Par Philippe Mougel,Sociologue cognitif, chef de projet à Welience et par Aurélien Trioux,
chargé de mission « Mobilité et Territoire », Octobre 2010

Les humains ne font pas que scruter l’environnement pour obtenir des informations, ils  portent  attention  à  leur  propre  comportement  comme  à  une  source d’informations sur laquelle baser leurs attitudes. Notre Recherche-Action se réfère conceptuellement à des champs de recherche inter-disciplinaires, pas toujours familiers au public. Plutôt que d’utiliser « une langue de bois », nous avons  essayé d’expliquer les concepts utilisés, en les mettant en scène dans l’arène des débats épistémologiques et en les démarquant de ce que parfois le public croit être « la Science », à savoir « les métaphysiques » et « les rationalismes ». La question de « la mobilité humaine » et de sa crise actuelle, est suffisamment sévère, pour que nous devions dresser un rapide tableau de nos connaissances actuelles, notamment sur les neuro-sciences en grand développement, et de leurs répercussions sur les problématiques cognitives, sociales, éducatives, économiques, éthiques, juridiques et politiques. Chaque domaine aurait nécessité une actualisation approfondie et un relevé   précis   des  diverses  pistes  de  Recherche  suivies  et  des  débats  entre chercheurs, que nous ne pouvions pas effectuer dans le cadre de cette modeste étude. A défaut, nous nous sommes restreints à esquisser quelques tendances significatives, nous permettant néanmoins de construire du « sens hypothétique », par rapport à l’immense chantier en cours de « la re-construction de nos savoirs ».

Comme  on  ne  peut  échapper  à  l’esprit  réducteur  de  toute  analyse,  même systémique, il nous faut accepter que le compte rendu ne soit que la partie émergée d’un iceberg et ne pas pouvoir tout présenter au lecteur. De même, nous ne pouvons pas rassembler par nous-mêmes toutes les compétences nécessaires à un travail d’investigation de cette ampleur, il nous faut utiliser les compétences d’experts multiples, comme par exemple pour la biologie animale et humaine, les traductions de documents, les définitions encyclopédiques… Il nous faut nous considérer comme un  élément  interactif  parmi  d’autres,  d’une  intelligence  collective,  et  en  même temps pouvoir revendiquer notre spécificité et assumer nos responsabilités (Mougel,

« Soutenance  pour  le  doctorat »,  2004,  p.12).  En  d’autres  termes,  nous  avons

souhaité traiter le thème de l’intelligence collective en l’utilisant dans nos méthodes

mêmes d’investigation et d’exposition.

Afin d’élaborer le champ conceptuel de notre étude et de disposer d’une « boîte à outils », selon l’expression de ludwig Wittgenstein (1961, p.120, p. 282), nous allons présenter diverses expérimentations

–  les théories psycho-sociologiques :

–     la théorie des mèmes,

–     la théorie du cerveau non cartésien,

–     la théorie de la dissonance cognitive,

–    les théories de l’Engagement :

o les paris adjacents,

o la communication engageante,

o la réduction des risques vis-à-vis des conduites addictives,

o la théorie du Sentiment d’Efficacité Personnelle,

–     les approches de l’Intelligence Collective :

o le care et la théorie de la justice,

o l’empowerment,

o les forums hybrides de la démocratie participative,

o les organisations apprenantes.