Tag Archive: outils



Via Scoop.itOutils de l’intelligence collective

L’art de recevoir et de récolte des conversations que la matière est une nouvelle pratique de la démocratie que nous avons vraiment besoin dans le monde maintenant."   Accueillir est un ensemble de pratiques émergentes
pour faciliter les conversations en groupe de toutes tailles, soutenu par les principes que:
– maximiser l’intelligence collective;
– accueillir et écouter les divers points de vue;
– maximiser la participation et de civilité;   et transformer les conflits dans la coopération créative "

Via www.artofhosting.org


change


Marie Bérubé et Marc Vachon, psychologues.

Êtes-vous lassé d’entendre parler de changement ? Voilà une réalité qui fait partie de notre quotidien, au travail comme dans notre vie personnelle. Certains sont souhaités tant il est synonyme pour plusieurs d’anxiété, de dérangement, de bouleversement et même de souffrance, avec ses  répercussions inévitables sur l’individu, le couple, la famille et la société en général. Plus personne n’y échappe, il est incontournable.

Le travail est en mutation actuellement, à tous les niveaux de la hiérarchie, que ce soit dans les grandes et petites entreprises en mal de rationalisation, dans la fonction publique où l’on tente réingénierie sur réingénierie, dans les centres hospitaliers, dans les maisons d’enseignement, dans les industries qui cherchent à rester concurrentielles dans un marché qui se mondialise, dans la grande et la petite entreprise privée qui visent la qualité et la performance.

Comment réagissent émotionnellement les individus face aux changements? Quand on demande aux travailleurs comme aux gestionnaires et aux cadres, d’identifier les sentiments les plus fréquents qu’ils vivent à travers tous les autres à leur travail, invariablement ils parlent d’impuissance, d’appréhension et de frustration. Impuissance face à des décisions irréversibles, devant lesquelles ils n’ont qu’à se soumettre. Frustration, qui n’est que le pendant de l’impuissance. Et appréhension face à l’avenir que leur réserve «ceux qui savent».

Les conversations de corridor reflètent bien le sentiment de perte de contrôle qui habite maintenant une bonne partie des troupes : «De toute façon, qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse… On est juste des numéros pour eux… C’est pas nous qui décidons… Je m’attends à ce que ce soit mon tour tantôt… On va y goûter… C’est déjà décidé d’avance… Qu’est-ce qu’ils attendent pour réagir et faire quelque chose… Ça va finir par sauter». Quand on est convaincu que les événements ont pris le dessus sur nous, il est très difficile d’éprouver un enthousiasme débordant pour son travail ou même pour la vie en général.

Les répercussions

On sait maintenant, sans l’ombre d’un doute, que le corps et l’esprit sont intimement reliés l’un à l’autre, que toute émotion  ressentie de façon continue finit par avoir des répercussions sur le corps, en affectant la chimie corporelle, la pression sanguine, le métabolisme, le système immunitaire et la libido. Ce n’est une surprise pour personne alors de voir autant de gens souffrir d’hypertension, de problèmes cardiaques, d’ulcères d’estomac, de problèmes digestifs, d’arthrite, de migraine, de problèmes oculaires, sexuels et d’autres symptômes physiques directement reliés au stress.

À côté de cela, nous assistons à une augmentation considérable des problèmes d’ordre psychologique (près de 200% dans certains milieux depuis quelques années). Absentéisme, congés de maladie en sont souvent l’expression, seules façons pour plusieurs de «souffler» un peu, de rétablir l’équilibre rompu, avant d’avoir recours à des moyens plus destructeurs comme l’alcool, les drogues, le jeu et, en dernier lieu malheureusement, aux PAE (programmes d’aide aux employés) quand ils existent.

Des habiletés à développer

Un homme perd son emploi. Découragé, blessé, il perd l’estime de lui-même et sombre graduellement dans la dépression. Il essaie de trouver réconfort dans l’alcool et devient de plus en plus violent, mettant en péril sa vie familiale. Convaincu qu’il est fini, que l’avenir est fermé, voulant éviter que son amie ne le quitte, il prend un fusil et, après avoir tiré sur elle, il retourne l’arme contre lui-même et se suicide…

Un autre homme, après plus de 20 ans de loyaux services dans une entreprise, se fait congédier du jour au lendemain pour des motifs peu valables qu’il ne comprend pas. Sans avertissement, tout son univers s’écroule. Pendant trois jours, il reste assis, les yeux dans le vide, devant son téléviseur éteint, à chercher des recours, légaux et autres. Jamais il n’aurait cru qu’une chose pareille pouvait lui arriver, à lui. Il se sent choqué, découragé, bafoué, dévalorisé ; il blâme le monde entier. Puis, il a une vision douloureuse : il se voit en train de perdre sa maison, de perdre aussi ceux auxquels il tient le plus. Cette douleur insupportable réveille chez-lui un vieux rêve qu’il avait enterré : celui d’avoir sa propre entreprise dans son domaine. Pendant les deux semaines suivantes, il fait 400 demandes d’emploi, rencontre tous les gens qu’il connaît et se trouve un travail pour assurer sa survie et celle de sa famille. Parallèlement, il pose les gestes qu’il faut pour réaliser son rêve. Moins d’un an après son congédiement, il est à son compte et nous fait visiter, rempli de fierté bien placée, ses installations ultra modernes. Il a retrouvé le sentiment de sa valeur et déborde de confiance en lui, reconnaissant même que son congédiement a été la meilleure chose qui pouvait lui arriver.

Des exemples de la sorte, nous en voyons des dizaines depuis que nous nous intéressons aux personnes qui ont subi ou initié des changements importants dans leur vie. Des jeunes devenus fortement handicapés à la suite d’accidents de la route, des parents dont l’enfant est décédé prématurément à la suite d’une maladie, d’un accident ou d’un suicide, des personnes handicapées de naissance qui ont décidé de dépasser leurs limites, d’autres qui ont fait une faillite personnelle ou d’entreprise, qui ont décidé de réorienter leur carrière ou leur vie personnelle, et ainsi de suite. Dans tous les cas, nous sommes frappés de constater que, pour certains, ces changements forcés sont le point de départ d’une évolution réussie, alors que d’autres ne s’en remettent jamais. Les premiers ont développé des moyens que les deuxièmes n’ont pas et qui, une fois appris et utilisés avec persévérance, leur permettent de traverser des moments difficiles de façon créative et de s’y adapter plus rapidement.

Il faut en effet des habiletés personnelles bien définies pour rester ouvert au changement, pour accepter le nouveau et accueillir l’inconnu. Ce sont des habiletés qui se développent, des stratégies qui s’apprennent. Certains les ont apprises par imitation de parents qui les possédaient ou ils les ont développées à travers des expériences personnelles.

Mais qui que nous soyons, nous pouvons tirer profit de leur expérience pour nous aider à contrôler nos états d’esprit paralysants (peur, colère, doute, impuissance, accablement, culpabilité, démotivation, etc.) et à provoquer des états d’esprit plus dynamisants (entrain, joie, plaisir, humour, détermination, confiance, motivation, etc.) qui vont nous supporter dans les changements que nous voulons ou que nous devons apprivoiser.

pucePremier outil: le point de départ.

Le point de départ. Prendre conscience de ses émotions plutôt que de les nier ou de les fuir

La première chose à faire, c’est d’identifier et d’accueillir les émotions que nous ressentons, aussi désagréables soient-elles. Personne n’aime souffrir, c’est certain, et c’est pourquoi nous faisons souvent des pieds et des mains pour éviter de ressentir les émotions désagréables. On peut s’en distraire momentanément et sainement dans des activités et loisirs divers. On peut aussi les nier ou les fuir, comme parfois certains adeptes de la pensée positive à tout crin et de surface, qui souvent camouffle une pensée négative bien ancrée, ou encore en utilisant des moyens qui êuvent être destructeurs comme l’alcool, les drogues, le jeu et parfois même le travail. Bizarrement, quand nous cherchons à les éviter, nos émotions s’enveniment. Elles font comme cet enfant qui cherche à attirer l’attention et que l’on n’écoute pas ou que l’on feint d’ignorer. Au bout de quelques instants, il peut crier, hurler, se rouler à terre ou renverser son verre de jus sur notre beau tapis, juste pour que nous lui accordions notre attention.

Alors, plutôt que d’attendre d’être envahis par une émotion, qu’elle nous réveille en pleine nuit dans un cauchemar ou une crise d’angoisse, commençons par la reconnaître et l’accueillir comme un signal que nous envoie notre cerveau pour nous avertir que quelque chose ne va pas.

Plusieurs choses peuvent provoquer ces émotions, et il est important de bien les identifier, car l’action à prendre est différente. Je peux bien dire que je vis de l’impuissance ou que je me sens débordé. Mais qu’est-ce que cela veut dire précisément pour moi? Quelqu’un à côté de moi pourra vivre les mêmes émotions, mais ce qui les provoque sera différent. Peut-être qu’une de mes valeurs importantes n’est pas respectée (Je me sens traité comme un numéro, bousculé…) ou qu’une de mes certitudes est remise en question (Je n’aurais jamais cru qu’à 40 ans, j’en sois rendu là… ). Peut-être qu’une tentative d’action ne réussit pas comme je le souhaiterais ou qu’une de mes règles est violée (Il me semble que ça ne se fait pas de déplacer quelqu’un dans un nouveau service, avec de nouvelles tâches, avec des gens qu’il ne connaît pas et qui lui en veulent presque d’avoir fait partir leurs amis… ). Peut importe le cas, commençons par reconnaître et préciser l’état d’esprit que nous éprouvons et tentons de savoir ce qui le provoque. (voir Encadré 1: Le point de départ)

Encadré 1 . Le point de départ

  • Identifiez (nommez) deux ou trois émotions ou états d’esprit paralysantsque vous vivez assez régulièrement pendant une semaine ou qui vous habite quand vous pensez à un changement subit (inconfort, malaise, nervosité, embarras, anxiété, peur, inquiétude, insécurité, sentiment d’être blessé, insulté, déçu, colère, impatience, frustration, désappointement, culpabilité, doute, sentiment de ne pas être à la hauteur, d’être inadéquat, sentiment d’être débordé, fatigué,  surchargé, accablé, écrasé, déprimé, sentiment d’être seul, isolé, rejeté,  impuissance, tristesse, insatisfaction, démotivation, ennui, confusion, jalousie…).
  • Déterminez maintenant celui qui vous semble le plus paralysant, selon vous. Écrivez quelques mots sur ce qui fait que vous ressentez cette émotion (reliez cette émotion à quelque chose de précis).  Soyez le plus spécifique possible, car ce qui provoque une même émotion peut être différent pour chacun. Peut-être est-ce relié à des deuils qu’un changement vous oblige à faire ? Si c’est le cas, lesquels ? Devez-vous faire le deuil d’une façon de faire qui vous est habituelle ou le deuil de temps précieux passé avec les vôtres? Le deuil de collègues de travail ou d’un environnement familier? Le deuil d’une valeur importante à vos yeux? Le deuil de responsabilités, d’un certain pouvoir, d’avantages? Essayez de relier le plus possible votre état d’esprit paralysant à quelque chose de précis.

puceDeuxième outil

Interpréter ses émotions paralysantes comme une invitation à agir

Il est intéressant de considérer les émotions plus paralysantes comme un appel pour nous inviter à passer à l’action. Tous ceux qui s’engagent activementdans un processus d’amélioration voient leur sentiment d’impuissance disparaître progressivement et parfois même immédiatement. Ainsi, si nous réalisons que nous n’avons pas le degré de compétence nécessaire pour faire le travail qu’on attend de nous, mettons-nous à la recherche de l’information, des outils, des stratégies ou de la formation qui nous manquent. Il n’y a pas de honte à ne pas tout savoir.

Si nos valeurs fondamentales ne sont pas respectées ou qu’elles sont franchement menacées, peut-être est-ce le moment pour nous de chercher un environnement professionnel, relationnel ou même géographique qui nous convienne mieux. Au lieu de voir ce qui nous arrive comme la fin du monde, voyons cela comme la fin d’un monde, modifions notre perspective et considérons cela comme une occasion de retrouver et de remettre en route des rêves enfouis.

puceTroisième outil : le point d’arrivée

Décider ce que l’on veut

Un de nos problèmes majeurs, c’est que nous savons souvent beaucoup plus ce que nous ne voulons pas que ce que nous voulons. Or, décider précisément ce que l’on veut est un des éléments les plus importants pour réussir à traverser des changements importants et pour modifier notre état d’esprit.

Nous savons tous très bien qu’on ne peut tout simplement pas dire à quelqu’un d’être positif pour qu’il le soit. Dire: « Arrête de penser que ça va mal, et ça va bien aller… » est une impossibilité mentale. C’est comme si on vous demandait de ne plus penser à une automobile bleu renversée sur le côté. Pour y arriver, votre cerveau doit d’abord y penser et l’imaginer, ce qui est tout à fait paradoxal. C’est la même chose quand quelqu’un vous demande de ne plus penser à votre stress. Il est impossible d’y penser et de ne pas y penser en même temps.

La meilleure façon de sortir d’un état d’esprit paralysant, c’est d’orienter son attention sur le résultat qu’on désire atteindre plus que sur le problème, sur l’état d’esprit qu’on souhaite vivre plus que sur celui qu’on veut éviter. C’est de se concentrer sur un objectif, sur un résultat désiré, sur un lieu vers lequel on veut se diriger, et pas uniquement sur ses problèmes actuels, sur tout ce qui peut aller mal, sur l’endroit où l’on ne veut pas aller. Non pas essayer d’éviter de penser à ses problèmes; c’est une impossibilité, nous l’avons dit. Mais plutôt se représenter le résultat qu’on veut atteindre. Se représenter l’état d’esprit qu’on désire ressentir, la cible qu’on désire atteindre.

On entend parfois dire qu’il faut consacrer 20% de son temps sur les problèmes et 80% à chercher des solutions; cela nous semble une bonne proportion. Au lieu de dire «J’aimerais cela ne plus me sentir tendu comme ça», définissez plutôt l’état d’esprit que vous souhaitez vivre, de façon précise. Par exemple, «Je voudrais vivre plus de détente au travail, rire davantage, prendre les choses moins au sérieux». Vous donnez ainsi une bonne chance à votre cerveau d’orienter sa recherche et ses énergies sur ce qui peut conduire à ce résultat.

Quelles insatisfactions, donc, éprouvez-vous, professionnellement ou personnellement? Qu’est-ce qui vous manque le plus? Ne regardez pas ces insatisfactions négativement; accueillez-les plutôt comme des amies. Elles sont l’énergie qui s’accumule et qui vous propulsera tantôt en direction de vos rêves. Demandez-vous ensuite dans quelle direction vous voulez canaliser cette énergie.

Encadré 2. Le point d’arrivée

  • Quelles insatisfactions éprouvez-vous au travail ou dans votre vie personnelle? Qu’est-ce qui vous manque le plus? Ne regardez pas ces insatisfactions négativement; accueillez-les plutôt comme des amies. Elles sont l’énergie qui s’accumule et qui vous propulsera tantôt en direction de vos rêves.
  • Demandez-vous ensuite dans quelle direction vous voulez canaliser cette énergie.

http://www.oserchanger.com/a_articles/comment_annoncer_changement_partie2


%d bloggers like this: