d’être stoppées avant son extériorisation ? La conscience serait en quelque sorte un monitoring ? Autrement dit, jouerait-elle un rôle de contrôleur de soi et de l’environnement, de nos pensées et de nos comportements ? La conscience que nous avons de nos propres intentions d’agir serait-elle une conséquence de l’activité du cerveau plutôt que sa cause ?

Voici un tableau comparatif non exhaustif des possibilités de représentations symbolique et métaphoriques des états de conscience.

Prise de conscience sur la réalité (insight) Monde Extérieur, Réelle réalité Non Conscient Non Possible Complexe 

Chaos

Inconnu Conscience, morale, culturelle et collective Cerveau néo cortex, pro actif, anticipation Intelligence rationnelle, analytique
Conscience environnementale 

Présence

Monde Réel 

Réalité perçue

Conscient Possible Compliqué Apprentissage, connu Conscience Volontaire, réflexive, de soi, vigile Cerveau limbique, affectif, relationnel, émotionnel Intelligence émotionnelle, relationnelle, affective
Inconscient réflexe Monde Intérieur Imaginaire rêves Inconscient Impossible Simple Intégration Inconscient collectif, conscience primaire Cerveau reptilien, survie, plaisir, facilité, réactionnel Intelligence collective, intuitive, créative

En quelque sorte notre système s’informe constamment de l’activité d’une multitude de systèmes inconscients et conscients fonctionnant en parallèle afin de coordonner toute cette activité neuronales en autorisant ou inhibant des actions déjà initiées automatiquement. Le mécanisme de conscience ne serait ainsi qu’une fine couche de commande ajoutée sur un ensemble de mécanismes non conscients largement majoritaires.

Notre conscience nous pousse à l’action.

Au fond, aucun mécanisme n’est conscient, mais il se met en marche consciemment. La conscience intervient davantage lorsque les choses ne se passent pas comme prévues, que nous faisons face à un défi nouveau ou une situation menaçante. Ainsi nous pourrions dire que la conscience aurait émergé comme un phénomène associé à un état d’hyper vigilance survenant lors de situations d’urgence mettant en jeu la vie. La conscience serait en quelque sorte un kit de survie dans l’action. Toute perception entraînant une action et toute action entraînant une perception.

Nos comportements limités et conditionnés font partis de l’univers dans lequel nous nous déployons et nous n’échappons pas à ses lois.

Par conséquence, peut-on dire que la conscience volontaire joue bel et bien un rôle dans nos prises de décisions sur le monde et sur notre libre arbitre ? Sommes nous capables de déclencher consciemment une activité cérébrale qui semble mener ensuite irrémédiablement à une action volontaire ? Où le libre arbitre relève-t-il plus de l’illusion cognitive externe à soi, en partant du principe que l’illusion n’est pas quelque chose qui n’existe pas mais plutôt quelque chose qui n’est pas ce qu’il semble être ?

La volonté consciente engendre une force active et décisive dans nos actions. En effet, lorsque l’existence de l’être est en jeu ou que le danger s’impose à lui, l’ensemble les états de conscience poussent à l’action. En réaction à un événement, nos gestes sont initiés dans les régions préfrontales du cerveau en moins de 20 millisecondes et les régions motrices qui programment le mouvement dans le détail, avant de les exécuter, sont existées avant même que nous en ayons conscience ! Ainsi dans le sport de compétition, dans le management, dans les grands groupes, la perception d’une simple intention d’autrui engendre des assemblées et des programmes neuronaux réflexes idéomoteurs, le corps inconsciemment se met en marche. Nous en avons pour preuve les faibles signaux émis par notre langage non verbal et émotionnel.

Quand une pensée surgit à la conscience juste avant une action (priorité), elle est s’harmonise avec cette action (cohérence), et quand elle n’est pas accompagnée par d’autres causes possibles pour cette action (exclusivité), la conscience est portée par des intentions au moindre objet en mouvement. Lorsqu’un mouvement apparaît dans notre champ visuel, premièrement notre cerveau décide une action en moins de 20 ms et met en branle les mécanismes qui vont mener à son exécution (rappel la prise de conscience commence à émerger au bout de 350 ms). Deuxièmement, tout en étant ignorants des mécanismes inconscients sous-jacents, nous devenons conscients d’une pensée au sujet de cette action que nous appelons intention. Troisièmement, finalement l’action survient après l’intention, et nous faisons constamment l’erreur de conclure que c’est cette intention qui a causé l’action ! Nos pensées seraient au fond que des mouvements potentiels qui ne sont pas encore actualisés.

Lorsque nous décidons d’exécuter un mouvement et que nous le faisons, les neurologues constatent que la décision est prise 350 ms avant l’action. Il semble donc que la conscience volontaire arrive beaucoup plus tard pour être à l’origine de l’action.

Et si le cerveau peut initier nos mouvements volontaires avant même l’apparition d’une volonté consciente de ses mouvements, que reste-t-il pour la conscience ? Notre conscience serait-elle subjective et serait-elle qu’une illusion ? La conscience viendrait-elle seulement après coup justifier les actions décidées par ces mécanismes inconscients, en adaptant la gestion de parole au contexte culturel et social du moment ? Est-il alors possible de dire que ceux sont les assemblées de neurones les plus actives qui forme le contenu de conscience ?

Comme nos neurones participent aux états de conscience, qui opère ?

Une très grande majorité de notre vie est réglée par des circuits cérébraux inconscients. Quand la réalité perçue s’accroit,  l’activation des neurones est largement amplifiée et réverbérée d’abord à travers le cortex frontal en 275 millisecondes, ensuite vers le préfrontal dès 300 ms. Pour qu’il y ait conscience, il semble donc qu’il faut avoir un échange en résonance entre différentes régions du cerveau. La conscience semble également surgir que lorsque des aires dites supérieures comme le cortex frontal, est relié au circuit de l’émotion et de la prise de décision.

Les neurosciences focalisent davantage sur un faisceau d’innombrables assemblées de neurones inter-reliés, dont l’activité de la plupart, demeurent inconscientes. Les opérations cognitives résultent de l’interaction d’innombrables unités neuronales interconnectées qui interagissent entre elles, sans pilote central. Un réseau de neurones peut donc servir à décrire adéquatement la cognition, et pour qu’un tel réseau puisse produire de la signification, il doit nécessairement posséder une histoire, il doit pouvoir agir sur son environnement et être sensible à ses variations. Le monde environnant est façonné par l’organisme autant que l’organisme est façonné par lui.

Dans l’évolution, le cerveau, pour facilité le traitement, à fabriquer des méta-représentations, et au lieu de produire de simple représentation sensorielle, il s’est mis créer des représentations de représentation sous forme de symbole. Pour accélérer son fonctionnement, l’architecture cérébrale lors de l’apparition et l’éveil de la conscience peut être représentée en système de cartes neuronales (banque d’expériences ou constellations émotionnels) constituées d’assemblées de neurones responsables de nos différentes possibilités perceptuelles. Lorsqu’un stimulus est reçu par l’organisme, le circuit neuronal dans les connexions réciproques, constitué de cartes perceptuelles d’assemblés de neurones, se renforcerait. Il en résulte un système de cartes neuronales étendues. Plusieurs cartes vont être activées et vont s’envoyer des signaux mutuels. Un ensemble de zones neuronales s’activent sous forme de noyau dynamique et ce noyau s’affaire pour décrire les processus conscients et permet de construire sans cesse de nouvelles significations de la réalité. La conscience a donc alors un rôle d’opérateur qui module ces dynamiques cérébrales.

La contagion neuronale, la naissance d’un état de conscience

D’après les chercheurs, la clé des processus conscients est la contagion neuronale. Elle se trouverait dans des oscillations neuronales synchronisées dans le cortex à des fréquences avoisinantes 40 Hertz. C’est de cette synchronisation temporelle de l’activité neuronale que naîtrait l’accès perceptuel conscient. L’assemblée neuronale en résonance qui devient conscient serait celle qui est en phase avec l’oscillation de 40 hertz. C’est comme si la vague ondulatoire qui rayonne dans tout le cerveau, éclairerait les zones neuronales et les mettraient en cohérence en donnant naissance à la conscience, à la manière d’un écran de radar. Cette synchronisation se diffusant dans tout le cortex un peu comme sur un radar de tour de contrôle illuminerait tous les objets sur le passage d’un cycle.

La fréquence de synchronisation de 40 Hertz du cerveau et un outil extraordinaire de synchronisation temporelle de l’activité neuronale. Celle-ci est reliée de près à l’intégration perceptuelle, à la construction des représentations cohérentes et à des processus d’attention sélective sur la réalité. Ainsi des circuits neuronaux en synchronie faisant force auront tendance à avoir une visibilité et une force associative plus grande. La conscience devient alors un outil précieux en allouant davantage de ressources cognitives à la résolution de la situation en cours et significative.

Les objets étant les différentes coalitions de neurones en compétition. La synchronisation des oscillations à 40 Hertz serait peut-être le mécanisme par lequel se résoudre cette compétition en favorisant la sélection d’une assemblée particulière de neurones dans l’espace de travail global ainsi créé.

Il faut en effet rappeler qu’il ne peut y avoir qu’une seule chose à la fois dans notre conscience. Les différentes assemblées neurones et différentes tâches qui requièrent la conscience, entrent donc dans une certaine façon en compétition les unes des autres pour passer à la portée de la conscience. La conscience pourrait avoir une fonction de déclencheur de processus inconscient. Elle donnerait ainsi accès sur demande à toute une gamme de connaissances inconscientes.

Cette oscillation démontre en état d’éveil ou de sommeil, en cas d’urgence, que la synchronisation va produire une réponse corticale en se remettant à zéro lors du balayage. Ceci dans un but de synchroniser d’autres assemblées neuronales nouvelles en lien avec la situation d’urgence. C’est l’exemple d’une personne qui marche dans la rue en réfléchissant, son cerveau en général oscille à environ 40 Hertz. Tant que les représentations mentales s’accordent avec l’environnement extérieur, le cerveau continu de mettre la scène à jour selon un rythme stable. Chaque onde qui balaie le cortex en 12,5 ms crée une image, et ces images s’enchaînent si rapidement que tout semble continu, comme l’image fixe d’un film qui devient apparemment fluide lorsqu’elles défilent assez rapidement. Mais si un véhicule surgit devant lui mettant en danger sa vie, le cycle de 40 Hertz est abruptement remis à zéro -resynchronisation du cerveau face à l’inconnu – pour incorporer les nouveaux stimuli dans l’ensemble de la scène afin que la nouvelle information puisse être prise en compte (cet arrêt sur image est un état d’hyperconscience). Au point que l’action de retrait du corps face au danger soit en totalité exécutée de façon inconsciente ! Le cerveau s’est mis en alerte instantanément et totalement inconsciemment en bouleversant la chimie du cerveau et du corps pour réagir. La personne prenant conscience de l’instant qu’après la situation critique dès que le film de la vie se remet en route !

L’espace de travail, le creuset de la conscience.

Contrairement à l’information traitée par les sous systèmes isolés qui elle demeure inconscient, certains sous systèmes neuronaux mettent en commun certains résultats de leur opération dans un même espace de travail global. L’espace de travail neuronal non localisable est en mouvement permanent et est donc un lieu d’échange d’informations. D’autres sous systèmes peuvent aussi profiter de cette information disponible et c’est cette disponibilité qui constitueraient l’émergence de la conscience. La conscience est proche d’une forme de mémoire de travail momentané permettant de prendre en compte l’interaction entre les processus conscients et inconscients observés.

À tout instant, des milliers d’objets ou programmes mentaux se forment et se défont ensemble dans le cerveau. Comme le cerveau reconstruit la réalité perçue avec l’information qu’il perçoit, les souvenirs, l’expérience, à chaque instant, il y aurait donc plusieurs états conscients possibles. Mais seulement une de ces versions multiples connaîtrait son heure de gloire et deviendrait célèbre, autrement dit conscient, l’espace d’un instant. Ce qu’on appelle le soi pourrait être considéré comme ce qui émerge de ce conflit entre la perception, l’attention, le langage etc… qui accomplit chacun leur tâche à un niveau dont une seule version atteint le seuil de la conscience.

La conscience traite l’information en profondeur entre des fonctions cérébrales indépendantes et ignorantes de ce que font les autres. Si le signal est trop faible, le traitement d’informations reste localisé dans le processeur inconscient et se dissipe rapidement, cela correspond à l’état subliminal. Si le niveau d’activation est insuffisant, elle reste sous le seuil des boucles d’auto amplification de l’espace de travail conscient. Si l’activation est assez forte et se répand dans plusieurs régions sensorielles du cerveau, et si l’attention n’est pas orientée vers un stimulus alors la formation demeure inaccessible à la conscience, un état qui peut toutefois devenir conscient s’il subit l’amplification suffisante de haut en bas.

Si l’activation est forte et l’attention focalisée sur le réel ou l’irréel (le cerveau ne faisant de différence entre le réel et l’imaginaire), dans le creuset de l’espace de travail neuronal surgit un état de conscience.

Les différents états de conscience qui font de nous un être conscient.

Il existe différentes catégories de conscience selon différents états d’éveil ou de sommeil. Nous distinguons une conscience primaire dite d’accès dont le contenu est immédiatement disponible (conscience de bas en haut) et une conscience phénoménale dont la perception fait ressentir une douleur, percevoir une couleur (conscience de haut en bas).

Une conscience de soi, c’est-à-dire de représentation de soi nous conférant une certaine unité de notre vie mentale. La conscience de soi est en constante transformation, jamais fixe, ne reposant sur aucun fondement stable. La construction de soi, dans le temps, s’amorce après l’âge de deux ans. Les nouveau-nés sont par contre incapables de faire la différence entre eux-mêmes et le reste du monde, y compris avec leur mère. Cette prise de conscience de soi se développe entre l’âge de six mois à un an en lien avec le monde et les êtres. Cela lui permettra éventuellement de se raconter, de mettre en scène et de modifier ses souvenirs à mesure que ceux-ci se dérouleront.

Une conscience réflexive ou vigilante (monitoring) dont la capacité est d’inspecter délibérément le cours de nos pensées, de faire de l’introspection, dépister notre comportement. La conscience réflexive, cette impression que c’est moi qui perçoit, est souvent présentée comme condition nécessaire à la conscience de soi, c’est-à-dire le sentiment d’être soi et pas un autre. La conscience réflexive serait nécessaire à la conscience de soi. C’est le fait de connaître mon histoire personnelle, pourquoi je suis où je suis dans l’instant présent et pourquoi je serai et à tel endroit ce soir. La conscience vigile orientée sur le monde extérieur donne souvent cette impression d’avoir un esprit détaché du corps, comme dissociée, même si elle est fausse, elle est adaptative dans la mesure où elles augmentent la valeur que nous accordons à notre existence et à celle des autres.

La conscience subjective ne serait que le produit des interactions neuronales de notre cerveau. Une prise de conscience serait un état de conscience de multiples états inconscients, composée plutôt une multitude d’entités, d’images demeurant toutes inconscientes, et qui donne accès au même moment à une information particulière qui donne sens, une sorte de prise de conscience sur le monde. La conscience serait donc des états d’inconscience et de conscience successifs dans une sorte de continuum de la conscience (film).

L’efficacité des connexions unissant les neurones se modifient en fonction de l’expérience et de la chimie du cerveau. Nous en reparlerons lors dans le chapitre du système nerveux central et les ondes cérébrales.

La science de la conscience n’en distingue que trois états d’activation. Dans le traitement de l’information : au premier niveau de traitement subliminal (l’activation de bas en haut autrement dit de l’inconscient vers la conscience) est état suffisant pour déclencher un état d’activation à grande échelle dans le réseau neuronal (souvent lié à la survie et au plaisir); en second niveau, le préconscient possède suffisamment d’activations pour accéder à la conscience mais est temporairement mis en veilleuse par manque d’attention (de haut en bas, de l’extérieur vers l’intérieur); un troisième niveau conscient, envahit l’espace de travail global lorsque des stimulus préconscients reçoit suffisamment d’attention pour franchir le seuil de la conscience. Le processus est alternatif parmi un état stable de conscience d’être et un état instable conscience de faire ou d’avoir, l’un influence l’autre.

La conscience serait-elle une fusion de deux types de perception consciente, interne et externe, mais distincte ?

Pour le maintien d’un état normal de la conscience, il semble qu’il y ait un registre optimal de stimulation extérieure nécessaire. Les niveaux de stimulation en dessous et au-dessus de ce registre semblent conduire à la production d’état modifié de conscience. Ce phénomène peut se produire avec un ennui extrême qui accompagne la privation de contacts sociaux prolongés et ou à l’inverse des états sociaux susceptibles de produire des états modifiés de conscience collective. D’autres circonstances impliquant au contraire un état d’éveil accru ou une implication mentale intense (absorption intense dans un travail, lecture, performant d’un sport) provoque également des états modifiés.

Eveiller, élargir, expanser sa conscience serait un état modifié de conscience et serait le secret d’un accès à un niveau de conscience qui permet une remise en cause du déclencheur de processus et donc de nos schémas mentaux et neuronaux. Les phénomènes d’hyperconscience apparaissent dans ce registre.

La conscience est-elle un phénomène éphémère en constante reconstruction ?

Résident nulle part et partout, la conscience reforment constamment des processus conscients qui sont fournis par différentes parties du cerveau et qui subissent les changements rapides et étendus dans la pensée humaine. Les facultés cognitives se développent parce que le corps interagit en temps réel avec un environnement donné, c’est-à-dire que la conscience modifie notre environnement tout en étant constamment façonnée par lui. Le contenu de la conscience née d’une succession rapide des événements cérébraux ne peuvent être ordonné dans le temps, mais lorsque cela survient une continuité successive de prise de conscience donne cette impression que la conscience est comme un film qui se déroule.

Un individu entre en interaction avec son environnement grâce à toutes ses perceptions personnelles mémorisées au cœur des neurones sous forme de liens entre neurones ou circuit neuronaux, programmes, ou encore croyances s’il y a eu une synchronisation entre assemblées de neurones. Cet individu entre en interférence avec une forme d’état de conscience extérieure, fluctuante, focalisée sur réalité et sur l’action, et une autre forme d’état de conscience intérieure, flottante, stable, globalisante, sur laquelle s’appuie dans un va et vient la conscience.

La conscience serait la résultante d’une constante interaction entre ce monde intérieur davantage associatif, qui donne sens, globalise, défocalise la réalité, la métaphorise dans des rêves et l’imaginaire sous forme de films et d’histoires « virtuelles », et le souvenir ou la réalité perçue d’un monde plutôt extérieur, dissocié, social, davantage focalisé sur l’action, le lien, le détail. Les prises de conscience cohérente émergeant de la synchronisation entre ces deux états de conscience et d’un ensemble d’assemblées de neurones qui décident de créer une cohérence significative (insight) dans le présent serait la conscience. Elle peut se produire dans les états de veille comme dans le sommeil (intuition du matin).

La conscience est une reconstruction permanente de la réalité. La construction se fait toujours dans le présent alors que le cerveau nous donne cette impression que cela vient du passé. La conscience influence le rappel aux souvenirs qui est loin d’être toujours le même. Un souvenir reconstruit affectera inévitablement le fonctionnement ultérieur du cerveau. Sachant que la plupart des souvenirs sont inconscients et qu’on ne peut se les remémorer consciemment, car ils sont à l’état de traces inconscientes dans le système nerveux, la majorité du temps.

La conscience structure l’attention

On dit que quelqu’un est attentif à quelque chose, lorsqu’il sélectionne cette chose en lui accordant une sensibilité plus grande qu’aux autres. Autrement dit, notre attention, nos attentes influencent nos perceptions.

Notre cerveau tente donc constamment de structurer le monde qui l’entoure avec ses propres perceptions qui sont influencées par toutes sortes d’expériences acquises préalablement de façon inconsciente ou implicite. Le processus de l’attention, qui mène à la conscience, ne se fait pas sur un réel qui existe complètement en dehors de nous mais à partir de préconception et de formes mémorisées que l’on projette sur l’environnement. (Voir chapitre sur l’explication du fonctionnement de la vision). D’où le caractère construit de toutes nos perceptions qui sont d’ailleurs à l’origine de bien des illusions d’optique.

Dans une scène, la valeur d’un objet pour un individu l’aide à extraire cet objet du chaos ambiant. Inversement l’inutilité pourrait bien renvoyer l’ensemble des objets dans le chaos inconscient des choses sans signification, même utile, que l’on croise tous les jours sans les remarquer. Le sens des choses, sa valeur affective pour un individu, influencent donc nos perceptions conscientes de cette chose.

L’illusion d’être pleinement conscient de toute la scène viendrait du fait que nous savons qu’à tout moment nous pouvons changer notre attention d’un point à l’autre de la scène pour vérifier les détails. C’est comme si nous utilisons en quelque sorte le monde lui-même comme un élément externe à soi alors qu’il se crée en soi. L’ensemble de la scène serait à tout moment traité, mais seulement des zones préconscientes nous permettraient d’aller y identifier constamment certains éléments.

Si vous ne vous attendez pas avoir quelque chose à un moment donné, vous pouvez ne pas le voir du tout, même s’il s’agit de quelque chose de gros jusqu’à créer une illusion hallucinatoire dans le cas contraire. Le monde est trop complexe pour que l’on puisse en tout temps en avoir une conscience détaillée sauf dans des états spéciaux. De nombreux processus intentionnels et inconscients sont à l’œuvre en permanence. Il n’existe pas donc une conscience, mais une multitude de niveaux de conscience, un continuum fait d’état intermédiaire.

La conscience étendue serait-elle notre intelligence ?

La conscience ne serait pas un processus unitaire mais plutôt distribué. À tout moment plusieurs assemblées de neurones concurrentes activées en parallèle entrent en compétition les unes avec les autres pour être le centre d’attention, pour être célébrées. Le soi conscient ne serait rien d’autre que cette célébrité fragile et changeante dans le cerveau en reconstruction constante.

Nos pensées conscientes dépendent substantiellement de nos perceptions viscérales. La conscience étendue, dans les degrés les plus primaires est reliée aux émotions internes au corps et expériences impliquant le corps dans son ensemble. Un stimulus devient conscient de deux façons : en orientant notre attention de manière volontaire vers un état très conscient, ou lors d’un signale fort et inattendu accompagné d’une force au cœur de l’espace de travail conscient. C’est dans ce constant monitoring des échanges entre corps et cerveau que les prises de décisions éclairées se mettent en œuvre.

Le moi est sans cesse en construction, éclairée par le passé et autant influencé par nos attentes sur le futur. La conscience étendue de ce que l’on désigne sous le terme général d’intelligence, permet d’avoir accès à un recueil de connaissance le plus large possible. L’intelligence serait davantage reliée à l’habileté de la manipulation de ces connaissances afin d’inventer de nouvelles réponses comportementales à l’environnement. C’est dans cette conscience étendue propres aux humains, que logeraient des facultés comme la créativité, la conscience élargie et expansée et la conscience morale.

Cette conscience étendue, permet de se sentir exister en tant que personne dans le temps et hors du temps. Elle est distincte de la conscience réflexive ou rétrospective qui elle dirige son attention vers tel ou tel objet, tel ou telle pensée, contre son raisonnement et son comportement.

Notre conscience serait-elle une super conscience d’éléments conscients en nous ?

Nous pouvons suggérer que la conscience d’un individu serait en fait constituée de plusieurs micros consciences correspondant aux différents états et niveaux de traitement dans le cerveau. Cette multitude de micros consciences s’intégrait dans une super conscience plus globale grâce au langage. Cette conception des multiples consciences, permettrait ainsi de concevoir la conscience comme quelque chose de réellement décentralisé, sans aucun centre cérébral d’où jaillirait la conscience.

Dans la chimie du cerveau, d’innombrables substances peuvent rendre inconscient le traitement de l’information. Ce qui est reviendrait à dire que l’éveil de la conscience c’est l’arrêt de l’anesthésie du cerveau ! De manière différente, nous pouvons admettre que l’état inconscient induit, n’est pas simplement le manque d’une chose, qu’on appellerait la conscience. Les inputs sensoriels conscients produiraient donc une activité cérébrale bien plus étendue que des stimuli inconscients comparables. L’activation soudaine des lobes frontaux et pariétaux serait la signature typique d’une perception consciente et intuitive.

Lors d’une expansion de la conscience en mode associé dit « hyper conscient », l’attention est détournée des entrées sensorielles et est tournée vers la mémoire. La chimie du cerveau est bouleversée et la conscience s’éveille à une dimension plus large, plus libre et vaste de la réalité perçue au regard de la réelle réalité.

La vie éveillée d’une personne serait alors l’équivalent d’un rêve guidé par les sens, même si ceux à quoi nous pensons, en bout de ligne, sert à l’action. L’éveil peut être considéré comme un état de rêve modulé par des contraintes produites par des entrées sensorielles !

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