Qu’est ce que la méta communication ?

Quelles sont les fonctions qui engendrent la méta communication ?

Fonction de soutien affectif

Pour favoriser un climat positif et le développement de relations satisfaisantes.

Cette fonction consiste à s’occuper du développement des relations entre les membres, du maintien d’un climat affectif favorable à la démarche du groupe et de la résolution des conflits.

  • Manifester de l’empathie, du respect, de la chaleur.
  • Encourager, féliciter, soutenir.
  • Prendre concrètement en considération ce qui est exprimé par les membres.
  • Refléter les sentiments des personnes, des sous-groupes, du groupe, quand la situation s’y prête.
  • Faciliter l’expression des émotions pénibles, confuses, contraires à la
  • désirabilité sociale.
  • Faire part de ses propres sentiments.
  • Confronter les attitudes d’évitement, de rationalisation, de dépendance.
  • Protéger les membres vulnérables.
  • Maîtriser et faire cesser certains comportements qui peuvent être néfastes pour d’autres membres ou pour le groupe (commérage, attaques personnelles, critiques injustifiées, prises de position dominatrices, intimidations, invalidations).
  • Conduire des démarches de résolution de conflits et de négociation.
  • Mettre en évidence ce qui lie les membres, ce qui les solidarise.
  • Détendre l’atmosphère, utiliser l’humour.
  • Permettre à chacun de s’exprimer sans se censurer.

Fonction de méta communication

Pour favoriser l’observation des processus de groupe et l’élucidation.

Cette fonction consiste à être attentif aux processus de groupe et aux enjeux autour desquels le groupe se structure, puis à utiliser ses propres réactions ainsi que la position qu’on occupe pour partager ses impressions et ses interprétations de ce qui survient. Elle suppose une observation sensible ainsi que la capacité d’exprimer sa compréhension des choses sans vouloir l’imposer.

-Observer la dynamique et les processus du groupe.

-Faire part de ses observations d’une façon stratégique, notamment en choisissant le moment opportun et les circonstances qui conviennent.

-Rétroagir en informant les autres des réactions qu’ils suscitent.

-Reconnaître son implication et ses intérêts dans la situation du groupe.

-Renoncer à présenter son point de vue comme une vérité indiscutable qui devrait s’imposer. -Renoncer à chercher des solutions universelles.

-Éviter les attitudes moralisatrices et les procès d’intention.

-Partager son interprétation du sens des conduites individuelles ou collectives du groupe.

-S’ouvrir à la variété et à la viabilité d’une pluralité de points de vue. Accepter de défendre ses positions et de négocier.

Fonction de communication

Pour favoriser la compréhension mutuelle et les interactions.

Cette fonction suppose une prise en considération des éléments d’équivocité de la communication. Elle consiste à intervenir pour faciliter la clarification des messages ainsi que la compréhension mutuelle, pour favoriser l’expression de tous et de toutes et pour inciter au développement d’un réseau de relations directes entre les membres. Voici quelques comportements caractéristiques de cette fonction.

-Écouter.

-Parler, s’exprimer.

-Se taire.

-Reformuler ce qui est dit par une personne afin de s’assurer qu’on la comprend et de l’inciter à poursuivre sa pensée.

-Donner ou demander des clarifications, la traduction des messages en langage simple ou des exemples concrets lorsqu’une communication présente certaines ambiguïtés sémantiques ou techniques ou qu’elle est abstraite.

-Donner ou demander des synthèses ou des moyens de se retrouver dans une communication longue et complexe.

-Donner ou demander des précisions, des explications, des informations supplémentaires lorsqu’une communication semble incomplète.

-S’interroger sur le sens des interventions qui dérivent ou des messages qui demander d’expliquer les liens avec le sujet sur lequel on échange.

-Souligner les malentendus.

-Souligner la gêne, les sous-entendus, les allusions et les conflits masqués par certaines communications.

-Montrer qu’on est sensible autant aux messages non verbaux et contextuels qu’aux messages verbaux et explicites.

-Utiliser soi-même les divers canaux de communication (verbal et non verbal) pour se faire comprendre.

-Reconnaître l’équivocité irréductible de la communication et ses limites dans la compréhension des expériences des autres.

-Équilibrer la participation en facilitant celle des membres en retrait et en refrénant celle des bavards ou des monopolisateurs de l’attention.

-Enchaîner la contribution de chacun et faire des liens entre les membres. -Traduire des questions fermées en questions ouvertes qui stimulent les échanges.

-Réorienter des questions en les dirigeant vers le groupe (questions à la cantonade) ou vers des ressources bien placées pour y réagir (questions en relais).

-Inciter les personnes à s’adresser directement aux bons destinataires sans passer par l’animateur ou tout autre intermédiaire.

Fonction de structuration

Pour favoriser une démarche cohérente et structurée.

Cette fonction consiste à planifier l’organisation des rencontres du groupe et à proposer des façons de procéder qui favorisent l’engagement du groupe dans une démarche claire qui convienne au but de la rencontre, quel que soit ce but.

Dans la période de planification:

  • Analyser les composantes d’une problématique et déterminer une priorité d’intervention.
  • Préciser le but des rencontres et donner des orientations de départ.
  • Cibler une population, déterminer la composition du groupe et procéder au recrutement.
  • Déterminer le moment, la fréquence et la durée des rencontres.
  • Proposer des contenus ou des thèmes autour desquels les rencontres auront lieu.
  • Décider des moyens et des stratégies visant à atteindre les objectifs du groupe,
  • Voir à l’organisation concrète (lieu, participation des personnes-ressources, aménagements physiques, matériel, équipement, etc.).

Pendant les rencontres du groupe:

  • Ouvrir les rencontres.
  • Informer sur le déroulement des rencontres.
  • Négocier un contrat (règles et conditions explicites de rencontre, attentes mutuelles,

etc.).

  • Accorder les droits de parole en rappelant, au besoin, l’ordre des personnes qui ont

demandé à s’exprimer.

  • Gérer le temps.

Dans le cas des groupes de travail, proposer et faire respecter les procédures plus ou moins formelles de conduite des réunions (un ordre du jour, des façons de faire, un mode de distribution des tâches et de suivi des décisions, etc.).

Dans le cas de groupes éducatifs, introduire des exercices, donner des consignes claires. Procéder à l’évaluation formelle des rencontres au moment opportun. Conclure les rencontres.

Fonction de production

Pour favoriser la production du groupe et la réalisation de la tâche.

La fonction de production consiste à s’occuper de l’avancement de la tâche, de la production des idées, de la réalisation des objectifs que le groupe s’est fixés. Pour cela, les idées doivent circuler librement et efficacement à l’intérieur du groupe, des débats doivent pouvoir se faire et la démarche collective doit être bien comprise, mais aussi être continuellement ajustée et approuvée par les membres.

  • Solliciter des informations et des idées, des opinions et des directions à prendre.
  • Alimenter les échanges en donnant des informations, en faisant part de ses idées, de ses opinions et en proposant des directions.
  • Proposer des modèles conceptuels permettant de comprendre clairement les éléments inhérents à la tâche du groupe.
  • Assurer la distribution des tâches et des responsabilités ainsi que la coordination des activités.
  • Faire des synthèses.
  • Faire des mises au point: rappel des objectifs, des événements et des prises de position du groupe, vérification de la pertinence de l’orientation que le groupe aura prise.
  • Ramener le groupe à sa tâche et stimuler sa progression.
  • Utiliser des stratégies favorables à la résolution de problèmes et à la prise de décisions.
  • Utiliser des stratégies favorables à la créativité.
  • Permettre l’expression d’opinions divergentes.
  • Favoriser la confrontation des idées ou des opinions en évitant les compromis faciles.
  • Favoriser l’autocritique et le dépassement des solutions toutes faites.
  • Faire des liens entre ce qui se passe dans le groupe et à l’extérieur pour favoriser le transfert des apprentissages et les passages d’un milieu à l’autre.