L’état de présence repose sur sept capacités essentielles de leadership qu’un groupe initiateur doit cultiver. Sans l’éducation de ces capacités, ce processus  ne donnera pas les résultats désirés. (voir processus en U en fin d’article)

 »]1. Maintenir l’espace : écouter ce que la vie vous appelle à faire

 

La clef pour créer un tel espace est l’écoute et de vous même (ce que la vie vous appelle à faire), des autres (en particulier de ceux qui peuvent se relier à cet appel) et de ce qui émerge du collectif que vous rassemblez.

Mais il exige aussi une intention forte : votre attention doit être constamment orientée sur la potentialité la plus haute du groupe. Et en même temps cela demande de bien connaître les trucs de cuisine. Vous devez rester volontairement en amont, présentant la recette, les instruments et ingrédients plutôt que le gâteau tout fait. Vous pouvez discuter de ce qui rend la recette particulièrement délicieuse, y rajouter des ingrédients et même aider à les mélanger. Vous pouvez même être l’entraîneur si vous laissez intentionnellement beaucoup d’espace pour que les autres puissent contribuer. C’est pourquoi la formation de la capacité de direction du processus U commence par le principe d’incomplétude : vous invitez les autres à composer le menu et non à arriver lorsque le dessert est au four.

2. Observer : être attentif, l’esprit grand ouvert

La deuxième capacité dans le processus U est d’observer avec l’esprit ouvert en suspendant la voix du jugement. Cela signifie de faire taire (ou d’embrasser et changer) l’habitude de juger à partir de l’expérience passée. Suspendre la voix du jugement c’est ouvrir un nouvel espace de questionnement et d’étonnement. Sans cette suspension il serait futile de tenter de pénétrer là où se trouve le meilleur potentiel.

3. Ressentir : se relier à son cœur

La troisième capacité dans le processus U est de se relier à des forces de changement plus profondes en ouvrant son cœur. Ce processus implique d’accorder trois instruments : un esprit ouvert, un cœur ouvert et une volonté ouverte. Mais si l’ouverture d’esprit est familière à la plupart d’entre nous, les deux autres capacités nous emmènent dans un territoire moins connu.

La connaissance analytique sur laquelle toute la science cognitive conventionnelle se fonde : « A ce stade le monde est pensé comme un ensemble d’objets et d’états indépendants, et l’esprit humain comme une machine qui isole, stocke et réutilise le savoir en tant que représentation indirecte du monde et de soi», dit-elle.

L’autre type de connaissance liée à l’ouverture du cœur et de la volonté est atteinte «au moyen d’ensembles interconnectés (plutôt que de parties contingentes isolées)…. Un tel savoir est «ouvert» plutôt que déterminé ; et le sens de valeur inconditionnelle plutôt que d’utilité conditionnelle est inhérent à l’acte de connaissance lui-même.

L’action résultant de ce type de conscience s’affirme spontanée plutôt que décidée, elle est compatissante car fondée sur des ensembles plus vastes que le moi et elle peut être abruptement efficace» termine E. Rosch.

Pour éveiller cette autre capacité de connaissance chez les individus, équipes et organisations, il est plus productif de faire travailler les gens sur des projets et des contextes réels, qui leur tiennent à cœur, et de les soutenir par des méthodes et des outils qui cultivent l’ouverture du cœur. Comme un vieil adage le dit, l’esprit travaille comme un parachute, il ne marche que lorsqu’il est ouvert. Cela s’applique aussi à l’intelligence du cœur : elle ne devient disponible que quand nous cultivons notre capacité à apprécier et aimer. Le biologiste Humberto Maturana le dit ainsi : « l’amour est la seule émotion qui accroît notre intelligence. »

4. Presencing : se relier à la source la plus profonde de son moi et de sa volonté

La quatrième capacité du processus U est de se mettre en lien avec la source la plus profonde de son moi et de sa volonté. Tandis qu’un cœur ouvert nous permet de voir une situation à partir de l’ensemble, l’ouverture de la volonté nous rend capable de commencer à agir à partir du tout émergeant.

Le sculpteur et consultant en management danois Erik Lemcke m’a décrit son expérience de ce processus : « Lorsque l’on a travaillé sur une sculpture pendant un certain temps, il vient un moment où les choses changent, où ce n’est plus moi seul qui crée. Je me sens relié à quelque chose de beaucoup plus profond, une puissance avec laquelle mes mains co-créent. En même temps, je me sens empli d’amour et d’attention alors que ma perception s’élargit. Je ressens les choses d’une autre façon, dans un amour pour le monde et pour ce qui vient, sachant alors intuitivement ce que je dois faire. Mes mains savent ce que je dois ajouter ou enlever et comment la forme doit se manifester. D’une certaine façon il est facile de créer ainsi guidé. Et dans ces moments là je ressens un fort sentiment de gratitude et d’humilité ».

5. Cristalliser : Accéder au pouvoir de l’intention

Les histoires à l’origine des projets inspirants et couronnés de succès, quelle que soit leur taille, sont souvent similaires -un très petit groupe de personnes clefs se lie au but et aux résultats du projet. Ce groupe initial engagé va alors dans le monde avec son intention, ce qui crée un champ d’énergie qui commence à attirer les gens, les opportunités et les ressources qui mettent les choses en route ; une dynamique se crée. Le groupe de base fonctionne comme un vecteur pour que le tout se manifeste.

6. Modéliser : Intégrer la tête, le cœur et la main

La sixième capacité du processus U est la faculté créatrice d’intégrer la tête, le cœur et la main.

Dans le roman et le film « La légende de Bagger Vance », l’entraîneur qui aide le joueur de golf ayant perdu son swing, lui recommande : “Cherchez-le avec vos mains -ne pensez pas, ressentez. La sagesse de vos mains est plus grande que ne sera jamais la sagesse de votre tête.”

Processus en U d’otto scharmer:

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