1. L’intelligence, d’abord, sa définition
    1. Faculté de connaître, de comprendre
    2. Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle
    3. Aptitude (d’un être vivant) à s’adapter à des situations nouvelles, à découvrir des solutions aux difficultés qu’il rencontre
  2. Mon choix
    L’intelligence est la faculté d’adaptation, de création et d’innovation qui fait appel à l’ensemble des capacités d’un être vivant.
    Ce qu’elle n’est pas : une fonction mentale. Ce serait nier toutes les façons qu’a un organisme vivant de percevoir son environnement, de se percevoir et de choisir la réponse la plus adaptée. Ce qu’elle n’est pas : la reproduction par l’instinct réparti (les fourmis, les abeilles,…). Il n’y a pas d’intelligence sans conscience.
  3. Rôle de l’intelligence
    Elle est d’assurer la survie, le confort et le déploiement de la Vie dans une complexité croissante (néguentropie).
    Assurer la pérennité de l’espèce humaine, car il y a un moteur qui dépasse chaque espèce : la course de la matière vers la vie et la complexité.
  4. Les composantes de l’intelligence
    1. Les intelligences multiples de Gardner
    2. Les huit intelligences de Peter Koestenbaum
    3. Les logiques de fonctionnement de Maurice Legrand

L’intelligence collective

  1. Définition
    « L’intelligence collective est la faculté qu’a un ensemble humain de transformer son environnement par sa façon de le considérer et de l’aborder » Jean Taillardat
  2. « De l’intelligence du monde à l’intelligence collective », l’intelligence collective primitive : les Hopis. « Un travail de « pensée » effectué avant, pendant et après la mise en œuvre d’une action, doit permettre de nourrir la vision partagée de ce qui va être réalisé, où cela va être réalisé, quand et par qui, mais aussi et surtout de faire « justement » les choses, à savoir en accord avec le corps social qui a la charge de sa réalisation et l’espace naturel (vivant) dans lequel il s’inscrit. »
  3. « Par-delà l’intelligence collective, la conscience collective. La science moderne nous expose à la fin de la dualité A – non A. L’introduction quantique du tiers inclus nous pousse à intégrer la transdisciplinarité dans nos regards sur le monde. Le monde n’est pas l’individu, ou le social, ou l’intelligence individuelle, ou l’intelligence collective, ou le scientisme, ou le symbolisme, il est tout à la fois. L’évolution de l’humanité est une auto-transcendance. C’est tout le problème du rapport entre l’éveil individuel et l’éveil collectif qui est au centre de notre évolution possible. Et l’évolution aujourd’hui ne peut être que celle de la conscience… La révolution aujourd’hui ne peut être qu’une révolution de l’intelligence, transformant notre vie individuelle et sociale en un acte esthétique autant qu’éthique, l’acte de dévoilement de la dimension poétique de l’existence. »

Les conditions de l’Intelligence Collective

  1. L’appartenance, domaine du « cerveau limbique »
    1. Des liens affectifs de fraternité : la conscience d’appartenir au monde du vivant, d’être en lien intégral avec lui autant qu’avec sa communauté d’action (exemple des hopis ou des groupes projets exploitant la totalité des intelligences)
    2. La confiance grâce à une égalité vécue (pas de relations de « pouvoirs sur »). Tous les concours ont la même valeur intrinsèque, chaque contribution est utile, aucune n’est inutile.
    3. Des rythmes communs, de la synchronicité. Le temps est intégré comme une dimension à la fois intellectuelle et cosmique. Tout est vibration et particule.
  2. L’activation des talents ou intelligences multiples. Le scientisme et son rationalisme fermé nous ont coupé des autres dimensions de notre relation au monde. Le réel nous étant définitivement caché, Le mieux que nous puissions faire est de l’aborder avec la totalité de notre conscience, qui est à la fois raisonnable, relationnelle, imaginaire et symbolique.
  3. Des compétences au sens de Guy Le Boterf dans le « portefeuille de compétences » et de Pierre Lévy dans son arbre de la connaissance. Techné et métis se rejoignent dans l’expérience que nous avons de notre action sur le monde. Tout acte de la vie quotidienne mobilise des compétences, ou des talents.
  4. Des outils de communication
    1. Groupes de pensée et de « prières ». Dans une compréhension « quantique » de la réalité, la pensée fait partie des phénomènes « naturels » et interagit avec les autres phénomènes.
    2. Petites communautés d’apprentissage (PCA). Cette technique permet de partager en petits groupes – idéalement trois personnes, la compréhension et les points de vue sur tel ou tel aspect d’une question, d’un projet, d’une discours, d’enrichir les points de vue de chacun par celui des autres, avant que chacun se « retire en soi » pour exprimer ce qu’il a appris du partage avec les autres.
    3. Techniques Métaplan. Le Métaplan et ses émanations sont des méthodes de discussion par écrit ou la pensée de l’un n’efface pas celle de l’autre mais coexiste avec elle. Les pensées sont collectivement rassemblées en « baskets » et donnent lieu à des discussions complémentaires « stockées ».
    4. Groupes Balint. Mis au point par le Dr Balint pour enrichir les compétences de médecins isolés dans leurs pratiques, cette méthode consiste à se centrer sur un cas présenté par l’un des membres du groupe Balint. Les autres participants se comportent comme des analysants qui « poussent » le médecin dans ses retranchements » jusqu’à mettre en évidence la logique qui l’a amené à faire son diagnostic et à prescrire son ordonnance.
    5. Philipps 6×6. Sur un sujet choisi par les participants, ils s’organisent en groupes de 6 qui réfléchissent chacun de son côté, présentent sans discussion le point où ils en sont au bout de six minutes, et ce six fois de suite, chaque groupe étant progressivement enrichi par les réflexions les uns des autres.
    6. World café (cf. annexe)
    7. Forums ouverts
    8. Innovation search. Par exemple, on regroupe une quarantaine de personnes représentatives de l’entreprise pendant trois jours. On les expose à des conférenciers sur l’ensemble des domaines qui concernent l’entreprise avant de les faire « créativer » sur toutes les actions possibles. En trois jours, on récolte plus de 2000 suggestions, traitées par un groupe de dix experts pour arriver à une quarantaine d’actions expérimentées et mises en œuvre.

Le coaching de l’IC

  1. Le coaching de l’IC est une activité spécifique, qui n’a rien à voir avec le team building ou le coaching d’équipe. Il se rapproche plus du coaching d’organisation dans une approche d’OD (organization development ; développement des organisations) ou de coaching de créativité et innovation.
  2. J’ai volontairement ignoré les techniques pratiquées sur internet, parce qu’elles ne remplissent pas à mon avis les conditions de l’IC, en particulier la communauté affective, la relation de confiance, la fonction symbolique des représentations et le projet commun. Au contraire, je remarque des déviations trop fréquentes qui conduisent plus à la bêtise collective qu’à l’IC. Mais je suis prêt à changer d’avis. Je précise que j’utilise google group avec mes associés et les membres de mes réseaux.
  3. Le coach d’IC doit s’assurer que les participants pratiquent les différentes intelligences telles qu’identifiées par Gardner ou Koestenbaum.
  4. La première action consiste à confronter les participants de la communauté à un ensemble d’exercices mentaux issus des méthodes de développement cognitifs ou de gestion mentale (opérations mentales, PEI, ARL, Tanagra, cubes de Miallet, APIH,…)
  5. La suivante est de les mettre en mouvement physique pour leur faire expérimenter l’intelligence somatique. Je retrouve une partie des jeux pratiqués autrefois dans les villages, courses en planches, jeux de bois, franchissement d’obstacles, etc. qui rassemblent les intelligences logiques, autant que les intelligences d’équipes et les énergies.
  6. Pour stimuler la créativité et les fonctions symboliques, le coach utilise les pratiques narratives…
  7. Il me semble fondamental de ne pas en rester avec la production collective d’idées. Nous réservons systématiquement du temps pour la récupération individuelle des échanges collectifs, à travers les PPM (petites pensées du matin), les PPS (petites pensées du soir), les best of (périodes d’appropriation des idées et de leurs applications concrètes).
  8. L’IC bien comprise ne peut pas se contenter d’un one-shot. L’accompagnement d’une communauté se fait dans le temps pour que « son niveau d’intelligence » s’élève progressivement jusqu’à produire une efficacité pérenne, comme c’est le cas des Hopis de Colombie

Conclusion

  1. L’IC est la condition de survie de l’espèce humaine dès lors qu’elle s’appuie sur la transdisciplinarité chère à Basarab Nicolescu (cf. annexe)
  2. Le coaching le plus élevé est libérateur de talents. Les écosystèmes les plus « intelligents » sont ceux qui intègrent la diversité comme élément majeur d’évolution. Comme le dit Maurice Legrand, un ecosystème vivant est organisé. Il y a un ordre pour faire des apports utiles, fixé par les deux notions de compatibilité et de complémentarité. Le taux de compatibilité et de complémentarité des écosystèmes « performants » est supérieur à 75 %. « Une équipe doit compléter un fonctionnement individuel en renforçant l’utilité de chacun, elle ne doit en aucun cas désorganiser l’ecosystème en modifiant/diminuant les responsabilités de chacun dans l’organigramme fonctionnel et dans la chaine des processus ».
  3. Un outil de diagnostic des talents : le MAP-UP http://www.themaconsultants.fr/tag/coaching
    1. Le MAP-UP intègre les travaux de Paul Diel sur la psychologie de la motivation, approche de la psychologie des profondeurs
    2. Ceux de Debailleul (en particulier) sur la symbolique des contes
    3. Et ceux de Maurice Legrand sur les logiques de fonctionnement issues de la neuropsychologie
    4. La combinaison des talents concourt à la transdisciplinarité.
      Le Map’UP met en évidence 18 logiques de fonctionnement interconnectées. Ces logiques sont exprimées en près de 6000 verbes d’action complétées par les attributs spécifiques. En fait, il existe 12000 verbes d’action et Gérard Ochem, le créateur du MAP’UP, ne retient comme Maurice Legrand que les verbes positifs. Le MAP’UP permet de repérer la spécificité de chacun et l’ensemble des logiques mises en œuvre ou pas.
  4. Le management humain prôné par Maurice Legrand est fondé sur cette vérité que l’intelligence croît tout au long de la vie dès lors qu’elle est entretenue, qu’elle n’est pas non plus réservée aux élites diplômées. Il rappelle les trois fondements des droits de l’homme et de notre république que sont la liberté, l’égalité et la fraternité – massacrés par notre société proprement inhumaine et sans lesquels il ne peut y avoir de réelle IC : liberté de participation et d’expression, égalité des personnes quant à leurs points de vue et arguments, fraternité au sein de la communauté de travail et avec la communauté humaine, et perception d’une unité fondamentale avec la Nature.

Jean taillardat